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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 22:08

Déclaration des Réfugiés et Demandeurs d’Asile du Congo Brazzaville

PRESENTATION

       refugies-copie-1Convoqués par Monsieur BIANG, Conseiller juridique et diplomatique de son Excellence Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, Président de la sous–commission d’éligibilité à la Commission Nationale pour les Réfugiés (CNR), les réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville ont pris part ce lundi 07 Février 2011 à la réunion d’information organisée à leur attention, dans la cour de la Croix- rouge gabonaise, en présence de :

-        Son excellence Monsieur le Représentant du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés.

-        Monsieur le Représentant de la Direction générale de la documentation et de l’immigration.

-        Les représentants de la Croix-Rouge gabonaise.

       Monsieur le Conseiller du Ministre a convoqué les réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville pour leur expliquer par le menu, les modalités pratiques d’application du communiqué du Ministère des Affaires étrangères portant sur la fin de leur statut. Ces rencontres ont été également organisées pour le compte des réfugiés et demandeurs d’asile des provinces.

            Mesdames et Messieurs, dans la Déclaration que nous mettons à votre disposition, nous analysons les causes de notre exil, les raisons de la révocation de notre statut et nous annonçons notre décision de partir du Gabon avant le délai de trois mois que le Ministère des Affaires étrangères nous accordés.

AVANT PROPOS 

       Nous, réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville poussés en exil forcé au Gabon, voudrions, avant d’exprimer notre position, traduire notre profonde gratitude à l’endroit des autorités gabonaises pour l’asile et  l’hospitalité qui nous ont été accordés.

Nous ne cesserons jamais de remercier feu le Président El Hadj OMAR BONGO ONDIMBA qui, malgré les pressions du pouvoir de Brazzaville avait toujours choisi de respecter les conventions par rapport à la real politik.

Nos remerciements s’adressent aussi à son Excellence, le Président Ali BONGO ONDIMBA pour son attachement à la liberté, aux droits de l’homme, à la bonne gouvernance et à la problématique des réfugiés.

Nous saurons toujours gré au peuple frère du Gabon avec lequel, durant toutes ces années nous avions partagé les turpitudes de l’existence et, à l’endroit de la communauté internationale pour le soutien multiforme.

La rédaction de cette Déclaration a été motivée par la décision prise par les autorités gabonaises de révoquer le statut uniquement aux congolais de Brazzaville.

            Selon un adage populaire "toute vérité n’est pas bonne à dire". Mais, il faut parfois que la vérité soit dite. Ce n’est pas la faute de celui qui dit la vérité, mais la faute revient à la vérité. C’est pourquoi nous sortons aujourd’hui de la réserve qu’impose les conventions aux réfugiés établis dans un pays pour illustrer un certain nombre de faits.

Dans cette affaire de révocation de statut, le véritable enjeu est le sort de plus de dix mille personnes dont la seule faute est le refus de reconnaître un pouvoir qui a planifié le massacre des populations du sud du Congo Brazzaville.

Mesdames et Messieurs, n’y voyez aucun ressentiment de notre part. Nous avions décidé de nous exprimer la main sur le cœur afin que tous les hommes et les femmes, épris de paix et de justice, respectueux des droits de l’homme cernent mieux les contours de la situation des réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville.

I - Historique de la problématique des réfugiés dans le monde

       L’ONU a été créée sur les cendres de la Société des Nations. Par le passé, il n’y avait aucune protection internationale en faveur des réfugiés de guerre, et politique. Il a fallu donc attendre la décision de l’Assemblée générale des Nations- Unies pour qu’une conférence de plénipotentiaire des Nations-Unies se tienne à Genève en 1951 pour élaborer une convention régissant le statut juridique des réfugiés.

Adoptée le 28 juillet 1951, la convention est entrée en vigueur le 22 Avril 1954. Depuis cette date tous les pays membres des Nations-Unies ont le devoir de protéger les réfugiés sans discrimination.

            Dans la logique de la convention de Genève, les chefs d’Etat et des gouvernements réunis à Addis-Abeba, du 6 au 10 septembre 1969 conviennent des dispositions qui vont régir les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique : La Convention de l’O.U.A.

II - Genèse de l’exil des Congolais au Gabon 

       On ne peut comprendre l’exil des Congolais de Brazzaville au Gabon si on ne fait pas allusion à la Conférence Nationale Souveraine et à ses recommandations.

En effet, la perestroïka et la glasnost instaurée par l’ex-Président soviétique, Mikaël GORBATCHEV, vont provoquer, non seulement l’éclatement de l’Union Soviétique, mais aussi l’éclatement du bloc de l’EST. Le vent venu de l’EST aura une influence sur les partis uniques en Afrique Noire.

