Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 13:48

"L’Afrique est la clé du problème noir" Malcolm X

Par Dr PRAO YAO Séraphin

seraphinpraoLe thème de la dévaluation du franc CFA revient régulièrement sur le devant de l'actualité africaine. Depuis quelques années, l’appréciation de l’euro vis-à-vis du dollar américain et les appels répétés de certains intellectuels africains en faveur d'une monnaie plus flexible et/ou compétitive, ont régulièrement entretenu les rumeurs de dévaluation du franc CFA. 

Cette question de la dévaluation du franc CFA est persistante lorsqu’on sait que la Côte d’Ivoire est une base de développement de grande importance en Afrique de l’ouest francophone. Sa prospérité ou sa déchéance aura certainement des conséquences palpables dans les pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine).

Si la libéralisation croissante des échanges et la déferlante des produits asiatiques rendent un ajustement du franc CFA inéluctable, il importe de cerner les contours d’une dévaluation. Face donc à la présence très prégnante de la question de la dévaluation du franc CFA, il semble nécessaire de se pencher sincèrement sur le sujet. 

Lorsqu’on pose la question de savoir si le franc CFA sera dévalué ou pas, une série de difficulté, corollaire apparaît dès lors, concernant les conditions de réussite d’une dévaluation. Evoquer toutes ces questions nous autorise à rejeter toutes les idées préconçues sur les retombés de la dévaluation afin d’aborder sérieusement cette question d’ajustement monétaire. 

C’est ici donc l’ambition  de notre présent article : celle de relativiser les retombés d’une éventuelle dévaluation du franc CFA en l’état actuel des structures économiques des pays africains de la zone franc (PAZF).

L’impulsion inaugurale de notre réflexion se trouve dans une bonne présentation de la dévaluation. C’est la raison pour laquelle, en premier lieu, nous répondrons à la question : qu’est ce qu’une dévaluation ?

Une fois, la définition acquise, nous pourrons, en deuxième lieu, faire un retour sur le bilan de la dévaluation de 1994. Nous verrons que le succès de cette dévaluation est mitigé.

Enfin, en troisième lieu, nous allons voir comme il est désormais solidement établi que le succès de la dévaluation est conditionné par certains aspects structurels de l’économie.

I.              QU’EST-CE QU’UNE DÉVALUATION ?

On s’intéressera principalement dans cette partie à une présentation de la dévaluation. Cela exige de donner la définition de la dévaluation et ses fondements théoriques.

     I.1. LA DÉFINITION D’UNE DÉVALUATION

Il n’est pas rare d’entendre, çà et là, de la bouche de certains, une confusion totale entre une dévaluation et une dépréciation. Pourtant, il  ne faut pas confondre une dévaluation avec une dépréciation. La différence est très nette.

La dévaluation consiste à modifier le taux de change officiel d'une monnaie (parité) par rapport à une monnaie internationale de référence : or, dollar, euro, par exemple.

Dans un sens extensif, elle désigne l'altération de l'objectif de change que les autorités monétaires d'un pays s'assignent dans le cadre de leur politique économique globale, qu'elles soient ou non liées par des engagements internationaux en la matière.

La dévaluation doit donc être bien distinguée de la dépréciation même si, très souvent, elle ne fait que la consacrer. Cette dernière est, en effet, un mouvement du taux de change déterminé spontanément par le marché qui constate une perte continue de valeur de la monnaie domestique par rapport aux monnaies étrangères.

Techniquement, l’ajustement de la balance des paiements (la balance des paiements est un document comptable qui enregistre les transactions entre les résidents et les non-résidents) peut être assuré par les variations du taux de change. Celles-ci provoquent les modifications de prix nécessaires à l’ajustement des importations et des exportations et au rétablissement de l’équilibre.

Le taux de change peut faire l’objet d’une dévaluation qui traduit une baisse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères, ou d’une réévaluation, qui s’exprime comme une hausse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères.

Dans le cas des pays africains de la zone franc, le débat porte sur une baisse de la valeur de la monnaie, la montée de l’euro surévaluant de facto cette dernière et décourageant les exportations.

      I.2. LE FONDEMENT THÉORIQUE DE LA DÉVALUATION            

En cas de déficit de la balance des paiements, diverses actions peuvent être mises en œuvre. On peut en citer quatre.

-        La première et la plus importante est celle qui tend à réduire la demande globale par une politique budgétaire et par une politique monétaire restrictive. Il est en effet indispensable de résorber l’excès de la demande intérieure sur la production, c’est-à-dire de diminuer "l’absorption" du produit intérieur par la consommation et par l’investissement. Une telle politique a pour effet de limiter les importations et de dégager en faveur de l’exportation une part de la production intérieure.

