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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 23:55

Propos recueillis par Lucien EBELA

Prosper Mokabi-DawaOn en sait un peu plus sur les mobiles de l’expulsion de Brazzaville de notre confrère Prosper MOKABI DAWA, de son nom de famille Prosper BANTAMBA BAFENDA, après deux jours d’incarcération à la direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Derrière un article sur l’affaire des Disparus du Beach se profile un règlement des comptes "personnel" orchestré par le DGPN, le Général Jean François NDENGUÉ contre un journaliste étiqueté "dangereux" parce qu’il en savait un peu trop.

Interview exclusive

Question : Quel est le véritable mobile de votre arrestation à la DGST suivie de votre expulsion ? La xénophobie ou les différents mails que vous avez envoyés à des personnalités ?

Réponse : Je pense qu’il y a un peu de tout cela. Fondamentalement, il y a une espèce de conjonction d’intérêts "subjectifs" de la part d’un certain nombre de responsables qui se sentent mal à l’aise par rapport à un certain nombre d’informations que je détiens par devers moi.

C’est le cas du Directeur Général de la Police Nationale, le général Jean François NDENGUÉ qui est personnellement à la base de mon arrestation et du traitement arbitraire et humiliant qui m’a été infligé.

L’AFFAIRE DES DISPARUS DU BEACH EST UN PRETEXTE POUR NEUTRALISER UN TEMOIN GÊNANT…

L’affaire des Disparus du Beach lui a servi de prétexte pour "neutraliser" un témoin gênant en se cachant derrière le prétexte ridicule et fallacieux de diffusion de fausses nouvelles ayant porté atteinte à l’ordre public. Or, en matière de trouble à l’ordre public, un homme comme le général Jean François NDENGUÉ n’a pas de leçons à donner, puisqu’il est certainement le premier fauteur de trouble du pays.

A la mission essentielle de la police de rechercher les infractions aux fins de les réprimer pour garantir la quiétude dans la cité, il a substitué la recherche éperdue du gain personnel. Il a ainsi substitué la loi de l’argent à la force de la loi qu’il est pourtant censé servir en tant que haut fonctionnaire de l’Etat.

Occupé à s’enrichir et à jouir, il s’est érigé en protecteur et en parrain des réseaux mafieux qui saignent l’économie et nourrissent la frustration à la base de la violence et d’un climat d’insécurité généralisée.

Ses opérations ponctuelles de "sécurisation" des populations à l’approche des fêtes de fin d’année ressortent plus du show médiatique que d’une stratégie réfléchie pour combattre efficacement et durablement la montée de la délinquance et de la criminalité.

La détérioration accélérée des indicateurs de sécurité observée ces derniers temps est le résultat direct de l’affairisme qui gangrène le commandement de la police. Comme dit souvent un de ses proches, Germain CEPHAS EWANGUI, "le poisson commence toujours à pourrir par la tête".

Face aux véritables enjeux de sécurité intérieure et extérieure que constituent le développement des réseaux terroristes sur le territoire national, ainsi qu’on l’a vu avec l’attentat meurtrier perpétré contre l’équipe togolaise de football dans l’enclave du Cabinda par des "indépendantistes" ayant Pointe-Noire pour base arrière, ou la montée en puissance du Hezbollah à travers la riche et puissante communauté chiite libanaise, des individus comme le Général Jean François NDENGUÉ et le Colonel Philippe OBARA, compromis et dépassés, se complaisent dans la politicaillerie de salon, l’abus de pouvoir et l’évocation passéiste de hauts faits d’armes datant de la période post conflit.