Par peur de perdre le contrôle de ses ex-colonies, la France, alors dirigée par feu le Président François MITTERAND, organise la conférence des Chefs d’Etat de la Baule. Le Président François MITTERAND conditionne l’aide de la France aux progrès réalisés en matière de droits de l’homme, de démocratie et de bonne gouvernance.

 A contrecœur et sous la pression populaire, certains Chefs d’Etat acceptent d’organiser des conférences nationales. Celle du Congo Brazzaville n’a pu se tenir que parce que l’armée s’était rangée du côté du peuple.

En dépit des propos virulents des uns et des autres, des dénonciations des crimes politiques et économiques, les Congolais se pardonnent mutuellement et tournent la page. Toutefois d’importantes recommandations sont prises pour permettre aux prochains Présidents de la République de reconstruire dans la quiétude un pays détruit par le clientélisme, le tribalisme, la gabegie, les crimes politiques.

Parmi les grandes recommandations, on peut citer celle concernant la gestion du pétrole du Congo. La conférence avait en effet décidé le partage de production entre le Congo Brazzaville et les sociétés qui exploitent son pétrole. Cette recommandation sera l’une des causes de la déstabilisation future de la transition dirigée par le défunt Premier Ministre André MILONGO. Lorsqu’il est élu à la primature par les participants à la Conférence Nationale Souveraine,  le Premier Ministre André MILONGO est conscient qu’il doit appliquer les recommandations de cette retrouvaille mémorable.

C’est justement en voulant appliquer la recommandation concernant le pétrole qu’une tentative de coup d’Etat sera déjouée par plus d’un million de congolais qui accompagnent le Premier ministre au Palais du Parlement où il doit être entendu par les membres du Conseil Supérieur de la République (Parlement de transition).

Les militaires qui avaient pris position autour du bâtiment sont obligés de battre en retraite. La France de MITTERAND refuse de recevoir André MILONGO et de lui accorder les prêts financiers qu’il réclame pour relancer l’économie. Malgré les blocages financiers orchestrés par la France à travers ELF pour provoquer le soulèvement des Congolais et mettre en échec la transition, celle-ci arrivera jusqu’à la brillante élection du Président Pascal LISSOUBA en 1992.           

 Nous rappelons que la constitution de 1992 dans son préambule interdit toute prise du pouvoir par les armes. Elle demande au peuple congolais de désobéir à tout homme politique qui violerait cette disposition. De plus dans son discours de clôture des travaux de la Conférence Nationale Souveraine, le Général Denis SASSOU NGUESSO, alors Président du Congo Brazzaville s’était engagé à respecter scrupuleusement les conclusions de ces assises, donnant ainsi sa parole d’officier. Les faits prouveront "plus tard " que ceux qui doutaient de sa bonne foi avaient raison.

 Le "coup d’Etat" qu’il va orchestrer en 1997, alors que nous sommes à quelques mois de l’élection présidentielle est l’expression de cette mauvaise foi. Pour l’histoire, nous ne cesserons jamais d’affirmer que le "coup d’Etat de 1997" est un complot international contre l’expérience démocratique du Congo Brazzaville.

Mais la vraie raison de ce coup de force est le contrôle du pétrole du Congo Brazzaville par l’ancienne puissance colonisatrice. La France n’a jamais pardonné aux Congolais d’avoir exigé le partage de production du pétrole. Le refus du Président LISSOUBA de se plier aux injonctions de la France sera à l’origine de son renversement.

Pour nous la France portera toujours une responsabilité historique dans la destruction de notre pays, la mort et l’exil des milliers des Congolais. Nous n’oublions pas aussi pour l’histoire tous les pays qui ont aidé ou servi de base arrière au Général SASSOU NGUESSO pour s’emparer du pouvoir par la force des armes.  

III - De la révocation du statut des réfugiés du Congo Brazzaville

a)   De l’accord tripartite de rapatriement volontaire

 Nous tenons à rappeler qu’avant la signature de cet accord, nous avions dans une note d’information du 6 Août 2001, dénoncé l’opération de rapatriement des réfugiés congolais à la suite de la signature du "Communiqué Conjoint" du 01/08/2001 entre les Ministres des Affaires étrangères du Gabon et du Congo Brazzaville sans que le HCR ne soit associé.

C’est donc à juste titre que nous avions accueilli favorablement la signature en 2001 de l’accord tripartite de rapatriement volontaire entre les gouvernements du Gabon et du Congo Brazzaville d’une part, et le HCR de l’autre, parce qu’il prenait en compte nos doléances.