-        La deuxième consiste à élever les taux d’intérêt par rapport aux taux pratiqués à l’étranger, ce qui permet d’améliorer la balance des opérations en capital, notamment en freinant la sortie  des capitaux nationaux et en attirant les capitaux étrangers.

-        Troisièmement, on peut recourir à des contrôles directs. Les restrictions quantitatives aux échanges (contingentement des importations) sont soumises à des limitations très sévères par des accords internationaux et ne peuvent être que des mesures de crise très graves.

-        Quatrièmement, lorsque les mesures qui viennent d’être indiquées ne peuvent aboutir à restaurer l’équilibre à moins d’une récession marquée de l’activité économique et du chômage, l’économie se trouve dans un état de "déséquilibre fondamental". La disparité entre les coûts et les prix intérieurs et extérieurs ne peut être dans ce cas corrigée que par un changement de la parité monétaire, c’est-à-dire par une dévaluation.

Le fondement théorique de la dévaluation étant connu, reste à présenter quelques conséquences d’une dévaluation.

Une dévaluation a de forte chance de produire les effets escomptés que si les prix internes augmentent. En réalité et surtout pour les pays dont le secteur domestique est très important, la hausse des prix intérieurs sera, dans l’ensemble moins rapide et moins forte que la dépréciation du taux de change.

En effet, de nombreux produits sont obtenus dans le pays et ne souffrent d’aucune concurrence étrangère (secteur abrité) si bien que leurs prix ne subissent qu’avec retard, ou faiblement, la contagion de la hausse due à la dépréciation. Il en va de même des prix des services et des facteurs de productions qui peuvent être déconnectés des prix étrangers.

Pour les pays africains de la zone franc, leur dépendance plus ou moins grande à l’égard des importations va les obliger à alourdir le déficit commercial si les exportations ne sont pas stimulées. L’accroissement des exportations peut alors, dans certains cas, provoquer une perte de substance pour l’économie nationale.

Or, à la suite d’une dévaluation, l’accroissement de la valeur des exportations (en monnaie nationale) sera d’autant plus important que l’élasticité de la demande étrangère sera forte. Etant donné que les pays membre de la zone franc CFA sont essentiellement exportateurs de matières premières de base et face à une demande léthargique, accompagnée d’une concurrence des pays asiatiques, il s’ensuit que les bénéfices de la dévaluation sont théoriquement maigres.

De l'avis de ceux qui sacralisent la dévaluation, la surévaluation du franc CFA oblige les pays membres à déprécier leur monnaie car "le coût de la main d'œuvre, déjà élevé en comparaison avec les pays asiatiques, en est artificiellement gonflé. Il encourage les importations au détriment des productions locales, y compris l'importation de biens qui ne sont pas nécessairement indispensables".

Une dévaluation, selon cette "école" va renforcer la compétitivité des produits, permettre une augmentation des exportations et de leurs revenus, et une atténuation de la pression des importations. Il est vrai qu’à l'exportation, les productions locales deviennent moins compétitives que celles de nos concurrents  des pays hors zone euro.

Il en est ainsi du coton béninois, de la banane camerounaise, du café ou du cacao ivoirien face aux produits analogues américains et latino-américains qui exportent en dollars, et qui sont, de surcroît, subventionnés. En conséquence, le revenu des exportations de matières premières africaines facturées en dollars, diminue conséquemment.

A contrario, une catégorie d’économistes prudents, se méfie des dévaluations à tout va. Pour eux, une dévaluation du franc CFA aurait pour conséquence une hausse vertigineuse du coût des importations, un surenchérissement de la facture pétrolière, une inflation globale. Cela n’a rien d’entonnant quand on sait que la croissance que connaît l’Afrique est tirée par les pays exportateurs de pétrole.

La faiblesse du dollar diminue la facture énergétique des pays et le prix élevé du baril ne peuvent donner l’illusion de résister à cette surévaluation du franc CFA. Mais pour combien de temps, la manne pétrolière contrebalancera les effets pervers d’un déficit structurel de balance des paiements ?

La dévaluation ne peut être bénéfique pour un pays donné, que si ses exportations explosent mais à condition que les autres monnaies ne se déprécient pas dans les mêmes proportions. Historiquement, les dévaluations concurrentes ont été malheureusement adoptées par un grand nombre de gouvernement entre 1930 et 1940. L’exemple le plus éloquent fut la concurrence faite aux dévaluations britanniques et américaines supprimant du même coup l’effet prix favorable aux exportations britanniques et américaines.

Lorsque la hausse des prix est plus rapide dans un pays tiers qu’à l’étranger, le gouvernement peut être contraint à la dévaluation. Cette situation est indéniable lorsque le déficit de la balance des paiements est structurellement considérable.

Une surévaluation de la monnaie peut aggraver les difficultés d’exportation. Une croissance inflationniste ne peut durer indéfiniment car elle compromet gravement la compétitivité des entreprises sur les marchés extérieurs. Les pays qui marchent en tête dans la progression des prix se condamnent aux dévaluations successives et sapent la confiance dans la monnaie.

