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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 21:38

L’usage intensif de lobbyistes de Washington DC par la République du Congo suscite des interrogations

 

Par Carol D. LEONNIG du Washington Post

Traduction Mwinda : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/08/25/AR2010082505238.html

sassou_demon.JPG Au cours des cinq dernières années, le régime autoritaire de la République du Congo s'est appuyé sur les lobbyistes de Washington pour l’aider à améliorer son image.

Denis SASSOU NGUESSO, le président de l'un des pays les plus pauvres du monde, avait été accusé devant un tribunal et lors de procès de détourner des dizaines de millions de dollars de recettes pétrolières nationales vers des comptes bancaires cachés, d’utiliser cet argent pour acheter des demeures en France et d’effectuer des dépenses effrénées à Paris, Dubaï et New York.

Son adversaire principal était une société d'investissement de New York qui cherchait à se faire payer sur une vieille dette et l’avait accusé de gaspillage des fonds au cours de ce procès. SASSOU NGUESSO a recherché de l’aide au Capitole.

En 2006, la République du Congo a lancé une campagne de lobbying à Washington qui a maintenant coûté environ $ 9 millions et impliqué plus de 100 conversations et rencontres avec des membres du Congrès, leurs états-majors et des groupes de défense de l’Afrique, selon les révélations contenues dans les rapports de lobbying.

L’objectif principal de cette offensive était de persuader le Congrès de mettre un terme à la juteuse activité des fonds d'investissement comme celui qui avait embarrassé SASSOU NGUESSO.

Les spécialistes travaillant sur la République du Congo et les experts de la dette africaine ont affirmé qu’une si vaste campagne de lobbying venant d’un si petit pays d'Afrique centrale est inhabituel par son coût et par son intensité. D’ordinaire, les pays pauvres luttent pour fournir de la nourriture, de l’eau et des soins médicaux à leurs populations mais paient très rarement autant de millions de s’assurer les services des puissants lobbyistes de la place de Washington DC.

La République du Congo a clairement indiqué que l’objectif qu’il recherchait incluait, y compris par la loi, de "répondre aux accusations de mauvaise gestion  avancées par les créanciers de la République du Congo et visant le président SASSOU NGUESSO", selon les rapports déposés à Washington.

Les lobbyistes travaillant pour la République du Congo ont pris la tête des Etats africains pour persuader le Congrès d'adopter une législation "fonds vautours" qui empêcherait les investisseurs étrangers de profiter de bénéfices exceptionnels en achetant à vil prix la dette des pays pauvres, et de poursuivre ces pays pour qu’ils en remboursent la totalité.

La République du Congo, qui a réglé la plupart de ses dettes aux fonds d'investissement suite à un accord confidentiel en 2008, a dit qu'il travaillait à défendre et à protéger tous les pays pauvres d'Afrique, comme le Rwanda, l'Éthiopie et la Sierra Leone.

À la Chambre, Maxine WATERS (D-Calif.) s’est porté volontaire pour parrainer un projet de loi qui a obtenu le soutien de 33 co-sponsors, y compris de nombreux membres du  Black Caucus du Congrès. Elle a introduit ce projet en 2008, et l’a réintroduit en 2009.

WATERS a déclaré aux médias britanniques, il y a un an, qu'elle ignorait que le gouvernement SASSOU NGUESSO avait été impliqué dans la promotion de cette législation. La semaine dernière, elle a reconnu que les lobbyistes de la République du Congo ont, en 2007, présenté à son bureau une proposition de loi et qu’elle a travaillé dessus avec ses collaborateurs pour  affiner la proposition de loi.

Les archives indiquent que l'équipe de lobbying de la République du Congo a rencontré ou s’est entretenu avec le bureau de Waters 40 fois depuis 2006, y compris deux réunions avec elle personnellement.

Waters a indiqué que cette législation s'inscrit dans le cadre d’un effort qu’elle entreprend de longue date pour aider les pays pauvres d’Afrique. Elle a dit que le lobbying de la République du Congo contre ces investisseurs, payés sur les recettes pétrolières de l’'État, pourrait bien être dans l'intérêt du peuple congolais.

"Les pays pauvres disposent du même droit pour embaucher des lobbyistes et des avocats que les pays plus riches" se défend-elle

Pour les partisans de ladite législation, comme TransAfrica et Jubilee USA, WATERS et ses collègues mordent sur une partie sensible de l’industrie spéculative afin de préserver les rares ressources africaines pour leur peuple. Chaque année, les Etats africains doivent payer environ 14 $ milliards de dollars en coûts de la dette aux pays riches et aux institutions internationales tout en recevant moins de 13 milliards de dollars d'aide internationale, estiment les groupes de défenseurs de l’Afrique.

Mais John CLARK, un professeur à la Florida International University et spécialiste de la République du Congo, a déclaré que les membres du Congrès, y compris WATERS, devraient se méfier des lobbyistes de SASSOU NGUESSO et les invitent à examiner de plus près le "grotesque" record de ce pays dans la maltraitance de ses citoyens.

"Elle se devrait d’éviter de prendre pour argent comptant le fait que tout avantage qu'elle procure à l'Etat congolais ira directement au peuple congolais", a affirmé M. CLARK . "Le but du lobbying est de couvrir cette réalité désagréable de la politique autoritaire qui consiste à protéger les finances personnelles des dirigeants. L'argent de l'Etat est consacré à l'élite et a peu à voir avec la vie des gens ordinaires".