       Toutefois, cet accord comporte un certain nombre d’obligations qui incombent aux parties contractantes : le HCR, le Gabon et le Congo Brazzaville. Nous avions déjà dans le mémorandum relevé la perfidie du gouvernement de notre pays d’origine, qui éprouve toujours les pires difficultés du monde à respecter ses engagements. Prenons le cas de la politique de réinsertion des rapatriés.   

            En effet, la politique de réinsertion des rapatriés critiquée dans le rapport de 2004, de la seule visite transfrontalière des délégués des réfugiés n’a connu aucune amélioration. Les réfugiés qui rentrent au Congo Brazzaville sont abandonnés à leur triste sort. Pourquoi ? Est-ce parce que le Congo Brazzaville n’a pas de moyens financiers ? Nous ne voulons pas verser dans le tribalisme, mais nous avions promis de dire la vérité. Les réfugiés et demandeurs d’Asile établis sur le territoire gabonais sont tous à 99,99 % originaires des régions sud du Congo Brazzaville.

       Si l’on s’en tient aux instructions du Général SASSOU NGUESSO contenu dans le plan du comité d’actions spéciales, nous affirmons que le traitement réservé à ceux qui optent pour le retour volontaire serait tout autre s’ils étaient originaires des provinces du nord du Congo Brazzaville. Nous rappellerons  ce qu’il dit à ce sujet lorsque nous parlerons du respect des accords.

            Sur le plan politique, nous avions déjà dans le mémorandum dénoncé le climat de terreur instauré par le pouvoir de fait pour empêcher toute forme de contestation.

       L’accord tripartite ne peut être un bon accord que si les parties contractantes le respectent.

            Le respecter c’est appliquer les différentes dispositions. Or voici ce que pense le Président du Congo Brazzaville des accords qu’il signe dans le cadre de la recherche de la paix. Pour lui aujourd’hui,  comme à l’époque, le pouvoir est au bout du fusil (CF document des orientations générales à la réunion du Comité d’Actions Spéciales du 7 janvier 2000 à Brazzaville, cabinet du Chef de l’Etat, 3ème et 4ème paragraphe). Dans ce document, s’adressant aux membres du comité mixte, le Général SASSOU NGUESSO ressortait toutes les velléités de son régime à instaurer la démocratie, en écrivant : "… Je dois vous rassurer que les accords signés ça et là s’inscrivent dans le cadre des diversions prévues dans notre stratégie, nécessaires pour notre image et ne doivent en aucun cas entamer votre moral. Nous devons continuer de nous appuyer sur la force comme moyen essentiel de la conservation du pouvoir. Au demeurant, je ne peux manquer de vous rendre un vibrant hommage pour les victoires remportées jusqu’à ce jour. Malgré un environnement caractérisé par un tintamarre médiatique contre notre régime, vous avez su appliquer le célèbre précepte de Mao Zedong : « Le pouvoir est au bout du fusil ». Nous n’avons pas droit à l’erreur d’analyse. Quand il s’agit de l’Afrique, les Occidentaux ne respectent que la force tout en prenant le soin de se cacher derrière la reconnaissance des états et non des régimes. Le slogan « le pouvoir ou la mort » doit être gravé dans la conscience de chacun de nos hommes. Je ne vous rappellerai jamais assez que le retour de la paix signifie la perte de notre pouvoir".

Quand vous lisez ce texte, vous vous rendez compte que toute perspective de démocratie au Congo Brazzaville reste une utopie aussi longtemps que le pouvoir sera au bout du fusil. La constitution actuelle au Congo Brazzaville a été taillée sur mesure pour favoriser une présidence à vie.

   b) Du retrait du statut uniquement aux Congolais de Brazzaville

       Pourquoi le statut des Congolais de Brazzaville a-t-il été révoqué ?

       Tout commence lorsque Monsieur Charles MBALA, assurant l’intérim du bureau du HCR, à la suite de l’affectation de Madame la Représentante, convoque les réfugiés du Congo Brazzaville le 08 mars 2010. Au cours de cette audience, il les informe que courant janvier 2010, Monsieur le Président de la République, son Excellence, Ali BONGO ONDIMBA, a adressé une correspondance à Monsieur le Haut-Commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés à Genève. Dans cette correspondance, Monsieur le Président de la République annonce au Haut Commissaire la décision du Gabon de révoquer le statut aux réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville, et lui communique en même temps un chronogramme de rapatriement.

