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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 19:24

Les mauvais gouvernements et le développement humain en chute libre en Afrique

Par Tony LEON

Tony LeonL'absence historique et l'inégalité de la diffusion actuelle de la démocratie en Afrique se reflètent dans le déclin économique du continent. Le Ghana, par exemple, fut le premier pays d’Afrique à obtenir l'indépendance de la Grande- Bretagne en 1957.

Même s’il s’agit aujourd'hui d’une démocratie constitutionnelle, ce pays a souffert de 40 années de mauvaise gouvernance. Comme le faisait remarquer le journal The Economist, les "récents succès du Ghana doivent être tempérés par les catastrophes antérieures". À l'indépendance, le Ghana était environ aussi riche que la Corée du Sud, mais aujourd'hui il est 30 fois plus pauvre en termes de richesse par personne.

Selon le Rapport annuel 2006 du Programme des Nations Unies pour le développement, les statistiques de l'Afrique sont inexorablement mauvaises. Les 23 pays les plus pauvres dans le monde en termes de développement humain sont tous africains. Principalement en raison de la propagation du VIH et du sida, l'espérance de vie en Afrique a chuté à 46 ans, tandis quenviron la moitié de tous les Africains n'ont pas accès à de l'eau potable et 30 pour cent sont sous-alimentées en permanence.

Larry DIAMOND établit une corrélation entre l’absence historique et, sur la plupart du continent, l'absence continue de la démocratie libérale, et le sous-développement chronique. Selon lui "le taux de survie n’est pas sans rapport avec les données en matière de qualité de la gouvernance".  Il note que l'Afrique est encore "la région la plus mal gouvernée dans le monde" aux côtés des pays de l'ex-Union soviétique.

Cela peut aider à expliquer pourquoi l'Afrique se classe bon dernier, et par une large marge, dans sa moyenne de l’indice de développement humain.

Toutefois, c'est seulement après des décennies d'échecs économiques soutenus et de régression démocratique que certaines institutions internationales ont reconnu que certains problèmes économiques de l'Afrique étaient d’origine politique et économique. La Banque Mondiale, par exemple, s'appuyant sur 45 années de vie économique et d’expérience africaine, a constaté que "l'effet de mauvaises mesures représente entre un quart et la moitié de la différence de croissance anticipée entre pays en voie de développement africains et non africains".

Malheureusement, plusieurs commentateurs, comme Jeffrey SACHS, économiste à l'Université Columbia, et des pop-stars telles que BONO et Bob GELDOFF, rejettent ou minimisent l'importance d'avoir un bon gouvernement comme déterminant clé de la performance économique. Au lieu de cela, comme Peter LEWIS le fait valoir, les "optimistes de l’Aide humanitaire" préfèrent expliquer la faible croissance de l'Afrique en stigmatisant une "géographie défavorable, une pénurie de capitaux, et le manque d'accès aux marchés mondiaux".

La démocratie a besoin d'être approfondie au-delà d’élections multipartites périodiques. En effet, la Banque Mondiale elle-même reconnaît désormais que pour augmenter la croissance, les pays doivent créer ce qu'ils appellent une capacité institutionnelle comprenant la protection des droits de propriété, l'exécution des contrats, la promotion de la société civile, et la prévention de la corruption par le renforcement des limites constitutionnelles

Les avantages de la démocratie libérale pour l'Afrique

Les pays africains avec des opportunités similaires, et faisant souvent face aux mêmes avantages et inconvénients, ont des résultats différents selon les politiques mis en œuvre. Le contraste frappant entre le Botswana et la Zambie avoisinante, tous deux sans accès à la mer et riche en ressources et à qui a été accordée l'indépendance à la même période, est un cas exemplaire.

À l'indépendance en 1964, la Zambie était le deuxième plus riche pays d'Afrique, alors que le Botswana était décrit par un officiel colonial britannique comme un "morceau de territoire inutile".

