Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
En Afrique, les coups d’États se suivent. Certains sont à l’origine de réelles démocraties (Mali avec ATT, Ghana avec Jerry RAWLINGS), de tentative de lancement de démocratie (Mauritanie avec Ely OULD Mohamed VALL, mais vite stoppée après une belle élection présidentielle), d’autres accouchent d’authentiques dictatures qui remplacent des expériences démocratiques malheureuses (Congo Brazzaville avec le Général Dénis SASSOU NGUESSO), et souvent des dictatures succèdent à des dictatures (Guinée avec LANSANA Conté). Le putsch du capitaine Moussa DADIS CAMARA en Guinée accouchera t-il d’une véritable démocratie avec alternance politique pacifique comme au Mali, au Benin, au Ghana, au Sénégal ? L’histoire tranchera. Mais c’est bien en liesse que le peuple Guinéen est descendu dans les rues pour fêter la fin d’un pouvoir qui disait que "le peuple voyait son bon travail". Comme quoi la vérité d’un pouvoir n’est pas toujours celle d’un peuple ! Ce qui est triste, c’est que Conté a détruit et il est parti. Ce n’est plus son problème. Le peuple est resté avec ses souffrances ! Combien d’années faudra t-il pour redresser la barre et assurer un devenir convenable à la patrie ?
Comme j’aime à le dire pour mon pays : Quand les hommes politiques passeront, le Congo restera, mais dans quel état ?
Il ne faut donc pas attendre qu’il soit parti pour mettre en échec un leader politique dont le fiasco de l’action est visible. La barre doit être redressée et la machine relancée. Le pays nous appartenant à tous, le mieux c’est de le faire ensemble. Le schéma imposé par la junte au pouvoir en Guinée, qui passe par une transition et des élections consensuelles, pouvait être appliqué depuis des années si Conté n’était pas imbu de sa personne, s’il ne se prenait pas pour la Guinée. Que du temps perdu pour ce pays !
C’est le même schéma que le Front Républicain pour la Relance de la Démocratie (F2RD) a proposé au peuple Congolais à travers le mémorandum pour une Concertation Nationale Inclusive. Il nous faut redéfinir ensemble la trajectoire de notre pays. La Concertation Nationale Inclusive définira les contours d’une transition qui prépare et relance la machine Congo par des élections dignes du 21e siècle (Exemple du Ghana). C’est ce que le F2RD propose.
Le Général Dénis SASSOU NGUESSO a rejeté l’idée ? Qu’à cela ne tienne, SASSOU NGUESSO n’est pas le Congo. Le Congo nous survivra tous, comme la Guinée a survécu à LANSANA Conté.
Dans ces conditions, que pense le peuple Congolais de l’idée d’organiser une Concertation Nationale Inclusive pour remettre le pays sur la bonne voie ?
Il faut quand même de temps en temps lui demander son avis ! Qu’est-ce qui est mieux pour le pays : relancer la démocratie ou participer à des élections truquées et gagnées d’avance par un régime sourd aux revendications les plus élémentaires ?
Le peuple Congolais n’est pas un troupeau de moutons qu’on conduit à la chicotte et à qui on assène des phrases du type : "Nous savons tous qu’en Afrique, et dans notre pays particulièrement, les élections sont des moments dont rêvent des agitateurs et des trublions impénitents pour créer le désordre, semer le trouble et susciter la violence" (Message des vœux du Général Dénis SASSOU NGUESSO).
Qui sont ces agitateurs et trublions impénitents ? L’opposition politique ? La société civile ? Les institutions religieuses ? Qui toutes, demandent des élections transparentes et crédibles pour le bien du pays ?
Si le Général Dénis SASSOU NGUESSO croit faire peur avec des telles envolées, il se trompe. Et s’il pense que parce qu’il y a eu une guerre civile il y a 11 ans, que les Congolais ont choisi, par peur, d’être des esclaves dans leur pays, il se trompe. En tout cas, peuple Congolais, je le dis comme je le ressens du plus profond de moi-même, nous avons vraiment besoin de vivre un nouveau consensus national comme en 1991 avec le Conférence Nationale Souveraine. Le Général Dénis SASSOU NGUESSO nous conduit droit dans un mur.
Il nous sort le discours sur la paix, la sécurité et la stabilité pour faire peur, pour traumatiser. C’est une insupportable imposture. Le scénario qui a suivi la mort de LANSANA Conté, met en lumière l’escroquerie politique autour des mots paix, sécurité et stabilité pour se cramponner au pouvoir. Pendant les 24 ans de son règne absolu, LANSANA Conté a dirigé dans une sorte de Paix, de sécurité et de stabilité. Mais on peut constater que cela n’a permis ni le développement ni la démocratie en Guinée. Et, Cela n’a pas empêché non plus un coup d’État.
Donc la longue durée d’un dictateur à la tête d’un État n’est pas synonyme d’une véritable et durable paix. On ne bâtit pas une véritable paix sur l’injustice, la paupérisation d’un peuple, l’intimidation, la violence, les arrestations arbitraires, les détentions sans jugement et sans réparation, les privations, les interdictions de réunion et de meeting, les tentatives de bâillonnement de l’opposition, le musèlement des syndicats (trêve sociale éternelle), etc. L’Histoire du monde nous a assez montré des peuples en liesse après la chute d’un régime pour ne pas se laisser berner par ces fausses paix, ces sécurités en trompe l’œil et ces stabilités à coup de truquage.