            Curieusement, au cours de l’audience que leur accorde le 09 mars 2010, Monsieur le Secrétaire Permanent de la Commission Nationale  pour les Réfugiés, les représentants des réfugiés sont étonnés de son étonnement, lorsqu’il leur dit ne pas être au courant de l’existence d’une lettre que le Président de la République aurait adressée au Haut-Commissaire.

       Dès lors une suspicion s’installe entre le Chef du Bureau du HCR et les réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville. Car, dans la foulée de l’audience du 08 mars 2010, Monsieur MBALA demande à rencontrer les réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville présents à Libreville.

Le  09 Mars 2010, les réfugiés et demandeurs répondent à la convocation du chef du bureau en venant en masse. Mais contre toute attente, Monsieur le Chef du Bureau ne se présente malheureusement pas à la réunion, préférant s’enfermer dans son bureau plutôt que d’annoncer la  nouvelle aux réfugiés et demandeurs d’asile. Il laissera à deux (2) de ses assistants la délicate tâche de nous annoncer la nouvelle et de nous distribuer dans la foulée des formulaires d’enquête concernant notre intention par rapport au retour au Congo Brazzaville. 

       Nous apprendrons plus tard que plus de 90 % des réfugiés et demandeurs d’asile refusent de rentrer aujourd’hui au Congo Brazzaville. L’enquête menée par le bureau du CRAG, à l’issue de celle du HCR, pour connaître les causes profondes du refus des réfugiés et demandeurs d’asile quant à la question du retour révèle que :

-        Les hommes et les femmes qui ont perdu des parents et de biens, qui ont été victimes des viols, violences, sont traumatisés à vie, et ne sont pas prêts d’oublier ce qu’ils ont vu ou subi de la part des autorités au pouvoir au Congo actuellement.

-        Ils ne sont prêts à rentrer dans un pays où ils savent que rien ne sera fait par ceux-là même qui, ayant programmé leur extermination veulent les voir revenir simplement pour améliorer leur image ternie à l’extérieur.

-        Ils sont prêts à rentrer au Congo le jour où les mécanismes et les conditions d’une véritable alternance démocratique et transparente, gages d’une bonne gouvernance seront une réalité.

       D’ailleurs, le gouvernement du Congo Brazzaville avait dépêché l’Ambassadeur MAKAYA au mois de Mai dernier à la tête d’une forte délégation pour demander aux réfugiés et aux demandeurs d’asile de rentrer. La rencontre s’est déroulée dans un climat tendu à cause de la présence dans la délégation congolaise du Colonel ONDONGO, Consul du Congo Brazzaville au Gabon, un des anciens chefs de la milice "les cobras" ; qui a ôté la vie à de nombreux compatriotes ; et, par ailleurs, neveu naturel du Président du Congo Brazzaville. Et bien qu’il se soit présenté comme un expert, plutôt qu’un politicien, Monsieur l’Ambassadeur MAKAYA est demeuré vague sur toutes les questions pertinentes que nous avions posées concernant notre avenir et celui du Congo Brazzaville. A titre d’exemples, nous avions demandé à Monsieur l’Ambassadeur :

-        Qu’est ce qui  fondamentalement a changé sur le plan politique pour que l’alternance au pouvoir ne se fasse plus de manière violente, mais plutôt transparente et démocratique, gages d’une bonne gouvernance ?

-        Quelles sont les dispositions pratiques qui ont été prises pour que ceux des réfugiés et demandeurs d’asile qui optent pour le retour recommencent une vie digne ?

            A ces questions et à d’autres Monsieur l’Ambassadeur a eu ces mots pathétiques : "Vous pouvez me poser mille questions. Je vous donnerai la même réponse. Si vous voulez vous rentrez, si vous ne voulez pas vous restez".

       Nous avions ce jour là devant les autorités gabonaises, congolaises et celles du HCR, opté pour le non-retour.  

       c) Compte rendu du forum du 5 juillet    

       A l’initiative du HCR, les réfugiés du Congo - Brazzaville ont été convoqués pour prendre part à un forum de discussion co- présidé par Messieurs MBALA et BIANG. C’est justement au cours de ce forum, que Monsieur BIANG Conseiller juridique et diplomatique du Ministre des Affaires étrangères, Président de la Sous - commission d’éligibilité nous a édifié sur les véritables raisons de la révocation de notre statut.

            C’est ainsi qu’en réponse à la question d’un réfugié qui ne comprenait pas que l’on retire le statut à une seule communauté alors qu’il y a plus d’une vingtaine, Monsieur le Conseiller a précisé que "les nouvelles autorités gabonaises veulent avoir des bons rapports avec les autorités de votre pays. Lorsqu’un enfant se réfugie dans la maison du voisin de son père parce que celui-ci le frappe, le voisin est obligé de le recueillir. Mais si ensuite, le père veut récupérer son fils, il n’y aucune raison pour que le voisin s’y oppose". Une telle décision est en contradiction flagrante avec les conventions, les accords et les traités  dont le Gabon est signataire.

