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Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo

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DÉCLARATION DES PARTIS POLITIQUES DE L'OPPOSITION CONGOLAISE

Le Congo, notre pays, avait réalisé au lendemain de la Conférence Nationale Souveraine, des avancées très significatives qui consacraient un nouvel ordre politique fondé sur le pluralisme politique, la démocratie et le respect des libertés fondamentales.

En matière électorale, depuis plus d'une décennie, un système électoral opaque a été institué et a mis à mal la capacité des citoyens de pouvoir exprimer leur libre choix.
De ce point de vue, les derniers scrutins qui se sont déroulés dans notre pays donnent la preuve de la volonté manifeste des tenants du pouvoir de perpétuer et de mettre en œuvre, quel qu'en soit le prix, leur logique originelle de s’imposer par la force. Aujourd'hui, la République du Congo s'apprête à organiser une élection majeure :

L'élection du Président de la République
Conscients des risques de dérapage auxquels notre pays a souvent été exposé dans ces circonstances, les Partis de l'opposition Congolaise appellent l'attention du gouvernement sur l'impérieuse nécessité de créer les conditions d'organisation d'une élection libre, transparente et équitable, pour préserver le climat de paix encore fragile dans le pays, car, la paix et la sécurité figurent au nombre des préoccupations les plus pressantes du peuple Congolais, consécutivement aux traumatismes résultant du cycle infernal des crises et conflits d'ordre politique qui ont émaillé son passé le plus récent. L'organisation des élections dans la paix et le consensus devraient être l'une des préoccupations constantes du gouvernement.
Or, au lieu de cela, le pouvoir refuse avec obstination de créer les conditions d'une organisation consensuelle des élections. Il répète à ses partisans qu'il ne cédera jamais aux revendications de l'opposition relatives à la réalisation d'un recensement administratif spécial, à la mise en place d'une commission paritaire d'organisation des élections et à l'élaboration d'une nouvelle loi électorale.
Malgré les conventions internationales signées par le pouvoir lui-même, les recommandations de la Communauté internationale, de l'Union Africaine (à travers la Charte Africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance), de l'Union Européenne, de l'Organisation Internationale de la Francophonie, des Ligues des Droits de l'Homme, ainsi que ses propres aveux quant à l'inorganisation des scrutins depuis 2002, le pouvoir s'entête à vouloir en dépit du bon sens et de la raison, opérer un passage en force.

Pourtant, les récents scrutins de 2007 et 2008 ont cruellement souligné par leurs dysfonctionnements et leurs irrégularités la nécessité impérieuse d'améliorer le processus électoral pour l'élection présidentielle, élection majeure.
S'agissant du corps électoral, base essentielle de toute bonne élection, les listes que le pouvoir propose à la révision ont été élaborées à partir d'un fichier électoral manipulé, qui évalue le nombre des électeurs à 2.277.144. Or, le recensement général de la population, réalisé par le ministère du plan, évalue la population du Congo à 3.695.779 habitants. Sur la base de ce chiffre, le nombre réel des électeurs qui doit être au moins égal à la moitié de la population générale, peut être évalué à 1.847.789. Il s'ensuit qu'entre le nombre des électeurs donné par le Ministère de l'administration du territoire et le nombre réel des électeurs, il y a un écart de près de 500.000 voix.
Cette différence constitue le stock de sécurité que le pouvoir s'est constitué et à partir duquel, il prétend que son candidat va être élu dès le premier tour. Une telle proclamation est une chimère, car, aujourd'hui, dans tous les départements du Congo, l'écrasante majorité de la population réclame un changement profond.
Le pouvoir veut par ailleurs imposer la commission actuelle d'organisation des élections (CONEL), totalement à sa dévotion. La pratique a démontré que ce n'est pas la CONEL qui organise les élections, mais une administration partisane, mise en place par le ministre de l'administration du territoire.

Les Partis Politiques qui, au terme de la Constitution concourent à l'expression du suffrage universel, doivent compétir dans les mêmes conditions d'équité et de transparence. Aussi, la révision de la loi électorale en vigueur qui confie l'organisation des élections au ministre de l'administration du territoire et à l'administration, s'avère-t-elle indispensable. La nouvelle loi électorale doit créer une commission paritaire d'organisation des élections, dotée de la personnalité juridique et de l'autonomie financière et ayant pour missions, la réalisation des toutes les tâches inhérentes à une élection, à savoir :

- le recensement administratif spécial ;

- l'établissement et l'affichage des listes électorales ;

- la confection et la distribution des cartes d'électeurs et des bulletins de vote ;

- l'acquisition et la distribution des urnes ;

- l'organisation et le suivi du scrutin ;

- la formation des agents électoraux ;

- la centralisation et le traitement des résultats ;

- la publication des résultats ;

- la transmission des contentieux électoraux au juge constitutionnel.

Les Partis Politiques de l'opposition s'élèvent contre les méthodes d'autres temps, constituées par les montages de complots, les menaces et intimidations dont font actuellement l'objet leurs dirigeants et militants. Ils dénoncent les manœuvres militaires et la création anarchique des casernes où sont stockées des armes, toutes catégories confondues, pour des fins non avouées.
Les partis politiques de l'opposition, proclament leur attachement aux valeurs fondamentales de la démocratie qui consacrent la conquête du pouvoir par les urnes et uniquement par les urnes et la libre expression des suffrages.
Face à cette situation d'ensemble, les Partis Politiques de l'Opposition :

- Interpellent le Président de la République (qui du temps où il était lui-même à l'opposition, a exigé et obtenu du pouvoir de l'époque, la réalisation d'un recensement administratif spécial et la mise en place d'une commission indépendante d'organisation des élections), pour qu'il prenne ses responsabilités en suspendant la révision actuelle des listes électorales annoncée par le ministre de l'administration du territoire et en ordonnant l'application sans délai de l'engagement pris par son gouvernement d'organiser, non une consultation quelle qu’en soit la forme, mais un dialogue franc avec tous les Partis Politiques dont ceux de l'opposition sur les conditions d'organisation de l'élection présidentielle de 2009 ;

- Invitent le gouvernement à privilégier le dialogue et le consensus, qui ont toujours prévalu dans les grands moments de l'histoire de notre pays, et à assurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire national en procédant au ramassage des armes, explosifs et munitions de guerre en circulation partout dans le pays ;

- Invitent la Force publique (Fac, Police, Gendarmerie), à observer une attitude de stricte neutralité, car, la force publique a pour missions fondamentales de défendre l'intégrité territoriale et l'indépendance nationale, d'assurer la sécurité de personnes et de biens, de garantir le respect de la Constitution et de l'alternance démocratique ;

- Lancent un vibrant appel au peuple Congolais, à tous Patriotes et Démocrates afin de :

Se mobiliser pour faire échec aux complots montés par le pouvoir contre l'opposition et à défendre la démocratie Congolaise, aujourd'hui gravement menacée ;
Exiger du pouvoir, la réalisation, de façon consensuelle d'un recensement administratif spécial comme en 1997 pour déterminer un corps électoral fiable et la mise en place d'une Commission Paritaire, chargée de l'organisation des opérations pré-électorales et électorales relatives à l'élection présidentielle de 2009.

- Demandent à la Communauté internationale de bien vouloir accompagner le processus électoral au Congo en cours et de peser de tout son poids, pour amener le pouvoir de Brazzaville à modifier son attitude autiste.

Fait à Brazzaville, le 12 décembre 2008

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