Leur incompétence n’a d’égale que leur cupidité et leur mépris de l’Etat de droit. De notoriété publique, le poste spécial de police (PSP) de Ouenzé-Manzanza est réservé aux "cas" du Général Jean François NDENGUÉ qui l’a transformé en commissariat privé. Il m’a été personnellement donné de le vérifier en visitant un policier qu’il avait fait incarcérer. Le commissariat central de Brazzaville abrite également nombre de ses "cas". Malheur aux détenus qu’il oublie… 

Le Général Jean François NDENGUÉ ne se contente pas de privatiser les infrastructures de la police. Les personnels de police aussi, qui alimentent un juteux marché de gardiennage, dont les principales cibles sont les banques de la place et les grosses entreprises privées comme SGE-C.

Imposant une concurrence déloyale aux firmes privées de gardiennage qui ont, elles, de vraies charges de personnel et de fonctionnement, le Général Jean François NDENGUÉ empoche par banque et par mois 4 millions de FCFA. Soit un chiffre d’affaire mensuel net bancaire évalué entre 16 et 20 millions de FCFA générés par son entreprise de gardiennage qui a pour nom… police nationale !

Offrant une pseudo "protection" aux chefs d’entreprises privées pour mieux les extorquer, proposant son "soutien" aux chefs d’entreprises publiques, il ramasse dans les milieux d’affaires un beau pactole sur base du trafic d’influence.

UN CREDIT BANCAIRE  DE 300 MILLIONS DE FCFA  NANTI SUR LE TRAFIC D’INFLUENCE ET L’INTIMIDATION

Utilisant le fait que l’ex CAIC avait octroyé un gros crédit à une "opposante" au régime, en l’espèce l’actuelle ministre Claudine MUNARI, le Général Jean François NDENGUÉ avait obtenu de cette banque, alors en pleine restructuration, un crédit sans nantissement de 300 millions de FCFA qui n’a toujours pas connu un début de remboursement.

Cet argent aurait servi, selon le général Jean François NDENGUÉ lui-même, à financer la construction du complexe commercial "OMENGA" sur l’avenue de la Paix à Poto-Poto. Or, de notoriété publique, l’immeuble a été construit gratuitement par ses amis ouest africains !

BUSINESS A OUTRANCE

Sous l’étiquette de président de la section football du club sportif Diables Noirs, le Général Jean François NDENGUÉ a réussi à signer des contrats de sponsoring qui lui rapportent aussi beaucoup d’argent. On citera simplement en passant le contrat avec la banque LCB et X Oil, une société pétrolière.

Le revenu global issu de cette activité maffieuse multiforme dont on vient de donner ici un simple aperçu constitue ce que le Général Jean François NDENGUÉ appelle son "patrimoine".

Géré pendant des années par son fils Lilian NDENGUÉ, ce patrimoine est désormais géré par William BOUAKA, son petit de confiance et garçon des courses. Plus qu’un chef de la police, le général Jean François NDENGUÉ est d’abord et surtout le "parrain" d’une maffia locale d’affairistes de tous poils. Sa loi n’est pas celle des textes de l’Etat ; c’est celle de la CAMORA.

Le comble chez ce personnage brouillon et irresponsable est qu’il se croit populaire, au point de penser que SASSOU NGUESSO (son mentor) est jaloux de sa popularité. Je me suis bien amusé le jour où il me l’a confié…

Question : Quel est rôle du Colonel Philippe OBARA dans votre histoire ?

Réponse : Matériellement, c’est lui le responsable de mon incarcération et de mon expulsion. C’est sur ses instructions que j’ai été arbitrairement emprisonné pendant 48 heures, dormi dans un local infesté de moustiques, détenu dans le même espace qu’un chef rebelle et nourri avec une ration alimentaire dérisoire de 1000 FCFA/jour.

J’ai croisé à la DGST un prisonnier "personnel" du Colonel Philippe OBARA. Diabétique astreint à six injections par jour, M. Octave OBAMBI, qui "devant" à un parent du Colonel, avait commis le "crime" de dire à Philippe OBARA que sa fonction ne faisait pas de lui le meilleur policier du pays. 

Question : Comment le mail sur les Disparus du Beach est-il arrivé entre les mains de la police ?