            Au sortir de ce forum, nous avions adressé une lettre ouverte à son Excellence Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, Président de la Commission Nationale pour les Réfugiés dans laquelle nous avions exprimé notre tristesse. Nous ne sommes pas tristes parce que le statut nous a été retiré mais parce que pour des raisons géostratégiques les vies de plus de dix mille personnes étaient tout à coup devenues insignifiantes.

Nous avions par ailleurs suggéré à Monsieur le Ministre l’application de l’article 2 du paragraphe 4 de la Convention de l’O.U.A qui stipule : "lorsqu’un Etat membre éprouve des difficultés à continuer d’accorder le droit d’asile aux réfugiés, cet Etat membre pourra lancer un appel aux autres Etats membres, dans un esprit de solidarité africaine et de coopération internationale, prendront les mesures appropriées pour alléger le fardeau dudit Etat membre accordant le droit d’asile".

           Par ailleurs, depuis que nous avons été poussés en exil forcé au Gabon par les autorités au pouvoir à Brazzaville, nous n’avions jamais été mêlés de près ni de loin dans une quelconque opération de déstabilisation du Gabon ou du Congo Brazzaville. Malheureusement, quelques histoires, aussi abracadabrantes les unes que les autres, ont été fabriquées par ceux qui veulent nous sacrifier pour montrer que nous nous impliquons dans les problèmes politiques de notre pays d’asile, afin de pousser les autorités gabonaises à nous expulser de force.

C’est ainsi par exemple que dans la nuit du 15 au 16 Août 2010 une information tombe aux oreilles des agents de la Direction Générale de la Documentation et de l’Immigration selon laquelle, les réfugiés et demandeurs du Congo Brazzaville, vont, profitant de la présence à Libreville de nombreux médias venus couvrir les festivités du  cinquantenaire, manifester avec des pancartes sur les quelles seraient inscrites des phrases du genre : "NON AU RETOUR",  chahuter le Président du Congo Brazzaville.

            Convoqués par le Directeur Général de la Documentation et de l’Immigration, les représentants  des réfugiés et demandeurs ont, en présence de son Excellence Monsieur le Représentant du HCR récusé ces accusations qui n’ont pour seule motivation que de pousser les autorités gabonaise à les expulser de force vers le Congo Brazzaville.

       La deuxième histoire porte sur l’annulation de l’Assemblée générale extraordinaire des réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville qui aurait dû se tenir le 29 Janvier 2011. Le Président des réfugiés avaient informé les autorités impliquées dans la problématique des réfugiés, de la tenue d’une Assemblée générale extraordinaire.

            Malheureusement, l’Assemblée est annulée à cause du climat politique, marqué par la prestation de serment de Monsieur MBA OBAME qui s’est auto-proclamé Président de la République. Mais, un des sages de notre communauté reçoit la visite des agents de sécurité qui l’interrogent pour savoir s’il y a encore au Gabon des militaires ayant servi sous le régime de l’ancien Président démocratiquement élu du Congo : Pascal LISSOUBA. Car d’après leurs informations,  les réfugiés congolais seraient entretenus par Monsieur MBA OBAME. Il a récusé toute implication des réfugiés et demandeurs d’asile du Congo – Brazzaville dans les affaires intérieures du Gabon.

       Nous dénonçons avec la dernière énergie ce complot qui date du vivant même de feu le Président OMAR BONG ONDIMBA. En effet, n’eut été sa dextérité politique, il aurait pris la décision de nous renvoyer de force au Congo lorsque des fiches étaient montées de toute pièce, pour démontrer que le Président de l’U.P.G (Union du Peuple Gabonais), Monsieur Pierre MAMBOUNDOU, entretenait les réfugiés et demandeurs d’asile congolais pour s’emparer du pouvoir par les armes. Les faits ont prouvé le contraire.

            Aujourd’hui, les espions du pouvoir de Brazzaville qui n’ont pas réussi à embobiner le Président BONGO, veulent le faire avec le Président ALI pour affirmer que nous sommes maintenant à la solde de Monsieur MBA OBAME. C‘est triste.

            Nous savons que pour convaincre la France du Président MITTERAND à participer la première guerre du golf, les Américains avaient fabriqué des preuves contre SADAM HUSSEIN. Monsieur Jean Pierre CHEVÈNEMENT, alors Ministre de la Défense avait dû démissionner devant l’entêtement du Président MITTERAND à ne pas comprendre que les américains avaient fabriqué les preuves.

