Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
Cinq personnes sont incarcérées pour avoir détenu un document anti-BongoLe Gabon s'enfonce dans la crise
L'économie du Gabon largement dépendante de l'exploitation de ses ressources naturelles, notamment du pétrole, est actuellement confrontée à la chute des cours des matières premières et à l'épuisement de ses champs pétrolifères. Le Gabon, qui n'a pas réussi, en l'espace de 40 ans, à diversifier son économie vers les services, le tourisme, l'agriculture, la pêche et l'élevage et à développer ses infrastructures de base, subit par conséquent de plein fouet la crise économique mondiale.
La croissance du PIB (Produit intérieur brut) connaitra une baisse en 2009 pour s’établir à 2% contre une prévision de 3,4%, a annoncé jeudi à Libreville Régis IMMONGAULT, conseiller financier du ministre des Finances, à l’occasion de la clôture de la conférence gouvernementale sur la crise financière et les perspectives de l’économie Gabonaise.
La baisse est naturellement due à la crise financière internationale. Cette crise frappe durement les secteurs du bois, des mines et de l’agro-industrie. Au niveau du bois, la chute des exportations de grumes s’établit à 19,8% en fin septembre 2008.
Faute de commandes, la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG) n’a pas réalisé de vente aux mois de novembre et décembre 2008. La production connaitrait une baisse de 12,9% en 2009.
COMILOG, l’unique opérateur minier du pays a mis en congé technique pour 3 semaines entre décembre et janvier 2009, les deux tiers de ses 1 500 agents.
Dans ce contexte, la croissance du secteur hors pétrole est estimée à 2,9%. C’est son niveau le plus bas depuis 5 ans.
"Le Gabon serait même confronté à un besoin de financement si le prix du baril restait en deçà de 50 dollars", a prévenu M. IMMONGAULT. Le baril oscille actuellement entre 30 et 40 dollars.
"Il y a quelques mois, les opérateurs pétroliers nous disaient qu’ils ne pouvaient pas produire si le baril est en dessous de 80 dollars", a pour sa part révélé le ministre du pétrole, Casimir OYE MBA. L’ex Premier ministre n’a pas caché sa préoccupation suite à la chute continue du prix du baril de pétrole.
Il a fait remarquer que durant 2008, quelques 10 opérations sismiques ont été réalisées contre 3 seulement prévues en 2009. 15 puits de forage sont prévus contre 26 en 2008.
"Le Gabon, comme les autres pays, n’échappe pas aux effets de la crise financière et économique en raison de sa vulnérabilité aux chocs extérieurs", a conclu M. IMMONGAULT devant une assistance constituée principalement d’universitaires.
"Pour surmonter la crise, la seule volonté du gouvernement ne suffira pas. L’implication de tous les acteurs nationaux et l’appui des institutions financières internationales et organisations sous régionaux est indispensable", a-t-il suggéré en souhaitant que le gouvernement accélère la diversification de l’économie du pays.
Gabon - Les Syndicats de la CNSS entament une grève illimitée
Les syndicats de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) entament dès ce vendredi, une grève illimitée pour exiger, entre autre, le paiement des gratifications pour les 2007 et 2008 (13 mois) à tous les agents.
La décision a été annoncée jeudi à l’issue d’une assemblée générale ayant regroupé cinq syndicats de la CNSS. Ces syndicats ont indiqué qu’ils entraient en grève suite à la non satisfaction des préalables posés à la direction générale de l’entreprise, notamment la réhabilitation de deux médecins renvoyés et le retour de trois cadres blanchis par la justice.
En outre, les syndicats s’inquiètent de la situation de la société et de la dégradation de ses hôpitaux et dénoncent par ailleurs que le paiement des gratifications soit fait à la "tête du client"
Depuis une semaine, les syndicats de la CNSS à travers une propagande médiatique annonçaient déjà le dépôt d’un préavis de grève et critiquaient ouvertement la gestion de l’actuel directeur général Antoine YALANZELE.
En 2006, le syndicat Hippocrate, regroupant les médecins des hôpitaux de la CNSS avait déclenché une longue grève pour exiger la réhabilitation des plateaux techniques de ces structures.
La CNSS compte trois hôpitaux de référence. Il s’agit de la fondation Jeanne EBORI, l’hôpital Paul IGAMBA de Port-Gentil et l’Hôpital pédiatrique d’OWENDO (HPO), l’unique structure hospitalière du pays spécialisée dans les soins des enfants de 0 à 16 ans.
Gabon - Grève générale au ministère des eaux et forêts
Le syndicat national des professionnels des eaux et forêts (SYNAPEF), a déclenché un mouvement d’humeur vendredi pour exiger la satisfaction de 59 points qui constituent leur plate forme revendicative.
"On ne plus continuer à souffrir et à travailler dans les conditions de dénigrement quand on sait combien notre secteur apporte à l’économie du pays", a déclaré le vice président du SYNAPEF, Gervais André AWAGNET.
Les professionnels des eaux et forêts réclament entre autres des primes de transport et de logement, une répartition juste et équitable des primes et la revalorisation de leur statut de corps paramilitaire. Ils exigent aussi une harmonisation de salaires, le point qui fait capoter les discussions entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation nationale.
"Si certains points relèvent de l’intervention de l’appareil gouvernemental dans son ensemble, d’autres par contre sont directement liés à la tutelle", a précisé M. AWAGNET
Parmi les points relevant de la responsabilité de la tutelle, les grévistes ont noté par exemple le manque de cartes professionnelles et d’uniforme pour les agents.
"L’on se demande si c’est un oubli ou du mépris de l’administration à notre endroit", a-t-il ajouté. "Si d’ici dix jours rien n’est fait, nous allons déclencher un mouvement d’usure", a conclu le vice président du syndicat.
Créé en 1998, le SYNAPEF n’a jamais organisé une grève aussi sévère que celle-ci.
L’entrée principale du ministère est barricadée. Les conseillers et autres cadres du ministère ont garé leur véhicule le long du boulevard triomphal. Des banderoles trônent sur les murs de la barrière du ministère pour annoncer la grève alors que le personnel est entassé dans la cour chantant et dansant pour faire entendre leurs revendications.
La grève intervient au moment où la filière bois est sévèrement frappée par la crise financière internationale. Le manque de commandes a provoqué une chute de la croissance. En novembre 2008, la croissance s’est située à -10,7% contre 10 en 2007.
En volume, ces exportations sont passées de 1,771 millions de m3 à 1,582 millions de m3. Les destinations les plus touchées sont l’Inde et la France, avec respectivement des contractions de l’ordre de 55,8% et 38%, selon les statistiques du ministère.