Réponse : C’est une question que je me pose encore. Je sais simplement que le texte qui m’a été présenté à la DGST est celui que j’avais envoyé à François SOUDAN de Jeune Afrique.

Quand je l’ai interrogé, il m’a dit que mon mail avait certainement été intercepté par la police. La question est de savoir pourquoi un document similaire envoyé un jour plus tôt par la même boite à Jean Paul PIGASSE, le patron des dépêches de Brazzaville, n’avait-il pas connu le même sort ?

Question : Vous affirmez que c’est François SOUDAN de Jeune Afrique qui vous a livré à la police ?

Réponse : Je n’affirme rien. Je constate simplement des faits qui sont assez troublants !

Question : Quel est votre point de vue sur cette affaire des Disparus du Beach ?

Réponse : En dédommageant 85 familles des victimes sur 353 lors du procès de Brazzaville, à raison de 23 millions de FCFA par famille, le gouvernement a implicitement validé la thèse des disparitions massives au Beach et donné du grain à moudre à ses détracteurs.

Ceux qui nient cette évidence en se réfugiant derrière la pseudo "autorité de la chose jugée" jouent la politique de l’autruche.

En définitive, celui qui en paiera le prix c’est SASSOU NGUESSO lui-même (même à titre posthume), puisque l’immunité conférée par ses fonctions n’est pas éternelle.

Question : A la lumière de votre propre expérience, pensez-vous toujours que Bruno OSSEBI a été victime d’un incendie accidentel ?

Réponse : Toutes les hypothèses sont ouvertes. Pour le moment, je m’en tiens aux conclusions de l’enquête menée sur le terrain par JED/RSF qui me semble assez sérieuse et équilibrée.

Question : Quelle suite comptez-vous donner à ce qui vous est arrivé ?

Réponse : Contre l’arbitraire, il ne faut jamais se taire sous peine de faire le lit de la dictature. Si je n’avais pas pris certaines précautions en allant à la DGST, je ne serais peut-être pas là aujourd’hui pour témoigner.

J’entends porter plainte pour torture contre le Général Jean François NDENGUÉ, le colonel Philippe OBARA et de manière générale contre l’Etat congolais et tout autre de ses agents qui pourrait être visé en cours d’instruction pour la réparation du préjudice subi. Ma détermination ne souffrira d’aucune faiblesse.

J’en profite pour demander sincèrement pardon à tous ceux à qui j’ai causé du tort dans l’exercice de mon métier et remercier tous ceux qui me soutiennent dans ces moments de dure épreuve.

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Published by PatrickEric - dans Politique
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commentaires

Jocelyn Gombet 09/11/2010 13:54



L'article que vous avez publié sur Mokabi est accompagné d'une photo qui n'est pas la bonne. Veuillez s'il vous plait réparer cette méprise qui porte préjudice à la personne qui est sur la photo
prise lors d'une émission sur Télé congo où Mokabi était l'un des invités



VERITAS 07/11/2010 10:35



OUI c'est très vrai: c'est un parrain de la mafia de BRazzaville. Il veut montrer à SASSOU qu'il est le meilleur, LUI, qui cherche à ressembler à SASSOU: coupe de cheveux, façon de parler,
etc.....


Plus "tordu"que lui....il n'y a que SASSOU!!!


Mais son heure va bien vite arriver et, tout comme SASSOU, il va payer très cher ses turpitudes ainsi que tous les autres laquais qui gravitent autour de lui. Il se croit fort de l'appui de
JDO.......mais il fera partie du défilé des caciques du régime SASSOU......."a poil" dans les rues de BRazzaville sous les qupolibets et les crachats de la population....y compris sous ceux de
cette police qu'il pense lui être acquise et qui est très loin de l'être...cette police n'est pas toute entière corrompue....mais il faut survivre au général-parrain: donc il faut se
taire......mais le jour où tout va changer IL va vraiment payer ses saloperies......Allons z'enfants.................



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