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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 18:32

Le Chemin à Parcourir

Par Tony LEON

Tony LeonLes causes de l'échec de la démocratie sont complexes et, parfois, spécifiques à chaque pays. Mais, comme l'historien britannique Martin MEREDITH fait remarquer, "bien que l'Afrique soit un continent de grande diversité, les pays africains ont beaucoup en commun, non seulement leurs origines comme territoires coloniaux, mais les difficultés et risques similaires et qu'ils ont rencontrées. En effet, ce qui est frappant dans la période de 50 ans suivant l'indépendance est la mesure dans laquelle les États africains ont souffert tant de malheurs similaires".

Il y a une réelle volonté de la part de nombreux États occidentaux d’aider à d’atténuer les conséquences de ces "malheurs", mais il y a aussi de réelles limites à l'efficacité des interventions étrangères, même bien réfléchies. La communauté internationale a besoin de concevoir ses futures politiques et son futur engagement diplomatique en Afrique avec la certitude que ce que le continent a le plus besoin est une bonne gouvernance et des institutions qui l’assurent.

À cette fin, voici quelques recommandations spécifiques pour la communauté internationale en général et pour les Africains en particulier :

     1. Les Africains et leurs partenaires internationaux ne devraient pas baisser la barre quand il s'agit de politiques et d’institutions africaines.

Il ne faut jamais tolérer la fraude, le vol et la corruption. Les dirigeants africains ne sont pas exemptés des normes et conventions démocratiques universelles.

Faire autrement est par ailleurs profondément insultant pour de nombreux braves et héroïques militants démocratiques africains.

Affirmer que certains résultats sont bons "selon les normes africaines" est intrinsèquement condescendant et raciste.

     2. L'Union africaine devrait modifier ses protocoles et exiger de tous les États membres de permettre la supervision internationale des élections.

Selon le degré de sophistication des élections et sur l'histoire spécifique des pays concernés, il peut être nécessaire d’entreprendre une telle surveillance plusieurs mois avant l’élection plutôt que quelques jours.

Comme minimum absolu, est nécessaire une certification internationale indépendante de l’intégrité des listes électorales, l'opposition doit avoir accès aux médias d'État, et toutes les lois qui protègent les présidents en exercice de soi-disant "insultes" ou diffamation doivent être abrogées.

     3. Aucune organisation de supervision internationale ou régionale ne doit fermer les yeux sur les conséquences d’un processus électoral défaillant ou vicié.

Au Kenya et au Zimbabwe, par exemple, l'Union africaine et la communauté internationale ont de manière efficace légitimée des élections volées ou profondément entachées en favorisant des gouvernements d'unité nationale.

Il ne devrait pas y avoir de soutien régional ou international pour des élections truquées, en particulier celles qui maintiennent les dictateurs au pouvoir.

Si une élection sur le continent ne répond pas aux normes généralement acceptées de liberté et d'équité, elle doit être refaite.

     4. L'Afrique et ses institutions ont besoin d'une réforme et de différenciation. Il devrait y avoir, par exemple, un noyau de membres de l'UA composé d'une douzaine de pays que Freedom House a qualifié de "démocraties libres", un noyau externe de pays qui sont "partiellement libres", et un groupe périphérique de pays classés "non libres".

L'UA doit également prendre en compte les États membres du mécanisme d’évaluation entre pairs africains, de la Convention africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, et la Cour africaine des droits de l'homme.

Dans sa configuration actuelle, l'UA ne fait pas de distinctions entre les États membres. Pas plus qu'il ne sanctionne les États qui violent les pratiques démocratiques.

Le droit de vote pour les pays africains devrait augmenter avec l'amélioration de leur classement démocratique.

     5. Les pays africains ayant réussi devraient avoir moins d'inhibitions à un rôle de leadership mieux défini sur la voie de la démocratie et du développement.

Les dirigeants africains ont eu tendance à éviter une telle approche, préférant la "politique de solidarité". Cela a souvent conduit à des initiatives panafricaines basées sur le plus petit dénominateur commun, c'est-à- dire des efforts démocratiques  qui sont acceptables pour les pays africains les plus faibles et les moins démocratiques. Il est nécessaire que les États africains brisent les chaînes de la "politique de solidarité"

     6. Limiter le pouvoir exécutif et le pouvoir présidentiel. Même dans les démocraties les plus sophistiquées en Afrique, le pouvoir du président est si grand qu'il tend à écraser le soutien à la démocratie et aux institutions indépendantes.