De fait, le détournement des fonds de la République du Congo a été révélé par Elliott Management, un Hedge fund de New York qui a poursuivi la République du Congo pour le remboursement d'un montant estimé à 100 millions de dollars de dettes achetées sur le marché secondaire. La société a refusé de discuter de son différend avec la République du Congo.

En 2005, l'entreprise a prétendu au tribunal qu'elle avait découvert que le régime de SASSOU NGUESSO avait détourné des dizaines de millions de dollars de cargaisons de pétrole de l’Etat vers des sociétés écrans secrètement détenues par un adjoint de la Présidence (Un tribunal britannique avait mis à jour le fait que le pays avait dissimulé ses actifs pétroliers dans les comptes cachés). L’ambassadeur de la République du Congo aux États Unis, Serge MOMBOULI, a déclaré que les détournements de fonds ne sont pas prouvés.

D’autres groupes ont alors allégué que SASSOU NGUESSO a utilisé les bénéfices du pétrole pour son profit personnel. Un procès intenté par des organisations humanitaires françaises ont fait valoir que trois dirigeants africains, dont SASSOU NGUESSO, ont détourné les fonds  à partir du Trésor Public de leurs pays, à leurs fins personnelles. Une enquête préliminaire de la police française en 2007 a révélé 205 millions de dollars investis dans l'immobilier français pour les trois dirigeants africains, y compris les avoirs familiaux de SASSOU NGUESSO composés de cinq maisons dans ou près de Paris et une voiture de 224.492 dollars Us.

Lors d'une visite en France l'an dernier, SASSOU NGUESSO a déclaré que ces biens étaient conformes à la norme pour n’importe quel dirigeant dans le monde. "Tous les dirigeants du monde ont des châteaux et des palais en France, qu'ils soient du Golfe, d’Europe ou d’Afrique ", a-t-il expliqué.

En 2006, la République du Congo a retenu le cabinet d'avocats DC Trout Cacheris pour gérer plusieurs missions, notamment en collaborant avec le Fonds monétaire international pour obtenir le statut de Pays Pauvre et se charger de répondre aux accusations portées contre SASSOU NGUESSO.

Trout Cacheris a fait appel à plusieurs sous-traitants pour l’aider : le Groupe Livingston, dirigé par l'ancien président de la Chambre Bob Livingston ; CHLOPAK LEONARD ; l'ex- Amani Group, dirigé par l'ancien représentant de Bill GRAY, et la firme de communication Public Private Solutions.

John RICHARDS, le principal lobbyiste de la République du Congo qui a mené plusieurs discussions au Capitole sur l'interdiction des fonds vautours, a déclaré que SASSOU NGUESSO a bien cherché à arrêter la campagne d'un créancier, une campagne destinée à déshonorer et à ruiner son pays.

Il a dit que les fonds d'investissement "ont utilisé leurs ressources de communications internes et des consultants externes en relations publiques pour mener une campagne de diffamation mondiale contre le gouvernement congolais ".

SASSOU NGUESSO, dit-il, veut cette législation car, comme un survivant du cancer, il "sait très bien qu'un traitement est nécessaire". 

Les lobbyistes de la République du Congo ont travaillé en étroite collaboration avec WATERS ainsi qu’avec une coalition d’associations religieuses, des droits de l'homme et environnementales basées aux USA

Jubilé USA, un groupe de religieux et de défense des droits humains, a également travaillé avec les lobbyistes de la République du Congo. Melinda Saint LOUIS, directeur adjoint du Jubilé, a déclaré que son groupe a requis l’expertise technique du lobbyiste RICHARDS, parce qu'il n’avait pas d’expérience dans le domaine de la défense d'un pays poursuivi par les fonds vautours.

"Essayer de trouver des lois pour se défendre contre  de telles attaques exige une certaine expertise technique que nous n'avons pas", dit Saint LOUIS.

Toutefois, Saint LOUIS a déclaré que son groupe a essayé de "garder une relation distante et libre" avec le gouvernement de la République.

Dans une interview l'année dernière, Waters a déclaré que les pays pauvres doivent être protégés contre les fonds vautours. À cette époque, elle avait déclaré qu'elle ne demanderait pas le vote d’une loi destinée à protéger les dictateurs qui sont "connus pour être des voleurs" de leur peuple et qu'elle n'était pas au courant que l'équipe de lobbying de la République du Congo a participé à promouvoir cette législation.

WATERS, qui fait face à une accusation d’ordre éthique dans une affaire distincte pendante devant le comité de la Chambre d’éthique, reconnait à présent que ses déclarations antérieures n'ont pas décrit avec précision les relations que son personnel entretenait avec l'équipe de lobbying travaillant pour la République du Congo.

Dans une déclaration la semaine dernière, elle a confirmé que les lobbyistes ont présenté un projet de loi et ont été consultés pour finaliser ladite législation. Elle a cependant refusé de répondre aux questions sur SASSOU NGUESSO et sur les allégations selon lesquelles il a détourné l'argent public.

CLARK, de la Florida International, a déclaré que si les fonds vautours sont, à juste titre, impopulaires il a considéré que les associations font preuve de naïveté en s’associant avec la République du Congo pour essayer de les combattre.

"Nous ne pouvons pas nourrir de bons sentiments envers les fonds vautours. Mais une chose est à mettre à leur crédit c’est qu’ils éclairent les comptes (du gouvernement)", a-t-il dit.  

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Published by PatrickEric - dans Politique
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