Or, le Botswana a adopté des politiques économiques favorables au marché ancré et renforcé par un environnement démocratique environnement qui l'a propulsé vers le groupe des pays à revenu moyen supérieur. La Zambie, en attendant, se languit dans le bas du classement sur le revenu, avec un niveau de revenu par habitant à peine différent de ce qu'il était en 1960.

Le revenu par habitant du Botswana, ajusté à l'inflation et à la parité de pouvoir d'achat, a été de 12.420 $ en 2007. Il était de 167 $ en 1960. La Zambie était 1,220 $ en 2007. En 1960, elle était de 984 $.

La progression démocratique du Botswana depuis son indépendance en 1966 sera examinée ci-dessous. Mais la nationalisation des mines de cuivre par le gouvernement et de l'instauration d'un système à parti unique qui a duré 25 ans devrait être considérée comme des jalons sur la route vers la ruine de la Zambie. La transition de la Zambie de l'autoritarisme plutôt bienveillant de Kenneth KAUNDA (1964-1991) à la kleptocratie élue de son successeur, Frederick CHILUBA (1991-2001) illustre bien les dangers inhérents à la démocratisation superficielle.

Au cours de son mandat, ce dirigeant démocratiquement élu de la Zambie a gagné des dizaines de millions de dollars. En 2008, un tribunal britannique a conclu que CHILUBA avait comploté pour voler 40 millions de dollars, tandis que le gouvernement zambien a affirmé avoir récupéré 60 millions de dollars en gelant ses avoirs domestiques et à l'étranger.

La Zambie a seulement commencé à se redresser lorsque le successeur de CHILUBA, Levy MWANAWASA, a commencé à instaurer des politiques favorables au marché et une plus grande responsabilisation démocratique de l’État après être devenu président en 2002. Cependant, sa mort en août 2008 et l'élection suspecte de son successeur en novembre 2008 suggèrent une fragilité de la démocratie zambienne.

L’accaparement des richesses par des élites politiques avides a souvent lieu dansdes environnements complètement autocratiques,comme le Soudan le Congo Brazzaville et le Gabon.Mais, comme la Zambie le démontre, elle peut également se produire dans les pays en apparence démocratiques. Ainsi, une grande partie de l'Afrique reflète une piètre image quand il s'agit de la corruption.

Le rapport annuel Indice de perception de la corruption, publié par Transparency International, qui note les pays sur une échelle de 0 à 10, avec les chiffres faibles indiquant une plus grande perception de la corruption. Selon l’IPC 2008, sur les 47 pays africains examinés, 30 n'ont pas atteint le 3 et 14 ont obtenu entre 3 et 5.

Seuls trois pays d'Afrique ont reçu plus de 5. Il s’agit du Botswana, de Cap-Vert et de Maurice.En revanche, au Danemark, le pays le moins corrompu dans le monde en 2008, a reçu 9,3.

On pouvait s'y attendre, les trois pays les moins corrompus ont également reçu les meilleures notes parmi les pays africains étudiés par Freedom House.

La prédominance de la corruption provoque une variété de problèmes. Elle peut décourager l'investissement privé, et en même temps emprisonner les pauvres dans leur dépendance à des prestations de services publics inefficaces, voire inexistantes.

COLLIER offre un exemple instructif de la corruption au Tchad. Comme il l'écrit, "en 2004, une enquête de suivi de l'argent débloqué par le ministère des Finances au Tchad destiné à des cliniques de santé rurales. L'enquête avait le modeste objectif de savoir combien d'argent avait effectivement atteint les cliniques sans chercher à savoir si les cliniques l’avait bien dépensé, ou si le personnel dans les cliniques savait si ce qu'ils faisaient, juste savoir où allait l'argent. Étonnamment, moins de 1 pour cent des fonds atteint les cliniques 99 pour ne sont pas parvenus à sa destination".

Avoir une bonne gouvernance est beaucoup plus dans les pays où les services de l'État, ou son absence, peuvent littéralement faire la différence entre la vie et la mort.