       Nous ne servirons jamais de marche–pied aux apprentis politiciens au péril de nos vies. Nous sommes certes réfugiés, demandeurs d’asile, vivant dans la précarité, sans moyen de défense, mais nous avons notre dignité. La  dignité et la vie n’ont pas de prix. C’est pourquoi nous nous interrogeons sur les véritables raisons qui justifient la révocation de notre statut alors qu’il y a plus de vingt  (20) nationalités des réfugiés établies au Gabon, certaines arrivées bien avant nous.

Nous savons qu’en matière de clause de cessation du statut de réfugié celle-ci doit concerner tous les réfugiés du pays dont il est question établis à travers le monde. Nous ne croyons pas comme on nous le répète ici et là que la paix est revenue au Congo Brazzaville. Si l’absence de guerre signifie la paix, nous affirmons qu’il s’agit là d’une aberration. Pourquoi ?

            Dans le cas de notre pays d’origine la paix véritable ne reviendra que le jour où il y aura une vraie réconciliation et lorsque les conditions pour une alternance démocratique et transparente du pouvoir feront force de loi. Or le Général SASSOU NGUESSO a toujours déclaré : "Silence ! Je vais maintenant vous dire que la paix à laquelle vous croyez n’est que superficielle, votre paix ressemble au repos d’un prisonnier dans sa prison. La guerre que vous avez gagnée vous a seulement écarté du danger, mais ce danger continue à menacer, et aujourd’hui je constate que c’est même pire. Je vous interpelle tous, pour notre survie, notre futur est noir… s’il m’arrivait de mourir à 11 heures, sachez qu’avant 15 heures, on ne parlera plus du nord tout entier. Tous nos villages seront brûlés, tous nos nordistes de Brazzaville comme ceux de Pointe-Noire mourront dans les 3 heures qui suivront ma mort. Donnez-moi donc vos enfants, j’ai besoin d’hommes pour assurer votre survie. On ne peut pas toujours compter  sur les troupes étrangères, nous devons compter sur nous-mêmes d’abord. Je lutterai aux côtés de mes enfants comme je l’ai toujours fait depuis 97. Je ne fuirai jamais, je lutterai avec vous jusqu’à ma dernière goutte de sang…".

            Bien que nous soyons en exil, nous suivons par les nouvelles technologies de l’information, ce qui se passe chez nous. Nous savons que le Général SASSOU NGUESSO veut modifier la constitution pour une présidence à vie. Il veut que le Président de la République soit désormais élu par le parlement. Quelle comédie ! Quel théâtre ! C’est une véritable descente aux enfers pour le Congo Brazzaville.

Il s’agit là ni plus ni moins que d’un message adressé à tous les congolais. Aussi longtemps que le rapport de force militaire est en sa faveur, le Général SASSOU NGUESSO, héritier d’une culture stalinienne du pouvoir ne peut se faire hara kiri en acceptant l’instauration d’une véritable démocratie au Congo. L’actuel Président du Congo est conscient qu’il ne peut remporter une élection véritablement démocratique et transparente.

            Dans tous les cas  nous respectons la décision des autorités gabonaises dictée par la raison d’Etat, bien qu’elle soit en contradiction avec les conventions, les traités et les protocoles sur la protection des réfugiés et des apatrides.

IV – De la rencontre du 07 Février à la Croix Rouge avec Monsieur le Conseiller du Ministre des Affaires étrangères et des tournées d’explication dans les provinces

       Mal préparée et convoquée à la va–vite (certaines institutions impliquées dans le dossier des réfugiés et demandeurs d’asile n’ont été informées que le jour même de la tenue de la réunion), la rencontre de la Croix Rouge s’est déroulée dans un climat tendu mais courtois.

            Monsieur le Conseiller nous a expliqué que nous avions deux options majeures :

-        La première, consiste à rentrer au Congo avant le délai fixé par le communiqué du Ministères des Affaires étrangères, c'est-à-dire le 30 Avril 2011. Il a précisé qu’il s’agit d’un retour volontaire conformément aux conventions. Le Gabon s’engage à respecter ses engagements pour assister ceux qui décident volontairement de rentrer. La procédure commence par l’enregistrement au HCR.

-        La deuxième concerne ceux des réfugiés et demandeurs d’asile qui ne veulent pas rentrer. Ceux là doivent se conformer à la législation sur le séjour des étrangers au Gabon. Ils doivent prendre la carte de séjour dont le montant est de 378.000 FCFA. Le dossier à constituer doit contenir :

-        Un formulaire d’enregistrement du HCR ;

-        Un certificat ou une carte d’identité de réfugié ;

-        Une attestation de demandeur d’asile ;

-        Un document justifiant d’un emploi.    

