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Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo

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Un clin d’œil à la Diaspora du Congo Brazzaville

Les conditions sont aujourd’hui réunies, au Congo Brazzaville, pour que les masses se lancent à l’assaut des palais nationaux, brisant ainsi leur soumission à l’ordre social injuste que leur impose la minorité nantie au pouvoir.

Pourtant rien ne bouge. Chômage endémique, misère sociale sordide, délitescence, carence aigue des services publics, explosion des maladies infectieuses, banalisation de la mort, sévère pénurie de tout…la gangrène enfle sans que le corps social ne convulse. Paradoxe étrange.

On peut indexer le traumatisme et la psychose nés des guerres successives qui alimentent aujourd’hui encore l’autocensure et la résignation.

On peut stigmatiser à dessein l’absence de conscience critique de cette masse nombreuse qui accepte d’être inféodé aux caprices prédateurs de ceux qui ont confisqué le pouvoir.

On peut blâmer la perfidie des quadras et des quinquas en mal d’exil qui sans vergogne ont rejoint le clan SASSOU et œuvre désormais pour le statu quo.

On peut ironiser sur l’atonie d’une opposition nationale presque aphone qui se débat pour enfiler un habit trop étroit. L’exégèse demeure incomplète. Le propos n’est pas au cœur du problème.
En effet, une société bloquée ne peut trouver, par son seul élan intérieur, les moyens de briser le cercle vicieux de la régression sociale. Une société saignée à blanc, anesthésiée à triple dose et précipitée dans un coma profond ne peut plus réagir. Rien ne bouge au Congo Brazzaville parce que le corps social est dans un état végétatif. Un choc extérieur d’une violence rare lui est nécessaire pour que de la routine s’échappent enfin les conditions permissives du changement. D’aucuns parleraient de révolution, d’autres de rupture, moment magique d’insurrection générale où les langues déliées, les énergies libérées et les libertés retrouvées mêlent le rêve et le réel. Une alchimie qui donne aux plus ivres de justice la force d’imposer et d’incarner la vision d’une autre société plus juste et plus prospère.
Pour que l’histoire embraye ainsi sur le changement, il faut que le chant qui libère résonne plus fort que le bégaiement saccadé des griots du pouvoir, mais aussi que tous ceux qui ont une vraie passion pour l’avenir œuvrent à l’unisson pour faire sauter les deux verrous suivants :

  • L’obscurantisme dans lequel sont plongés les esprits sur tout le territoire national du fait du silence coupable des prétendus intellectuels et de l’inorganisation de la société civile.
  • L’incapacité de la Diaspora Congolaise d’être porteur d’un projet politique unitaire de transformation de la société. C’est dans cet esprit, qu’à mes yeux, l’intellectuel a la mission historique d’éclairer l’opinion, d’alimenter l’indignation, d’éveiller la conscience critique, de dessiner les contours de la société alternative, et de faire la pédagogie du changement, par l’exemple et la démonstration, la mobilisation et l’action collectives.  

    C’est à la Diaspora Congolaise d’initier ce mouvement, car elle a l’avantage d’être à l’abri de la violence politique qui sévit au Congo Brazzaville Elle peut aussi plus aisément s’inspirer des formes d’actions collectives qui se développent en Occident et utiliser les instruments de la coopération internationale pour créer un réseau de soutiens crédibles.

    Ce mouvement doit s’articuler au tour de deux objectifs intermédiaires :
La décontamination des esprits et la mobilisation des moyens de l’action

A. Florent BISSINGOU
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