La responsabilisation est l'ennemi des pratiques étatiques opaques et des secrets officiels. Mais dans de nombreux, si ce n'est la plupart, des États africains, ces derniers sont très répandus. La Justice Initiative de l'Open Society Institute, par exemple, favorise l'adoption des lois sur la liberté de l'information, sur l'amélioration du système de justice pénale, et, surtout, la création et la protection de véritables droits pour les citoyens.

Puisant dans ses travaux pratiques dans ces domaines cruciaux à travers l'Afrique, l'organisation a récemment conclu que "les processus politiques et les fonctions de l’État restent en grande partie personnifiés par une figure de l’élite et arbitraire dans la plupart des pays, tandis que les fondations institutionnelles sont assez faibles. En conséquence, l'abus du pouvoir de l'État continu d'aller sans être inquiété".

En conséquence, les pays qui sont devenus plus démocratiques entre 1975 et 2000 ont eu une croissance économique plus rapide que leurs homologues moins démocratiques. Plus important, l'étude n'a trouvé aucune preuve pour soutenir le soi-disant "avantage autoritaire" pour le développement économique parfois proféré en Asie et en Amérique latine.

Au lieu de cela, l'étude a révélé qu’il "est difficile d'échapper à l'association entre des règles anti-démocratiques et l'échec économique en Afrique".

Mais même dans les démocraties africaines, l’état de droit et de la règle du plus fort continuent de se rivaliser. La démocratie libérale est un puissant antidote à l'autoritarisme politique. Sa diffusion est toutefois confrontée à certains obstacles importants.

L'obstacle ethnique

Aucune autre région sur Terre ne présente une propension au conflit et à la guerre civile comparable à l’Afrique. Depuis la décolonisation, près de 40 pour cent des pays africains ont connu la guerre civile.

La violence continue de faire rage à l’est du Congo. Ce conflit a, au fil du temps, touché 10 pays et coûté des millions de vies. Il n'est pas étonnant qu'en 2007, 70 pour cent des 70000 casques bleus engagés dans le monde entier aient été déployés en Afrique

Les conflits en Afrique ne sont pas tous causés par des tensions ethniques. La Somalie, par exemple, est un État ethniquement homogène. Mais la plupart des tumultes violents de l'Afrique portent sur les différences ethniques ou religieuses.

Les colons européens ne se souciaient guère de l'existence de sociétés ethniquement distinctes et homogènes en Afrique au cours de la découpe du continent à la fin du 19ème siècle. Les frontières coloniales ont parfois morcelé les sociétés africaines traditionnelles ou, dans certains cas plus inquiétants en termes de conflits futurs, rassemblés des centaines de différents groupes avec peu ou pas d'intérêts communs les unissant.

À l'indépendance, les frontières de ces États de fortune avec des populations variées, souvent volatiles, et ethniquement mixtes ont été laissées intactes. Il est possible que des partitions, comme celle qui a séparé le Pakistan de l'Inde en 1948, aurait eu leurs propres conséquences violentes. Mais la persistance du statu quo colonial et, plus important encore, l'échec des puissances coloniales et les dirigeants de l’indépendance pour établir des dispositions constitutionnelles tenant compte des différences ethniques, ont coûté cher à l'Afrique en termes économiques.

Par exemple, des études montrent que les pays qui ont connu une guerre civile avaient un revenu moyen qui était environ 50 pour cent moindres que les pays qui n'ayant pas connu de tel conflit. Les taux d'investissement en capital humain et physique étaient également inférieurs d'environ 50 pour cent dans les pays post conflit. Mais au-delà des effets économiques et des niveaux extraordinaires de souffrance humaine causée par les conflits ethniques, les appartenances ethniques ont empêché la consolidation démocratique et les conciliations politiques des minorités.

Dès 1979, le sociologue Pierre VAN DEN BERGHE a averti que "si votre circonscription contient une majorité démographique, le racisme peut facilement être déguisé en démocratie. Bien entendu, le tour de main idéologique c'est qu'une majorité ascriptive définie racialement n’a rien à voir avec une majorité composée d'une coalition dynamique d’individus… La règle de la majorité en Afrique peut donc facilement devenir un voile pour la domination raciale".