       Le Conseiller a fait remarquer par la décision du Gabon de révoquer le statut aux réfugiés et aux demandeurs d’asile s’explique par le retour de la paix au Congo Brazzaville. Il n’y a aucune autre motivation.

            Les réfugiés et demandeurs d’asile ont, en répondant à Monsieur le Conseiller, relever des contradictions entre le communiqué du Ministère des Affaires étrangères et celui de la neuvième Commission tripartite de Brazzaville. Si dans le Communiqué de Brazzaville, on parle d’une période de trois (3) à six (6) mois pour le réexamen du statut de chaque réfugié ou demandeur d’asile, dans celui du Ministère des Affaires étrangères on ne parle que d’une période d’un (1) à trois 3 mois accordée à ceux qui veulent prendre la carte de séjour.

       Il y a manifestement une opacité dans cette situation. Nous nous demandons comment en si peu de temps, peut-on réexaminer le statut de plus de dix mille personnes. Il nous a été clairement dit par Monsieur le Conseiller juridique et diplomatique du Ministre des Affaires étrangères qu’une Commission de réexamen des dossiers sera constituée conformément aux conclusions de la neuvième Commission tripartite.

Pourquoi un tel empressement à nous chasser même si le mot n’est pas clairement prononcé. Le délai de trois mois qui nous a été accordé n’est qu’un couteau qui nous a été placé à la gorge. Les techniciens du Ministère des Affaires étrangères qui ont fixé ce délai connaissent notre situation  les moyens de nous procurer la carte de séjour.  Nous serons des sans papiers que l’on peut arrêter et refouler sans problème à la frontière. A coup sûr beaucoup de nos enfants ne vont pas terminer leur scolarité puisque nous sommes à deux (2) mois et demi de la date butoir du 3O Avril 2011. Nous n’avons jamais dit que nous vivrons éternellement au Gabon. Mais la rapidité avec laquelle on veut régler notre situation nous laisse dubitatif. Est-ce que cela obéit à un certain calendrier comme cela nous a été rapporté ?

       Si tel est le cas, en quoi un réexamen qui obéit en pareils  aux standards des conventions perturberait-il ce calendrier ? Nous nous inclinons devant la raison d’état qui a été évoquée pour justifier la révocation de notre statut. 

            En ce qui concerne le problème de la carte de séjour, nous tenons à souligner que :

-        Premièrement, son prix est hors de portée de la majorité des réfugiés qui vivent dans la précarité. Que vont faire les pères ou les mères de famille ayant à leur charge plus d’un enfant en âge d’avoir la carte de séjour ?

-        Deuxièmement, le délai de trois mois accordé à tous ceux qui désirent se procurer la carte de séjour est extrêmement court. Nous sommes convaincus que c’est une manière élégante de nous obliger à partir du Gabon. Car au terme de ces trois mois, c’est une véritable chasse qui sera faite aux réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville.

-        Troisièmement, parmi les documents à fournir dans la constitution du dossier de la carte de séjour, il y a l’attestation d’emploi. Question : Que vont faire tous ceux qui ne peuvent prévaloir d’un emploi ? De nombreux réfugiés travaillent au noir. Ils ne peuvent donc pas présenter une attestation d’emploi. Que vont faire tous ceux qui travaillent à leur propre compte : maraîchers, cultivateurs, chauffeurs de taxi… ?  

       Nous dénonçons la rétention de l’information sur la procédure d’acquisition de la carte de séjour. Pourquoi Monsieur le Conseiller qui pilote le dossier ne nous avait-il pas fourni toutes les informations relatives à la carte de séjour ?

            Nous avions appris après que le candidat à l’acquisition de la carte de séjour doit d’abord renoncer à son statut en s’adressant au HCR. Puis muni de la lettre de renoncement, il adresse une correspondance au Directeur Général de la Documentation et de l’Immigration dans laquelle il sollicite la carte de séjour. Outre les documents précités, il doit joindre les factures d’eau et d’électricité.

Une Commission d’examen des demandes le répondra dans un délai dont nous ignorons la durée. Pourquoi nous a-t-on caché des informations aussi cruciales. En réalité, ce n’est pas par omission, car on ne peut pas convoquer des hommes et des femmes pour leur faire croire que la procédure d’acquisition de la carte de séjour est allégée. Il s’agit de nous mettre devant nos responsabilités.

