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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 23:41
Le pire n'est jamais certain, le meilleur non plus !
Celui qui ignore l'histoire est condamné à la revivre !

L’on s’achemine à coup sur vers une seconde dévaluation du FCFA, 17 ans après la première. Et les déclarations de Christine LAGARDE, Ministre Française de l’économie qui se voulait rassurante sur la question lors de la dernière conférence de Ouagadougou sur la zone franc, n’étaient que l’arbre qui cachait la foret.
Le rapport du FMI daté du 25 Avril dernier prévoit une baisse de la croissance des pays de l’Afrique subsaharienne dans l’ordre de 4 points (de 6 à 2%), causée par une baisse drastique des exportations, des transferts d’argent à destination du continent, et la baisse de la demande des matières premières Africaines.

D’où la recommandation faite par l’institution internationale, de dévaluer les monnaies Africaines.
Les conséquences d’une telle décision, faut-il le souligner, seront très négatives pour les économies Africaines déjà chancelantes :
- Le dépouillement de ses matières premières, par leur acquisition à un taux presque nul ;
- Le relèvement des prix des produits importés,
- L’anéantissement des efforts fournis dans le cadre des programmes d’ajustement structurels…

Le rapport du FMI sur les perspectives économiques de l’Afrique-subsaharienne met en évidence l’impact de la crise financière mondiale

Le Fonds monétaire international (FMI) a rendu publique l’édition d’avril 2009 du rapport Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne. Mme Antoinette MONSIO SAYEH, Directrice du Département Afrique du FMI a fait les observations suivantes au sujet des conclusions de ce rapport :

"La crise mondiale a un effet sensible sur la région, qui s’exerce par plusieurs canaux. La demande d’exportations Africaines a diminué et les cours de la plupart des produits de base ont baissé. Le resserrement du crédit à l’échelle mondiale ainsi que l’aversion au risque des investisseurs ont entraîné l’inversion des flux d’investissements de portefeuille, découragé l’investissement étranger et rendu plus coûteux le financement du commerce. En outre, un recul des envois de fonds des travailleurs émigrés est envisageable. Jusqu’à présent, l’impact de la crise sur les systèmes financiers de la région a été limité, mais le ralentissement économique va vraisemblablement accroître le risque de crédit et le volume des actifs improductifs, et fragiliser les bilans des institutions financières et des entreprises.

Les perspectives de l’Afrique se sont fortement dégradées à cause de la crise financière mondiale. Selon les prévisions, la croissance économique de l’Afrique subsaharienne sera de 1½ % en 2009 avant de remonter à un peu moins de 4 % en 2010, taux qui reste inférieur au niveau enregistré avant la crise. Ces prévisions impliquent une décélération prononcée de la croissance par rapport à 2008 et une forte révision à la baisse des prévisions publiées en octobre dernier. Il faut désormais s’attendre à une nette détérioration des positions budgétaires et extérieures jusqu’en 2010.

Les pays exportateurs de pétrole et d’autres produits de base seront particulièrement touchés. Tant que les perspectives mondiales seront incertaines, la balance des risques restera orientée essentiellement à la baisse.

La priorité doit être, pour tous les pays d’Afrique subsaharienne, de limiter les effets négatifs de la crise sur la croissance économique et la lutte contre la pauvreté, tout en préservant les progrès accomplis ces dernières années au prix de grands efforts, notamment la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette. La riposte des pouvoirs publics doit être adaptée à la situation particulière de chaque pays. Face à la fragilisation des balances des paiements, il faut résister à la tentation de recourir au protectionnisme ou de rétablir les contrôles administratifs. En ces temps difficiles, la politique économique doit donc être guidée par les principes suivants :

Utiliser la marge de manœuvre budgétaire disponible. La crise financière mondiale va réduire les recettes publiques. S’ils peuvent financer l’accroissement de leur déficit budgétaire, les pays qui sont parvenus à la stabilité macroéconomique et à des niveaux d’endettement viables devraient maintenir les dépenses prévues. Quelques pays peuvent aussi recourir à une relance budgétaire discrétionnaire, en prenant notamment des mesures sociales additionnelles pour protéger les populations pauvres. Les pays exportateurs de produits de base qui ont accumulé de l’épargne pendant la vague de prospérité pourraient être en mesure de procéder progressivement aux ajustements nécessaires en puisant dans leurs réserves. Dans les pays où la marge de manœuvre budgétaire est restreinte ou inexistante, la seule solution pourrait être de resserrer la politique budgétaire à court terme. Un soutien accru des donateurs faciliterait l’ajustement.

Autant que possible, assouplir la politique monétaire et laisser le taux de change s’adapter à la conjoncture externe. La chute des prix des produits de base devrait donner une impulsion déflationniste qui pourrait permettre à certains pays d’assouplir leur politique monétaire. Dans les pays où les termes de l’échange se sont détériorés ou les flux de capitaux se tarissent, la monnaie devra se déprécier en termes réels.

Surveiller de près les facteurs de vulnérabilité dans les institutions financières et être prèt à agir rapidement. Il faudra parfois être prèt à revoir les priorités de manière à privilégier les mesures à court terme, telles qu’une intensification de la surveillance afin de faciliter la détection rapide des risques. Cela dit, les priorités à court terme ne doivent pas détourner les autorités des réformes à engager à plus longue échéance pour renforcer et diversifier leurs systèmes financiers.

Pour maintenir et accélérer le rythme des réformes entreprises ces dix dernières années dans la conjoncture défavorable actuelle, l’Afrique aura besoin de davantage d’aide, dont au moins le doublement de l’aide promis par les chefs d’État du G-8 lors du sommet de Gleneagles en 2005. Bien que les pays donateurs subissent aussi des tensions, ils doivent honorer leurs engagements. Sans un soutien accru de leur part, la lutte contre la pauvreté et le développement de l’Afrique pourraient être retardés de plusieurs années et la stabilité politique pourrait même être menacée dans certains pays.

Le FMI joue le rôle qui est le sien pour soutenir l’Afrique. Il révise actuellement ses instruments de prêt de manière à leur donner plus de souplesse et il vise à doubler ses prêts concessionnels en faveur des pays à faible revenu. Il continuera aussi à donner des conseils et à fournir une assistance technique étendue afin d’améliorer l’élaboration et la mise en œuvre de la politique économique dans les pays d’Afrique subsaharienne." Le texte intégral de l’édition d’avril 2009 de Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne peut être consulté sur le site Internet du FMI, http://www.imf.org.

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Published by PatrickEric - dans Politique
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