En d’autres termes, la politique de l'identité l'emportera sur la politique d'intérêt. La plupart des partis politiques africains ont des racines idéologiques superficielles. Ils sont beaucoup plus définis à la fois dans leurs propositions politiques et dans la perception des électeurs par les clivages régionaux ou ethniques. En conséquence, la politique est souvent réduite à une lutte à somme nulle entre les gagnants de la majorité et les minorités exclues.

En l'absence de dispositions constitutionnelles qui tiennent compte des minorités, comme celles que l'on voit en Belgique ou en Suisse, les majorités ont tendance à dominer, et l'opposition tend à être faible et isolée. Bien sûr, comme Jerry MULLER de la Catholic University of America l’a observé, les identités politiques ethniquement définies ne sont pas propres à l'Afrique. En effet, la stabilisation paisible post-Seconde Guerre mondiale en Europe faisait suite à un violent processus antérieur de séparation ethnique. "Dans les régions de l'Europe, où la séparation n'a pas encore eu lieu tels qu’en Yougoslavie la politique est susceptible de rester abjecte", écrivait-il.

La persistance des conflits ethnonationalistes dans plusieurs grands pays africains a aussi fait barrage à l'épanouissement d’une société civile plus largement établie et d’institutions nationales transethniques.

Même dans les pays sophistiqués, tels que l'Afrique du Sud, la récente vague de violence xénophobe qui a éclaté de mai 2008 indique la prédominance de sentiments nationalo-ethniques destructeurs.

MULLER suggère que bien que la démocratie libérale soit, par définition, racialement et ethniquement inclusive, elle fonctionne mieux dans les unités politiques qui sont en grande partie ethniquement homogènes.

Bien sûr, ce n'est pas simplement les identités tribales qui provoquent des troubles civils et les conflits ethniques, mais l'incitation délibérée à la violence de certains dirigeants sans scrupules.

Comme l’écrivait Robert GUEST de The Economist, "la plupart des conflits actuels doivent leur persistance à la politique moderne, et non pas aux passions primitives".

La malédiction des ressources

L'ethnicité n'est pas le seul obstacle à la démocratie en Afrique. Près d'un tiers des États africains sont riches en ressources naturelles, et l'Afrique est un grand producteur des minéraux et des métaux les plus importants du monde, y compris l'or, les diamants, le platine, le pétrole et le gaz.

L'avantage économique immédiat issu de l'abondance de tels minéraux varié due aux fluctuations des prix, est contrebalancé par les effets néfastes des prix élevés des matières premières sur les taux de change intérieur et en conséquence le sous-développement de l’exportation chez l'industrie locale.

Néanmoins, le pétrole a eu un effet presque entièrement négatif sur la progression de la démocratie dans les pays producteurs de pétrole en Afrique et en particulier en Angola, au Nigeria, en Guinée équatoriale au Congo Brazzaville, au Gabon et au Soudan. Pas une seule des nations d'Afrique exportant du pétrole n’est classée comme "libre" par Freedom House.

L’Afrique du Sud et le Botswana, tous deux producteurs de minéraux, sont parvenus à obtenir cette note, mais ils n’ont pas de pétrole. Selon HERBST, "une économie fondée sur les exportations de minéraux durs, et notamment le pétrole, cultive l’autoritarisme, parce qu’une grande part du total des recettes d'exportation est accaparée par le gouvernement central. Les flux financiers relativement importants alimentent les gouvernements qui, autrement, se seraient effondrés, et il est très difficile pour les régimes autoritaires de se retirer du pouvoir".

Il est intéressant de noter que d’importantes réserves de pétrole ont été récemment découvertes au Ghana. Il reste à déterminer si cette nouvelle manne aura un effet sur l’impressionnant classement démocratique.