II.            LE BILAN MITIGÉ DE LA DÉVALUATION DE 1994

Le 11 janvier 1994, après 46 années de stabilité monétaire, les 14 pays de la zone franc, sous la pression des institutions internationales et la France, s’accordent pour modifier la parité du franc CFA à compter du 12 janvier 1994 à 00 heure. Au-delà des traumatismes engendrés par cette mesure et plus de dix sept ans après, un consensus se dégage : les effets de la dévaluation sont encore difficiles à évaluer dans leur ensemble car ils possèdent un échelonnement différent dans le temps. Le bilan de la dévaluation de 1994 est donc mitigé.

Selon l’étude de Bernard CONTE (1998), trois ans après le changement de parité, l’IED (L’IED signifie : indicateur d'effectivité de la dévaluation. Cet indicateur, inspiré de S. EDWARDS, se présente comme le rapport de la variation du taux de change réel à la variation du taux de change nominal) de la sous-zone UEMOA s’élève à 38,1, supérieur de 8,1 points à la limite inférieure de l’intervalle de succès fixé par S. EDWARDS.

Malgré l’incertitude pesant sur la fiabilité des données statistiques, il semble bien que la dévaluation soit une réussite, au moins sur le plan de la compétitivité-prix externe. Ces résultats "en moyenne" cachent une hétérogénéité croissante des performances nationales.

Malgré le changement de parité, les soldes des balances des paiements courants hors transferts unilatéraux publics de l’ensemble des pays de l’UEMOA restent négatifs. Selon la Banque de France, en 1995, "la croissance des exportations a résulté d’une reprise des achats de biens d’équipement et de biens intermédiaires, en relation avec la progression des investissements".

Toujours selon l’auteur cité ci-dessus, en termes d’IED, les performances de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) sont inférieures à celles de l’UEMOA au cours des trois années après  la dévaluation. Trois années après le changement de parité, l’IED moyen de la sous-zone se fixe à hauteur de 34,1, soit 4,1 points au-dessus de la limite inférieure de l’intervalle de succès.

Dans le cas ivoirien, la dégradation générale des termes de l’échange de près de 50% entre 1985 et 1993, suite à l’effondrement des cours des principaux produits d’exportation (chute d’environ 50% pour le cacao et le café, 20% pour le coton entre 1984 et 1992). Du coup, la baisse des recettes d’exportation entraîne alors dans son sillage, celle des recettes publiques largement tributaires des taxes sur le commerce extérieur.

Il ne faut pas également oublier l’appréciation nominale du franc français (FF) vis-à-vis du dollar américain décidée en septembre 1985 lors de l’accord de Plaza, provoquant une appréciation automatique du franc CFA, étroitement liée au franc français par une parité fixe. Le cours de matières premières étant fixé en devises, principalement en dollar américain sur le marché mondial, la Côte d’Ivoire reçoit moins de franc CFA par unité de volume, ce qui amplifie l’effet récessif de la dégradation des termes de l’échange sur les recettes d’exportation.

A cela, s’ajoute, la politique de baisse des taux de change menée dans des pays africains tels le Ghana, le Nigeria et l’émergence d’économies compétitives en Asie du Sud-Est (Malaisie et Indonésie).

En ce qui concerne l’effet bénéfique de la dévaluation du franc CFA de 1994, les tests empiriques restent peu enthousiastes. L’assainissement des comptes extérieurs et les mesures de traitement de la dette (neuf PAZF ont pu obtenir une réduction de leur dette envers le Club de Paris, la Côte d’Ivoire a obtenu des accords avec le Club de Londres et le Club de Paris) ont permis une nette amélioration des ratios d’endettement. Le programme d’ajustement structurel, couvrant la période 1994-1997, a permis à la Côte d’Ivoire de bénéficier d’un concours financier du FMI de 281 milliards de franc CFA, la banque mondiale ajoutant 435 millions de dollars.

La Caisse Française de Développement (CFD) apporte au pays un concours qui s’élève à 1,451 milliard de franc français. L’inflation a été maîtrisée. En effet, après la dévaluation, l’inflation a été bien contrôlé, dans la mesure où son niveau (32.5%) qui est inférieur à ce qui a été prévu par le FMI (35%) a considérablement chuté les années suivant la dévaluation : 7.7% en 1995 ; 5% en 1996 et en 1997.

A prix courants, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 40,3% en 1994, grâce en particulier, à la hausse du prix des produits exportés. Il atteint le montant de 5441,7 milliards de franc CFA en 1996.  La dévaluation n’a pas profondément changé la géographie des échanges du pays avec ses partenaires. La communauté européenne et la sous-région africaine, demeurent les zones avec lesquelles la Côte d’Ivoire entretient la majeure partie de ses échanges.