Aucune des parties signataires de l’accord tripartite ne veut porter le chapeau s’il y a un problème. Dans le cas des disparus du Beach de Brazzaville, le HCR et les autorités de la République Démocratique du Congo Brazzaville n’ont jamais eu à répondre parce que nos frères se sont engagé tête baissée dans une procédure viciée d’avance. Ils se sont volontairement engagés d’autant qu’ils ont signé.

Mais nous ne sommes pas dupes. Le statut nous a déjà été retiré. Pourquoi nous demander encore de le faire nous même par écrit ? Sans être des, juristes, nous savons que ce statut nous a été accordé conformément à la loi N°O5/98 du O5 Mars 1998, à la suite du Décret du regretté Président OMAR BONGO ONDIMBA. Cette loi et ce décret n’ont pas encore été abolis.    

            D’autre part nous tenons à rétablir la vérité sur deux points du Communiqué du Ministère des Affaires étrangères ;

-        Le premier porte sur la prise en charge par la CNAMGS des réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville. Cette information est d’autant plus erronée qu’à ce jour cette institution n’a même pas encore achevée l’immatriculation des nationaux. L’immatriculation des réfugiés était prévue au terme de celle des nationaux. Mieux, en ce qui concerne les réfugiés, cette immatriculation est destinée aux plus vulnérables selon la terminologie du HCR ;

-        Le deuxième concerne la prise en charge des réfugiés ou demandeurs d’asile vivant avec le VIH. Sur ce point nous affirmons que c’est le Haut Commissariat des Nations- Unies pour les Réfugiés (HCR) qui, depuis toujours, vient en aide à ces malades.

Conclusion

            Depuis l’annonce de la révocation de notre statut, de nombreuses menaces sont proférées à notre endroit. Monsieur le Conseiller nous avait pourtant rassuré qu’il n’y aurait pas de période de non droit. Mais la réalité sur le terrain est contraire aux assurances qui nous ont été données.

En effet, depuis que le communiqué du Ministère des Affaires étrangères a été lu à la télévision, il ne se passe pas un jour sans qu’un refugié ou un demandeur d’asile ne soit arrêté lors des contrôles de police ou de gendarmerie. Le cas le plus flagrant s’est passé dans la ville de Mouila dans la province de la Ngounié où la police a procédé à l’arrestation des réfugiés et demandeurs d’asile, en majorité des femmes, en fouillant les domiciles où ils habitent.

La pression sur nous est donc très forte. Cette pression a commencé avant le 31 Décembre 2010, lorsque le Ministère des Affaires étrangères a ordonné à la Commission Nationale pour les Réfugiés d’arrêter le renouvellement des documents de protection des réfugiés et demandeurs d’asile du Congo Brazzaville. Nous avons trois mois, soit pour rentrer, soit pour prendre la carte de séjour, soit pour devenir clandestin. D’ailleurs de nombreux enfants des réfugiés, avec une mesure prise en cours d’année, ne pourront pas passer les examens de fin d’année, la nouvelle de la révocation du statut de leur parent ayant été annoncée à la télévision.

       A Brazzaville, dans les milieux du pouvoir, on sable le champagne parce que nous avons perdu le statut et nous serons contraints de rentrer compte tenu de notre précarité. A qui profite cette situation ? L’histoire nous le dira un jour.

            Puisque nous n’avons pas les moyens de nous procurer la carte de séjour.

       Puisque le retour au Congo Brazzaville dans les conditions actuelles est inenvisageable, nous, réfugiés et demandeurs d’asile décidons de partir du Gabon le 20 Avril 2011 à 7 h 30 en direction de la frontière du Cameroun. Notre point de départ sera le siège du HCR, pour les réfugiés et demandeurs d’asile de Libreville. Les réfugiés des provinces quitteront leur localité à partir du 18 Avril 2011 jusqu'à BIFOUN, point de départ pour le Cameroun.

            Aussi lançons nous un appel :

-        A toutes les personnes de bonne volonté, les associations caritatives, la Croix Rouge, les droits de l’homme pour nous assister pendant le parcours en nous apportons des poches d’eau et tout ce qui peut nous permettre de résister à la longue marche qui nous attend ;

-        Au Gouvernement de la République afin qu’il garantisse notre sécurité durant le trajet de Libreville jusqu’à la frontière  du Cameroun.

            Nous ne saurons terminer cette Déclaration sans renouveler une fois encore notre profonde gratitude à Son Excellence Monsieur le Président de la République ALI BONGO ONDIMBA, à la Communauté internationale et au peuple frère du Gabon pour le droit d’asile, la sécurité, l’hospitalité et l’assistance multiforme qui nous ont été accordés.

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