L'Angola est l'un des exemples les plus flagrants d'un État despotique et vénal alimenté par le pétrole. La production à grande échelle de pétrole au large de la côte atlantique dans les années 1960 a prolongé et alimenté la guerre civile de 40 ans en Angola.

Pendant cette période, 1 million de personnes sur une population de 13 millions ont été tuées et 1,7 million de personnes ont été déplacées. Human Rights Watch a prétendu que les dirigeants angolais ont "perdu" plus de 4 milliards de dollars de recettes de l'État entre 1997 et 2002.

Le cycle de guerres civiles et de violence a été, à des moments importants, aidés par les revenus de l'industrie extractive, et alors que la paix est revenue en Angola, la résurgence de la violence dans le pays voisin riche en minéraux, la République démocratique du Congo, suggère la poursuite de problèmes similaires dans ce pays.

Deux initiatives internationales récentes pour modérer la violence et les pulsions autoritaires alimentées par la lutte pour les ressources minérales ont donné des résultats mitigés. La campagne mondiale contre les soi-disant "diamants de sang" a abouti au "processus de Kimberley", un instrument destiné à améliorer la transparence et la responsabilité des dirigeants qui sont parmi les deux conditions préalables les plus importantes pour les réformes démocratiques.

Cette initiative conjointe des gouvernements, de l'industrie et de la société civile impose des exigences détaillées à ses membres pour voir les expéditions de diamants bruts se faire certifier "sans conflit". Cela pourrait endiguer le flot des pierres illicites, qui sont souvent utilisées par les troupes rebelles pour financer les guerres en Afrique. Parmi les 74 signataires se trouvent l’Angola, le Congo Brazzaville, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo et la Sierra Leone.

L’initiative sur la Transparence des Industries Extractives (ITIE) est une autre tentative d’établir des principes de bonne gouvernance en Afrique et qui a été mis en place par le gouvernement britannique en 2003.

L'ITIE crée un cadre pour la transparence et la responsabilisation dans les pays riches en minéraux. Elle exige par exemple une plus grande publication financière des entreprises d’extractions étatiques et privées et des gouvernements des pays en voie de développement.

Malheureusement, le seul pays d’Afrique qui soit pleinement conforme aux critères de l'ITIE est le Libéria. Le processus de l'ITIE est volontaire, et requiert une comptabilité honnête, des textes législatifs, et un suivi attentif.

Ce sont précisément les caractéristiques d'une bonne gouvernance qui font défaut à nombre d’États africains qui ont signé l'ITIE, mais qui n’en satisfont pas les exigences.

Aide à l'étranger : ami ou ennemi de la démocratisation ?

Il doit y avoir l’équivalent de plusieurs forêts d'études relatant l'échec de l'aide internationale pour atténuer la pauvreté en Afrique. Robert GUEST écrit : Certains dirigeants africains parlent parfois de la nécessité d'un plan Marshall. Mais l'Afrique a bénéficié d'une aide équivalant à six Plans Marshall depuis l'indépendance

Entre 1960 et 1992, l'Afrique a bénéficié d'aides totalisant environ 400 milliards de dollars américains ajusté à l'inflation. Mais alors que le plan Marshall original a été un succès, l’aide à l'Afrique n'a pas réussi à atténuer la pauvreté sur le continent. Certains commentateurs estiment que l'aide peut être bénéfique dans les pays où des politiques économiques saines sont pratiquées dans un cadre démocratique ancré dans la règle de droit.Toutefois, cette conclusion a été contestée par plusieurs chercheurs qui n'ont trouvé aucune preuve concluante que, dans un bon environnement politique l'aide étrangère ait un effet positif sur la croissance économique.

L'échec de l'aide étrangère à améliorer les taux de croissance économique et de développement humain en Afrique n'a pas empêché les appels et les engagements de son extension. En 2005, par exemple, Jeffrey SACHS de l'Université de Columbia a appelé à un doublement de l'aide pour les nations les plus pauvres du monde. Cette même année, le G8 s'était engagé à doubler l'aide à l'Afrique, faisant ainsi 50 milliards de dollars par an.