Reprenant à son compte les conclusions de l’étude de Goreux (1995), Sylvie COSTE (1999) indique qu’en Côte d’Ivoire, 9% de l’augmentation de la valeur des exportations est imputable à l’effet quantité ; 20% à l’effet cours mondiaux  et 71% à l’effet mécanique de la dévaluation. Les effets quantité et cours mondiaux sont deux fois plus importants en 1995 qu’en 1994, avec une croissance plus rapide de l’effet cours mondiaux. 

Cela signifie que le succès relatif de la dévaluation serait le fait d’éléments externes, tels les cours mondiaux et non d’éléments internes au pays. Après dix ans de crise, l’économie ivoirienne connaît depuis 1994, une phase d’expansion. Celle-ci s’est traduite par une hausse de 2% en termes réels du Produit intérieur brut (PIB) en 1994 contre une baisse moyenne de 1% entre 1987 et 1993 (-0.4% en 1993). La croissance économique amorcée en 1994 s’est poursuivie et a été supérieure à celle de la population dont le taux de croissance est de 3.8% par an en moyenne.

L’éligibilité de plusieurs PAZF à l’initiative PPTE ("Pays pauvres très endettés") devrait conforter cette évolution. Dans le même temps, de profondes réformes structurelles visant à créer un cadre favorable à la croissance ont été mises en œuvre, portant principalement sur l’assainissement des finances publiques, la restructuration du secteur bancaire et la privatisation des entreprises publiques.

Par ailleurs, avec l’appui de la France et le plus souvent du FMI, les pays à l’exception de la Guinée équatoriale et des Comores, ont mis en œuvre des programmes d’ajustement structurel, ce qui a permis aux PAZF d’accompagner la dévaluation de 1994 par un effort soutenu de stabilisation et d’assainissement de leur économie.

Pour autant, au détour de cette rapide revue du succès macroéconomique de la dévaluation, il convient de souligner trois échecs patents (mais qui ne sont pas spécifiques à la Zone franc) :

-        l’échec en matière de croissance de la consommation par tête ;

-        l’échec (relatif) en matière de diminution de l’endettement ;

-        l’échec (relatif et limité aux pays côtiers) de la substitution de produits vivriers locaux aux produits vivriers importés.

En définitive, la dévaluation a touché de plein fouet les principales variables macroéconomiques et les fondements de la société à tel enseigne que, selon G. SEMODO et VILLIEU (1997), "la majorité de la population n’a pas eu les moyens de se prémunir contre la taxe inflationniste immédiate, et la confiance dans la monnaie s’en est trouvée amoindrie".

Cependant, la période post-dévaluation est marquée par la mise en place de nouvelles politiques d’ajustement et de réformes économiques visant à stabiliser les principales variables macroéconomiques, à une gestion rigoureuse des finances publiques et une suppression des politiques nationales protectionnistes susceptibles d’entraver les échanges commerciaux.

III.          LA REUSSITE CONDITIONNELLE DE LA DEVALUATION

De ce qui vient d’être dit, que conclure, sinon que la dévaluation de 1994 nous enseigne que le succès d’une dévaluation exige des conditions. Par exemple, il faut connaître la nature des déséquilibres au niveau du pays dévaluateur avant de pronostiquer sur les conséquences d’une dévaluation.

     III.1.  La variation  du change et nature des déséquilibres

L’efficacité de la dépréciation du change pour corriger les déséquilibres de la balance des paiements est discutée non pas tant du point de vue de l’ampleur que celui de la nature des déséquilibres : la situation du pays à l’égard du reste du monde.

Une distinction utile a été proposée par J.J. POLAK (Review of Economic statistics, Août 1947) entre déséquilibre de prix et déséquilibre de structure. Selon cette distinction, il peut y avoir déséquilibre de prix dans quatre cas :

  1. un taux de change trop élevé a été adopté ;
  2. les taux de change des autres monnaies se sont dépréciés ;
  3. un pays a connu l’inflation et la hausse des prix ;
  4. une baisse du niveau des prix s’est produite à l’étranger

Dans tous ces cas, la dépréciation officielle du change est un moyen efficace de rétablir l’équilibre de la balance des paiements. Encore convient-il de nuancer cette conclusion en ce qui concerne le cas d’inflation.

Lorsqu’il y a inflation structurelle, définie par un système artificiel de prix et une distribution improductive des ressources, la dévaluation est inopérante ; elle modifie certes les prix intérieurs par rapport aux prix étrangers mais elle ne transforme pas le système de prix et la distribution des ressources.

En ce qui concerne le déséquilibre de structure, il ne peut s’analyser en termes purement monétaires et ne se prête pas à de simples remèdes monétaires. Il peut se présenter selon l’analyse de KINDLEBERGER, à deux niveaux.