Ce qui devient aussi incompréhensible, c’est le manque de discernement de la Communauté Internationale. Elle aussi parfois oppose les mots paix, sécurité et stabilité aux démocrates Africains qui veulent faire avancer leur pays. Elle tolère ainsi des régimes impopulaires. C’est comme si pour qu’il y ait paix, sécurité et stabilité il faut un dictateur à la tête d’un État Africain. C’est comme si une alternance politique pacifique serait incompatible avec la paix, la sécurité et la stabilité. Est-ce que parce qu’il n’y a pas de dictateur au Ghana, au Bénin, en Afrique du sud, au Mali et au Sénégal, il n’y aurait pas de paix, de sécurité et de stabilité dans ces pays ? Piégée par cette position de principe, la communauté internationale entérine souvent ce discours qui lui est vendu par certains Présidents qui ont peur de la démocratie. Et dans certains cas, elle oblige au retour à l’ordre constitutionnel alors que les régimes déchus ne respectent pas leurs constitutions taillées sur mesures et n’ont pas la légitimité du peuple souverain parce que les élections sont des véritables mascarades. Donc revenir à l’ordre constitutionnel c’est parfois perpétuer un régime vomit par le peuple.
La communauté internationale se rend ainsi coupable de la non survenue de véritables et durables paix, sécurité et stabilité dans nos pays d’Afrique.
Je le dis, l’alternance politique pacifique consolide la paix, la sécurité et la stabilité du pays alors que la dictature, elle, exacerbe la haine et, est un ferment des violences à venir. Je n’accepte pas ce fallacieux discours sur la paix, la sécurité et la stabilité. Nul part il est écrit que nous préférions vivre dans la misère pourvu que nous ayons la fausse paix, la fausse sécurité et la fausse stabilité.
Bien sûr, la paix, la sécurité et la stabilité du pays sont indispensables au développement. Mais il s’agit des vraies. Elles sont au service du pays, non au service d’un pouvoir. Elles servent le développement, non la misère du peuple. Elles doivent aller avec le bien être du peuple. Elles ne se décrètent pas. Elles se construisent. Il faut la participation active, consciente, volontaire de tout le peuple. Les peuples qui se sont soulevés au Kenya et au Zimbabwe sont pauvres et délaissés. Quelles paix, sécurité et stabilité a-t-on construites dans ces pays ?
Le régime de Brazzaville, sous couvert d’élections bidonnées, a verrouillé en nommant des préfets, sous-préfets, maires, administrateurs maires, président des Conseils départementaux des membres du seul RMP, parti au pouvoir, dans un pays où, dit-on, la démocratie et la décentralisation sont en marche ! Ces Préfets, sous-préfets et administrateurs-maires sont les présidents des commissions locales d’organisation des élections, commissions à presque 100% RMP. La communauté internationale doit se pencher sur le cas Congolais. Il faut prévenir, parce qu’on assiste à une véritable provocation du pouvoir contre le peuple.
Car peut-on vouloir une paix sans un dialogue formel avec l’opposition politique ? Alain AKOUALA ATIPAULT nous a dit, sans rire, que le dialogue avec l’opposition est "permanent" et que le pouvoir veut faire comme en France où c’est le gouvernement qui organise les élections. N’insultons pas l’intelligence de monsieur Alain AKOUALA, même si lui ne prend pas des gans pour insulter la nôtre. Y’a t-il une constitution inique en France ? Y ‘a t-il quelqu’un qui conteste les listes électorales en France ? Les Commissions locales en France sont-elles composées et dirigées que des seuls membres du parti au pouvoir ? Est-ce que le Ministre de l’intérieur en France peut-il rendre public des résultats qui sont totalement différents des votes émis et validés dans les bureaux de vote ? Pas de comparaison possible entre le Congo et la France.
En outre, le sieur AKOUALA sait bien ce que veut dire un dialogue au sens politique du terme. Pour lui rafraîchir la mémoire le Général Dénis SASSOU NGUESSO en a organisé un en 2001 dit "Dialogue national sans exclusive". BOZIZE vient d’en organiser en présence de son rival Ange Félix PATASSE.
Dans le contexte du Congo Brazzaville, le F2RD insiste pour une véritable Concertation Nationale Inclusive impliquant toute la composante nationale (classe politique, société civile et les institutions religieuses) pour relancer la démocratie et construire des vraies paix, sécurité et stabilité. Ce qui dépasse le simple dialogue des partis. La classe politique doit se réconcilier avec le peuple (Abstention massive aux élections, manifestation publique de colère). On ne peut pas relancer un pays sans adhésion du peuple. Le schéma proposé par le F2RD est la voie de la solution durable pour notre pays. Mais la voie qui passe par une organisation autoritaire des élections, qui emprisonne les opposants pour délit d’opinion (Gilbert SOUNGUISSA MOULANGO), qui tente des kidnappings politiques (Marion MADZIMBA EHOUANGO) est la voie "des agitateurs et des trublions impénitents" du pays.
Arsène BIKOUE 1er Vice - Président du RFD