Bien quenous n’ayons toujours pas vu ces sommes, le G8 a mis beaucoup tropd’accent sur l'aide et l’allégement de la dette comme solutions aux problèmes del'Afrique. L'Afrique a besoin d'adopter des réformes économiques et politiquescomme solution au sous-développement.

Alors que le G8 s'est également engagé à s'attaquer aux distorsions des tarifs et des subventions agricoles du monde riche qui nuisent aux exportations africaines, il est intéressant de noter que la libéralisation des échanges n'a pas progressé ces dernières années.

L'échec des négociations du cycle de Doha sur la libéralisation des échanges fait peser un doute sur la réalisation future de cet engagement.

Des tentatives d’utiliser l'aide étrangère comme un levier pour promouvoir et récompenser la démocratisation en Afrique ont été beaucoup plus controversée dans leur portée et douteuse dans leurs résultats.Il existe plusieurs exemples où la combinaison des pressions étrangères et de l'opposition domestique a entraîné le passage d'un système à parti unique ou de la loi martiale à un système de multipartisme. Le Kenya en 1991, par exemple, vient à l'esprit.

Toutefois, même dans ces pays, les résultats ont été mitigés. Il saute aux yeux que récemment les gouvernements sortants ont conservé le pouvoir après des élections entachées de flagrantes irrégularités.

On peut soutenir que des élections multipartites, même imparfaites, créent plus d'espace démocratique que le maintien d’un système de parti unique. Mais tandis que les aides sous conditions ont eu un certain succès dans l'élargissement de l'arène électorale, elle a été bien plus inefficace dans la complexe tâche d'approfondir et de développer la démocratie et les institutions qui la soutiennent.

Dans son étude approfondie sur les aides étrangères et la promotion de la démocratie, Stephen BROWN de l'Université d'Ottawa conclut que "les autocrates" survivent souvent à la pression pour la démocratisation. La conditionnalité politique, telle qu'elle est actuellement appliquée, peut être contournée.

De nombreux gouvernements africains apprennent rapidement à faire le minimum de réformes nécessaire pour conserver leurs aides : en permettant aux partis d'opposition de faire campagne, mais pas de gagner ; en permettant à une presse indépendante de fonctionner, mais pas librement ; en permettant à la société civile de fonctionner, mais pas de manière efficace ; et de consentir à ce que les élections aient lieu, mais jamais de remplacer le parti au pouvoir.

Comme BROWN le souligne, les pays allant de l'Éthiopie à l'Ouganda ont mis en œuvre le strict minimum de réformes pour satisfaire les organisations internationales.

En tout état de cause, beaucoup trop de programmes d'assistance-démocratie sont techniquement biaisés et ne parviennent pas à évaluer si la démocratie a pris racine ou non. Trop souvent, les donateurs et les promoteurs internationaux de la démocratie traitent les symptômes plutôt que les causes, et n'ont pas d'expérience sur le terrain ou l'expertise nécessaire pour contrôler l'efficacité des institutions et de leur personnel.

Il y a eu un fort soutien aux États-Unis pour le principe de la conditionnalité et de la sélectivité qui a été placée au cœur de la Millennium Challenge Corporation, une initiative clé de l'Aide de l'administration BUSH. Elle fournit des critères objectifs – fondée sur la bonne gouvernance, une économie saine, et des politiques adressant la pauvreté – que le pays bénéficiaire doit satisfaire pour bénéficier d'une aide.

Malheureusement, la MCC a été critiquée pour avoir distribué de l'aide aux pays corrompus comme le Sénégal. Au moins la MCC a été relativement transparente dans son utilisation des évaluations de parties tierces, comme celles publiées par Freedom House. La MCC est peut-être une amélioration par rapport aux anciennes façons de dispenser de l'Aide mais il est important de noter que la MCC s’ajoute, plutôt qu'elle ne remplace, aux autres programmes d'aide.

L'approche de l’approfondissement empruntée par le leadership en Afrique frappe par son manque de considération pour la société civile.