Premièrement, au niveau des produits : le déséquilibre est alors provoqué :

-        par une modification de la demande internationale due à un changement dans les goûts des consommateurs, à un changement technique, à un fait institutionnel.

-        Par une modification de l’offre nationale : mauvaises récoltes ou destructions d’équipement touristique d’un pays.

-        Par une perte de revenus extérieurs ; dans tous ces cas, le déséquilibre ne peut être résorbé que par des transformations de la structure économique, par un effort d’adaptation et d’innovation.

Deuxièmement, au niveau des facteurs, il se manifeste dans deux cas :

-        celui d’une économie dualiste, où existent côte à côte deux séries de propositions de facteurs et deux séries de prix de facteurs : exemple de salaire plus élevé dans le secteur des industries d’exportations que dans le secteur des industries domestiques.

-        Les relations des prix entre facteurs ne correspondent pas aux dotations de facteurs. Citons comme exemple, le cas où la main d’œuvre est abondante par rapport au capital, mais son prix est relativement trop élevé. Les entrepreneurs ne réagissent pas aux prix relatifs des facteurs en substituant le travail au capital et conservent des techniques capitalistiques de production.

     III.2.  Le cas pratique d’un pays dévaluateur

Supposons qu’un pays connaisse un déficit de sa balance commerciale et procède à une dévaluation. Quels sont donc les effets attendus ?

  • L’effet de la dévaluation sur le revenu (Y)

Soit , la variation de la balance commerciale (la différence entre les exportations et les importations). , l’effet de la dévaluation sur le revenu. Dès lors, l’effet de la variation du revenu sur l’absorption[1] peut s’écrire avec  la proportion marginale à absorber le revenu.

 est l’effet direct de la dévaluation sur l’absorption.

Il s’ensuit que différents effets sont à envisager.

L’effet dû à l’existence de ressources oisives. C’est l’effet de multiplication résultant de l’accroissement des exportations provenant de la dévaluation. La balance se détériore si le revenu continue d’augmenter sans que d’autres effets ne le contraignent.

L’effet tenant aux termes de l’échange. La dévaluation détériore les termes de l’échange du pays qui dévalue. La balance commerciale se contracte tout comme le revenu réel du pays.

  • Effet de la dévaluation qui affecte les prix

Au moins cinq effets sont possibles.

En premier lieu, un effet d’encaisse

La dévaluation entraîne la hausse du niveau général des prix. La valeur réelle des encaisses baisse, et pour les reconstituer, les agents économiques réduisent leurs dépenses réelles par rapport à leur revenu réel. L’investissement baisse.

En deuxième lieu, un effet de redistribution  du revenu

En effet, la hausse du niveau général des prix réduit la dépense globale par suite de la redistribution du revenu de groupes ayant une forte propension à la dépense à des groupes ayant une propension plus faible : plus précisément le revenu réel est redistribué des titulaires de revenus fixes "au reste de l’économie", des salariés aux entrepreneurs, des contribuables au gouvernement.

En troisième lieu, un effet d’illusion monétaire

L’illusion monétaire conduit les agents économiques à porter une plus grande attention à la variation des prix qu’à celle des revenus nominaux. La consommation peut être réduite par la hausse des prix, même si les revenus nominaux se sont élevés proportionnellement aux prix et si les revenus réels n’ont pas subi de modification.

En quatrième lieu, un effet de coût affectant l’investissement 

L’accroissement du coût des biens d’investissement importés réduit l’investissement.

En cinquième lieu, un effet de renonciation à l’achat des biens importés

Les biens importés devenus trop chers sont délaissés par les consommateurs  qui n’achètent rien.

  • Un changement dans les prix relatifs

Ici, les divers changements possibles sont conditionnés. Si le taux de change était artificiel, la dévaluation permet de redonner aux prix un sens économique. Il en résulte un accroissement du revenu réel.

Les consommateurs peuvent adopter un comportement de substitution en préférant les produits domestiques suite à l’augmentation des biens importés. La production locale est donc encouragée. Il en découle que l’effet des termes de l’échange produit donc un effet de revenu et un effet de substitution.

  • Les élasticités par rapport au prix

Ainsi que l’avaient montré MARSHALL et LERNER, la condition de Marshall-Lerner, encore appelée théorème des élasticités critiques, énonce qu'une dépréciation réelle (appréciation réelle) du taux de change améliore (détériore) la balance commerciale d'un pays si la somme des valeurs absolues des élasticités-prix de son offre d'exportation et de sa demande d'importation est supérieure à un.

La dépréciation va donc accroître automatiquement la valeur des importations et réduire la balance courante. C'est l'effet-prix de la dépréciation, que l'on peut juger instantané. Une possibilité d’expansion de la production et d’exportation des biens existe suite à la cherté des biens importés. Cette réallocation des ressources productives aboutit à l'effet-volume de la dépréciation (modification des productions). Mais cela ne se passe pas aussi facilement.