L'adhésion générale à la limite des mandats présidentiels n'a pas conduit à une diminution du pouvoir présidentiel. Tous les États africains devraient revoir leurs constitutions et revoir les protections contre la dominance présidentielle.

Le pouvoir présidentiel reste un obstacle majeur à l'approfondissement démocratique. Les pays africains s’engageant dans des processus de rédaction de constitution, ou de révisions, doivent placer la question du pouvoir présidentiel en place principale sur l'ordre du jour, et ne peut certainement pas être laissé à de futures résolutions ou négociations politiques.

Un certain nombre de mesures pratiques et constitutionnelles peuvent être considérées à cet égard :

-        Limiter les nominations présidentielles à des postes importants en prescrivant un nombre maximum de ministres et vice-ministres.

-        Exiger des nominations présidentielles qu’elles se conforment à des bases minimales de mérite.

-        Afin d'éviter le remplissage des bureaux d’organismes constitutionnels indépendants par des partisans ou des figures politiques malléables, les nominations présidentielles devraient exiger une super-majorité des voix à l'Assemblée législative ou une certaine dose de participation de l'opposition politique à ces nominations.

-        Interdire aux membres de l'exécutif et à leur famille immédiate de rejoindre les conseils d'administration privés ou de bénéficier de privatisations de l'État.

-        Exiger que tous les projets d'investissements publics fassent l'objet d'appels d'offres comme moyen d'inhiber à la fois l’enracinement et le népotisme du Président.

-        Les dispositions sur la divulgation des origines des fonds doivent régir l'octroi de dons politiques. La perpétuation des régimes de parti dominant l’Afrique a été en partie facilitée par et un financement illimité et sans obligation de divulguer les origines des dons.

-        Favoriser le pluralisme dans l'attribution de compétences spécifiques et des pouvoirs à des sous-unités nationales, telles que les provinces et les autorités locales.

La clé pour réduire la centralisation excessive du pouvoir est d'assurer son transfert et sa dispersion.

Une attention particulière doit être accordée à un régime fédéral.

     7. En Afrique, il n'est pas rare que l'opposition soit rejetée comme antipatriotique. Les opérateurs historiques affirment souvent que les efforts de l'opposition ou l'opposition elle-même sont insensibles aux besoins de développement du pays dans son ensemble.

Aucun des documents fondateurs de l'UA ou du NEPAD ne reconnaît le rôle de l'opposition politique. Il est impératif que les pays africains et les efforts diplomatiques internationaux visent à légitimer l'opposition pacifique.

Certes, la politique parti est controversée. Mais, l'expansion rapide des organisations non gouvernementales sur le continent, alimenté par des technologies comme les téléphones mobiles et l'Internet, offre un terreau fertile pour augmenter les niveaux de démocratie et de responsabilisation.

      8. En outre, comme le remarque CALDERISI, beaucoup trop d’institutions africaines sont "bourrées de personnalités éminentes et des amis des régimes passés et présents".

Ceci facilite la recherche de rente par l’élite et perpétue la culture de l’apologie qui diminue la véritable responsabilité.

La sélection doit se faire sur une base bien plus large et des nominations de non-partisans et de citoyens qualifiés à partir par exemple, des rangs des ONG, des organismes religieux, des réseaux des droits de l'homme, etc…

     9. La liberté des médias et le pouvoir d'investigation des journalistes réduisent les mauvaises gouvernances et dénoncent les fonctionnaires corrompus.

L'Afrique détient quelques-uns des exemples les plus extrêmes du monde de contrôle et restriction des médias qui est en contradiction avec le droit du public à recevoir des informations qui est énoncé dans la Charte Africaine des Droits de l’homme et des Peuples.

Les gouvernements africains devraient supprimer les restrictions actuelles sur les médias, arrêter d'entraver l'investissement dans diverses infrastructures de radiodiffusion, et développer un environnement réglementaire transparent et flexible.

     10. Le capitalisme et la démocratie ne sont pas simplement compatibles, mais se renforcent mutuellement. En fait, il n'y a pas de sociétés démocratiques dans le monde d'aujourd'hui qui n'ait pas une économie de marché relativement libre.

La liberté économique permet aux gens de poursuivre leurs buts et de gagner leur vie sans l’État. Il permet la création de nombreux centres de pouvoir qui rendent l’émergence de l'autoritarisme moins probable.

Il est difficile d'imaginer une démocratie florissante en Afrique sans libéralisation économique.

En effet, une plus grande liberté économique est essentielle à la réussite d'une Afrique démocratique, ou au moins aussi importante que toutes les autres mesures recommandées ci-dessus.

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Published by PatrickEric - dans Culture
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