Par exemple, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) de l'Union africaine qui a été lancé par les présidents THABO MBEKI de l'Afrique du Sud et OLUSEGUN OBASANJO du Nigeria, et les présidents ABDOULAYI WADE du Sénégal et ABDELAZIZ BOUTEFLIKA de l'Algérie en 2001.

Le NEPAD est une tentative d'obtenir davantage d’Aide internationale, un allégement de la dette, et de l'investissement en échange d'une amélioration de la démocratie et d’une bonne gouvernance.

Pourtant, ses actes fondateurs ne contiennent aucune référence à des formations politiques autres que les partis au pouvoir et les États. Cette omission explique probablement, en grande partie, le manque de succès du NEPAD dans la démocratisation de l'Afrique au cours des neuf dernières années.

Le retour de la présidence impériale

La section précédente conduit au défi central et peut-être le plus important de la démocratisation en Afrique : l'enracinement des élites politiques en raison de l'absence de contrepoids démocratiques et dinstitutions indépendantes.

La survie du "néo-patrimonialisme" ou de la présidence impériale, avec ses effets atrophiant sur la création de contrôles et d’équilibres démocratiques, demeure un obstacle majeur à une véritable démocratisation en Afrique.

Dans presque tous les pays africains, les améliorations dans les perspectives démocratiques générales doivent être nuancées par la survie, et souvent la prépondérance, du "néo-patrimonialisme", connu en Afrique sous la forme du leadership des "Big-Man".

Comme le professeur ghanéen H. KWASI PREMPEH l’écrit, "le nombre maximal de mandats présidentiels peut être limité en Afrique, mais en aucun cas ils n’ont été domptés… Ils ont émergé des récentes séries de réformes démocratiques avec leur puissance intacte… Il y a plus de libertés individuelles et plus d'espace pour l'opposition, mais les présidents africains continuent de contrôler les ressources et le népotisme, ce qui signifie que la capture et le contrôle de la présidence sont toujours l'unique ambition des politiciens africains"

Nous observerons ce phénomène à l'œuvre dans diverses proportions dans chacun des quatre pays spécifiques étudiés ci-dessous. Cependant, la plupart des pays africains continuent aujourd'hui de témoigner de la persistance de la domination présidentielle et l'absence de contrepoids démocratiques efficaces.  Les résultats peuvent varier dans chacun des cas, mais les causes semblent être communes.

Par exemple, très peu de transitions démocratiques en Afrique ont été caractérisées par des réformes constitutionnelles fondamentales. Les conférences constitutionnelles ont été dominées par des questions "d'accès", tels que des élections libres, la liberté des médias, la durée du mandat, et ainsi de suite.

La plupart du temps peu d'attention, voir aucune, a été accordé à l'établissement et l'approfondissement des contrôles et équilibres démocratiques.

Même dans les pays où un tout nouvel ordre constitutionnel a été créé, comme en Afrique du Sud entre 1992 et 1994, la création d'un cadre politique soutenu par une déclaration des droits, la séparation des pouvoirs, et la création d'institutions indépendantes se sont révélées très difficiles dans la pratique. L’écrasant poids politique de la majorité du parti nouvellement élu lui a permis de violer de nombreux édifices constitutionnels visant à lutter contre la surconcentration du pouvoir.

La persistance de la domination par un seul parti dans de nombreuses démocraties d'Afrique pour des raisons d'appartenance ethnique, ce que l’on a appelé "les dividendes de la libération", et à cause de la faiblesse de l'opposition a encore réduit l'efficacité des mécanismes constitutionnels et a permis aux dirigeants du parti majoritaire dans différents pays de détourner et d'abuser leur pouvoir.

En outre, l'expérience démocratique en Afrique est relativement nouvelle. En conséquence, les assemblées législatives et municipales et les gouvernements régionaux font souvent preuve d'une dépendance pathologique au Président et à son parrainage. Le contrôle de l'exécutif et la création de contre-pouvoirs ont donné jusqu'ici des résultats très mitigés. Il y a eu des cas récents de parlements africains faisant barrage au pouvoir exécutif.