Même une fois tous les contrats antérieurs exécutés, le redressement de la balance commerciale commandé par la dépréciation des termes de l'échange nécessite un certain délai. Les exportateurs doivent mettre en place de nouvelles capacités de production et embaucher pour faire face à l'excédent de demande étrangère pour leurs produits.

De même, la réduction de consommation des produits importés devenus plus coûteux, oblige les producteurs locaux à accroître leur offre de produits substituts et à trouver des techniques plus économes en biens intermédiaires importés (pétrole ou gaz par exemple).

     III.3.  La dévaluation n’est pas la panacée aux problèmes africains

En restaurant la compétitivité-prix du pays dévaluateur, par une hausse du prix des devises étrangères, la dévaluation modifie les flux d’échange de biens et services avec l’extérieur en faveur du pays considéré, stimulant par la même, à terme, une meilleure compétitivité externe. Mais ce cercle vertueux peut être contrarié en fonction de la structure de l’économie du pays dévaluateur. 

En effet, l'Afrique subsaharienne en général et les pays de la zone franc en particulier se caractérisent sur le plan interne par la stagnation économique, des dysfonctionnements financiers, des déficits publics importants, une agriculture en crise, des dysfonctionnements industriels engendrant la désindustrialisation...

Sur le plan externe, les déséquilibres sont profonds et l'on assiste à une marginalisation commerciale ainsi qu'à un recours à l'endettement présentant un caractère permanent. A tout ceci, il convient d’ajouter que l’arrimage du franc CFA à l’euro pose aujourd’hui un problème d’ordre structurel aux pays africains de la zone franc.  

L’euro trop fort comporte des conséquences négatives pour la Zone Franc. Le coût de la main-d'œuvre, déjà élevée en comparaison avec les pays asiatiques, en est artificiellement gonflé. Il encourage les importations, au détriment des productions locales, y compris l'importation de biens qui ne sont pas nécessairement indispensables. Les productions locales deviennent moins compétitives à l'exportation par rapport à celles des  pays hors zone euro. Le revenu des exportations de matières premières africaines facturées en dollar affaibli diminue conséquemment.

La dépréciation donc du dollar par rapport à l'euro (1,42 dollar pour un euro le 1er octobre 2007),  pénalise les exportations des pays africains de la zone franc. La compétitivité des produits africains sur les marchés internationaux est mécaniquement rognée. Chaque fois que l'euro s'apprécie, le franc CFA en fait de même de manière automatique. Résultat : les coûts de production augmentent, les produits fabriqués localement deviennent moins compétitifs que ceux fabriqués dans des pays extérieurs à la zone euro, et les marges sur les exportations libellées en dollars se réduisent.

C'est notamment le cas pour la filière coton, qui fait vivre près de 30 millions d'Africains. Les cotonculteurs africains achetant leurs intrants en euros et vendant leur récolte en dollars: l'effet de "ciseau" est redoutable.

La hausse de l'euro face au dollar a par ailleurs contribué à contenir la poussée inflationniste, principalement alimentée par la hausse des prix des produits énergétiques. D'une façon générale, la stabilité monétaire et l'euro fort ont permis de juguler l'inflation en zone franc, dont le taux s'est établi à 3,8 % en 2006 contre 11,8 % pour l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. 

L’arrimage du franc CFA à l’euro est certes un problème mais si l'Afrique francophone a perdu en compétitivité, c'est aussi pour des raisons structurelles. Et le franc CFA y est pour quelque chose puisqu’il n’a pas permis aux pays africains de la zone franc, d’avoir des économies compétitives.

Dès lors, une modification du régime des changes ne peut être utilisée comme une solution de facilité. Il faut avant tout une modernisation des filières de production, des investissements dans les infrastructures, une amélioration de l'environnement des affaires et une promotion de l'intégration régionale.

Cette position semble d’ailleurs trouver l’assentiment de l'Agence française de développement (AFD), qui, dans son rapport de conjoncture publié en avril 2007, estime qu'une politique de change à travers une dévaluation ne permettrait pas de restaurer la compétitivité "dynamique" d'une nation. Pour l’AFD,  à moyen et long termes, des progrès en matière de productivité et d'attractivité seraient nécessaires pour garantir la pérennité de cette compétitivité.

Avant de conclure, précisons que l’ouverture internationale d’un pays est profitable lorsque ses produits sont compétitifs. Et pour mesurer celle-ci ainsi que ses variations, on utilise généralement le Taux de Change effectif Réel (TCER), qui apprécie la variation du taux de change effectif nominal (TCEN) par rapport au taux d’équilibre (Le taux de change est le prix de la monnaie étrangère en termes de monnaie domestique ; (le taux de change effectif est la somme des taux de change bilatéraux pondérés par les poids respectifs des différents pays dans le commerce extérieur).

Le TCER donne une bonne estimation des conséquences sur la balance extérieure des variations du TCEN, liées aux modifications de prix résultant des changements d’efficacité du système productif. Le TCER donne une bonne appréciation de l’évaluation des coûts de production domestique des biens internationaux, ceux qui font l’objet d’une demande mondiale et qui doivent guider la spécialisation.

Pour que l’indice de compétitivité reste stable, il faut que les coûts nationaux de production des biens échangeables restent proches de ceux des autres pays concurrents, et qu’en plus, l’inflation interne reste voisine de celle des pays partenaires. 

En d’autres termes, toute hausse des prix internes qui serait supérieure à celle des prix internationaux, pondérés par le taux nominal, entraînera une baisse du TCER, c’est-à-dire une surévaluation du taux réel. Cette dernière conduit à une perte de compétitivité que l’on corrige de trois façons en termes de politique économique : diminuer le taux nominal, c’est-à-dire dévaluer la monnaie nationale ou baisser les prix domestiques ou encore, augmenter les prix internationaux, par exemple grâce à la production aux frontières.

CONCLUSION

Nous avons à travers cette réflexion, essayé d’apporter notre contribution au débat portant sur la question de la dévaluation du franc CFA. En effet, la dépréciation du dollar par rapport à l’euro ravive les passions et craintes sur le sujet.

Souvenons-nous qu’à partir de 1985, la conjonction de la baisse du dollar et de l’accélération de la détérioration des termes de l’échange (baisse des cours des matières premières) ont progressivement pesé sur la compétitivité des pays africains de la Zone franc, qui ne pouvaient pas réaliser des ajustements nominaux suffisants. Inéluctable à la fin des années 1980, la dévaluation des francs CFA et comoriens a été retardée pour des raisons plus politiques que techniques, pour être finalement scellée le 12 janvier 1994.

Face à cet antécédent historique, la question se pose alors de savoir si le franc CFA sera dévalué.  Pour une question extrêmement technique, il nous a semblé juste d’interroger l’histoire et la théorie économique pour avoir le cœur net. Nous avons présenté un bilan mitigé de la dévaluation du 12 janvier 1994.

Au niveau strictement théorique, dans la globalisation financière caractérisée par la désintermédiation, la déréglementation et le décloisonnement, la dévaluation n’a plus cette efficacité technique d’antan. Il n’est plus possible de gagner des parts de marché par simple création de grands écarts de parité.

Aucun économiste, n’ose aujourd’hui, recommander une dévaluation comme la voie qui permet d’améliorer quasi automatiquement la balance commerciale. Il faut tenir compte des structures d’offre et de demande, (théorème des élasticités croisés), des coûts de production, des capacités compétitives etc.

S’engager dans un cycle effréné de dévaluation sans incidences économiques positives mais avec des effets sociaux catastrophiques, serait une aventure isolée des pays africains de la zone franc.

Partager cet article

Repost 0
Published by PatrickEric - dans Politique
commenter cet article

commentaires

  • : Mampouya.com
  • Mampouya.com
  • : Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
  • Contact

  • Patrick Eric Mampouya
  • Patrick Éric Mampouya
  • Patrick Éric Mampouya

Recherche

Mes Héros : Mort Pour un Autre Congo

bruno-ossébighislin_simplice_ongouya.jpg

Congo : Textes Divers

2306_Bourses_etudes.pdf 2306_Bourses_etudes.pdf bilan matondo congo bilan matondo congo Bruno-OSSEBI.doc Bruno-OSSEBI.doc Budget-de-l-Etat-Exercice-2007.pdf Budget-de-l-Etat-Exercice-2007.pdf Budget-de-l-Etat_Exercice-2008.pdf Budget-de-l-Etat_Exercice-2008.pdf Code-des-Investissements-Miniers-du-Congo.pdf Code-des-Investissements-Miniers-du-Congo.pdf Code-Forestier-du-Congo.pdf Code-Forestier-du-Congo.pdf Constitution-du-15-mars-1992 Constitution-du-15-mars-1992 Constitution du 29 novembre 2001 Constitution du 29 novembre 2001