Par exemple, en juillet 2008, le parlement du Kenya, maintenant contrôlé par l'opposition, a adopté une motion de censure à l'égard du ministre des Finances du président M. KIBAKI. En revanche, trois ans seulement avant le chef de la lutte contre la corruption dans ce pays, John GITHONGO, a été licencié lorsque ses enquêtes l’ont mené trop proches de la présidence.

Cette expérience l'avait amené à conclure que "une ère, débutant au milieu des années 1990 lorsque les gouvernements africains ont au moins essayé de prendre la corruption au sérieux, s’est terminée".

Le Nigeria, qui est devenu synonyme de corruption en Afrique, a fait subir le même sort à NUHU RIBADU, la tête de sa Commission anti-corruption. Après avoir été renvoyé en 2008 avant la fin de son mandat de sonder la corruption au plus haut niveau de l'État, il a qualifié le mode de gouvernance du Nigeria de "gangstérisme".

Il semble y avoir chez les forces de l'opposition peu d’enthousiasme pour la réforme de l'État et ses institutions. Au contraire, la plupart des militants de l'opposition poussant au changement politique en Afrique ont, selon PREMPEH, "été motivée par lobjectif à court-terme de former le gouvernement eux-mêmes". Il cite le cas du Ghana, où l'enthousiasme pour les réformes exigées par le New Patriot Party "a sensiblement diminué après avoir obtenu le pouvoir".

Le pouvoir judiciaire, dans de nombreux pays, a montré une grande amélioration depuis les années 1960. Dans de nombreuses juridictions, il a joué le rôle de contrepoids efficace contre les excès présidentiels.

Toutefois, l'expérience varie selon les pays et il semble toujours avoir beaucoup trop de cas où les tribunaux hésitent à s’en prendre au pouvoir exécutif.

La première Cour africaine des droits de l'homme et des peuples qui a siégé à Arusha, en Tanzanie, depuis juin 2008, est un développement inspirant l'espoir dans l'institutionnalisation d'une protection des droits de l'homme à l’échelle du continent.

Les compétences juridictionnelles de la Cour l'habilite à rendre des arrêts obligatoires pour toutes les parties, y compris les États signataires, qui violent la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Toutefois, seulement 24 des 53 membres de l'Union africaine ont ratifié le protocole d'Arusha et sont donc soumis à ses jugements. Malheureusement, les institutions panafricaines ont tendance à refléter, et dans de nombreux cas renforcer, les défauts démocratiques des États membres.

Par exemple, un rapport de 2008 par Amnesty International constate un déplorable "manque de volonté politique de s'attaquer aux violations des droits de l’homme qui, généralement, sont à l'origine des tensions et des hostilités politiques". Elle précise également que le Conseil pour la paix et la sécurité de l’Union africaine "échoué dans son mandat d’adresser la dimension des droits de l’homme dans les conflits armés en Afrique".

Une pléthore d'autres institutions et de chartes, y compris la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples de 1986 et la Commission et la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, continuent d'être inefficace à cause "d’obstacles politiques et financiers".

Il y avait de considérables anticipations que le mécanisme africain d’évaluation entre pairs (MAEP) du NEPAD, qui contenait des dispositions pour l'évaluation d'un bon gouvernement dans une tentative d’accroître l'aide internationale et l’investissement à l'Afrique, donnerait des résultats positifs. Malheureusement, les régimes les plus odieux, comme ceux du Zimbabwe et du Soudan, ont tout simplement choisi de ne pas participer au processus qui est, encore une fois, tout à fait volontaire.

Le gouvernement sud-africain a été largement accusé par ses opposants internes de marginaliser l'opposition et les groupes de la société civile du processus du MAEP. En conséquence, Ian TAYLOR de l'Université St. Andrews note que "le NEPAD restera un club pour les États africains et les Big Man qui les dirigent".

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Published by PatrickEric - dans Culture
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