Contrat-Consulting-Longbeach-Bermuda-Elenga-LTD.jpg Contrat-Consulting-Longbeach-Bermuda-Elenga-LTD.jpg Contrat-Consulting2.jpg Contrat-Consulting2.jpg Contrat-Consulting3.jpg Contrat-Consulting3.jpg Contrat-Consulting4.jpg Contrat-Consulting4.jpg Contrat-Partage-HM-NKOSSA-Contrat-PP.pdf Contrat-Partage-HM-NKOSSA-Contrat-PP.pdf Contrat-Partage-Kouakouala.pdf Contrat-Partage-Kouakouala.pdf Contrat-Partage-Kouilou.pdf Contrat-Partage-Kouilou.pdf Contrat-Partage-Madingo.pdf Contrat-Partage-Madingo.pdf Contrat-Partage-MarineVI-VII-KITINA.pdf Contrat-Partage-MarineVI-VII-KITINA.pdf Contrat-Partage-MarineX.pdf Contrat-Partage-MarineX.pdf Contrat-Partage-Mer-TP-Nord.pdf Contrat-Partage-Mer-TP-Nord.pdf Contrat-Partage-Mer-TP-Sud.pdf Contrat-Partage-Mer-TP-Sud.pdf Contrat-Partage-PEX.pdf Contrat-Partage-PEX.pdf Contrat-Partage-PNGF-Contrat-PP.pdf Contrat-Partage-PNGF-Contrat-PP.pdf D-cret-n--2004-30-du-18-f-vrier-2004.doc D-cret-n--2004-30-du-18-f-vrier-2004.doc  D-cret-n--2008---5-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---5-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---56-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---56-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---58-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---58-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---60-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---60-du-31-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---64-du-3i-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---64-du-3i-mars-2008.pdf D-cret-n--2008---t5-du-n-f-vrier-2008.pdf D-cret-n--2008---t5-du-n-f-vrier-2008.pdf D-cret-n--2008--3-du-11-janvier-2008.pdf D-cret-n--2008--3-du-11-janvier-2008.pdf D-cret-n--2008-84--.-du-15-avril-2008.pdf D-cret-n--2008-84--.-du-15-avril-2008.pdf D-cret-sur-la-transparence.pdf D-cret-sur-la-transparence.pdf D-cret-sur-les-op-rations-des-services-de-l--tat.pdf D-cret-sur-les-op-rations-des-services-de-l--tat.pdf decret-election-presidentielle.jpg decret-election-presidentielle.jpg decret_du_09_10_2008.pdf decret_du_09_10_2008.pdf Enl-vement-des-Stocks-de-P-trole-2005.pdf Enl-vement-des-Stocks-de-P-trole-2005.pdf Facture-d-Hotel-de-Sassou---N-Y.pdf Facture-d-Hotel-de-Sassou---N-Y.pdf

Feuilledecomptabilit-1.pdf Feuilledecomptabilit-1.pdf Guide du journalisme indépendant Guide du journalisme indépendant Le Plan Mouébara au CMAS 1 Le Plan Mouébara au CMAS 1 Le Plan Mouébara au CMAS 2 Le Plan Mouébara au CMAS 2 Le Plan Mouébara au CMAS 3 Le Plan Mouébara au CMAS 3

Les-Sages-Mbochis.pdf Les-Sages-Mbochis.pdf Les-factures-du-fils-de-Sassou.pdf Les-factures-du-fils-de-Sassou.pdf Statuts de T. I. France Statuts de T. I. France LISTEOP_C2G-EY.pdf LISTEOP_C2G-EY.pdf Loi-Electorale-du-Congo.pdf Loi-Electorale-du-Congo.pdf Loi-du-24-novembre-2001.doc Loi-du-24-novembre-2001.doc Loi-176-2003-du-18-janvier-2003.doc Loi-176-2003-du-18-janvier-2003.doc LISTEOP_KPMG.pdf LISTEOP_KPMG.pdf Note-Circulaire-AdministrateurSNPC.pdf Note-Circulaire-AdministrateurSNPC.pdf okouna-petro jugement&plaidoirie okouna-petro jugement&plaidoirie PID-2006.pdf PID-2006.pdf Pland-actionBonneGouvernancePool2.pdf Pland-actionBonneGouvernancePool2.pdf R-echelonnement-de-la-Dette-du-Congo-par-le-Club-de-Paris.pdf R-echelonnement-de-la-Dette-du-Congo-par-le-Club-de-Paris.pdf Rapport-Cofipa.pdf Rapport-Cofipa.pdf Rapport-de-la-Cour-des-Comptes.pdf Rapport-de-la-Cour-des-Comptes.pdf Rapport-KPMG-09-2006.pdf Rapport-KPMG-09-2006.pdf Rapport-KPMG-12-2006.pdf Rapport-KPMG-12-2006.pdf Rapport-KPMG-du-16-avril-2007.pdf Rapport-KPMG-du-16-avril-2007.pdf Rapport-TOFE-2005.pdf Rapport-TOFE-2005.pdf RECOURNSo-0-132008-du-O3J-uin-2008.PDF RECOURNSo-0-132008-du-O3J-uin-2008.PDF Redevance-2006.pdf Redevance-2006.pdf Requ-te-en-annulation.PDF Requ-te-en-annulation.PDF Service-de-S-curit-.pdf Service-de-S-curit-.pdf SOCAPALM Exposé de la Situation SOCAPALM Exposé de la Situation Suivi-Bonus-2005.pdf Suivi-Bonus-2005.pdf