Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
Loin d’être une solution, l’élection présidentielle, prévue courant juillet 2009 est un problème supplémentaire qui s’ajoute à la liste déjà longue des ceux auxquels notre pays se trouve confronté ; elle ne saurait être perçue comme une réponse aux maux dont il souffre. Il est urgent de résoudre ce problème car l’élection qui dotera notre pays de nouveaux dirigeants pour les prochaines années est une question qu’on ne saurait aborder avec légèreté, hypocrisie et magouilles.
Le succès ou l’échec de l’organisation de cette élection marquera selon le cas, l’histoire de notre pays en raison de l’immense espoir qu’il suscitera ou du désespoir qu’il engendrera. L’immense espoir que nous plaçons dans cette élection nous interdit de faire preuve de légèreté et de compromission dans l’engagement en vue de la tenue d’une élection crédible.
Sans langue de bois et en toute responsabilité, nous appelons à un report de cette consultation électorale car en l’état, les conditions d’un scrutin transparent et apaisé ne sont pas remplies. Pour illustrer le propos, nul n’imagine pouvoir régulièrement battre campagne dans la région du Pool. La difficulté d’assurer le transport voyageur du CFCO témoignage de la grande complexité du problème de la circulation des personnes et des biens dans cette région.
Construire un CONGO, LIBRE et PROSPERE est le défi que tous les fils et filles de notre pays doivent relever ensemble avec volontarisme et détermination. On ne saurait le faire sans se débarrasser préalablement de tout ce qui constitue intrinsèquement des freins à son développement.
Notre pays miné par de nombreux foyers de tensions ne peut se permettre indéfiniment, par peur ou par commodité, de refuser de revisiter son histoire et de vider des lourds contentieux qui au demeurant sont des secrets de polichinelle. Tout se sait sur ces contentieux.
De l’assassinat du Président Marien NGOUABI jusqu’au au procès inique des innocents à qui le pouvoir de l’époque a fait porter la responsabilité de ce forfait, en passant par le massacre des personnalités qui a suivi ce tragique évènement.
Du massacre des populations du sud de BRAZZAVILLE en décembre 1998 aux crimes économiques, en passant par les disparus du Beach, ce sont autant de contentieux dont notre pays ne saurait faire l’économie de vider ; devoirs de vérité et de mémoire obligent.
Vider ces contentieux demande du courage car il s’agit d’une sorte d’initiation qui aura pour effet de créer les conditions d’une sincère réconciliation qui passera par le pardon, à cela près qu’on ne pardonne qu’à celui qui avoue lorsque l’aveu s’accompagne d’un repentir sincère.
Cette action cathartique suppose une capacité de remise en cause du personnel politique Congolais de tous bords qui a failli pendant un demi siècle, en confisquant les LIBERTES FONDAMENTALES des citoyens, en travestissant la vérité et en érigeant le mensonge en vérité d’Etat, en piétinant les valeurs morales qui donnent un sens à la vie, en rejetant le principe d’une alternance démocratique.
Reconstruire le lien social, le vivre ensemble dans notre CONGO défiguré et outragé est un préalable avant de parler d’élections car la question de l’élection est indissociable de celle des institutions. En effet, au delà des contentieux ci-dessus évoqués, une élection faite dans le cadre institutionnel actuel conduirait à une impasse politique d’où la nécessité de la tenue de la Conférence Nationale Souveraine, qui dans sa souveraineté illimitée est le seul organe à même de décider de l’abrogation de la Constitution de 2002 et de la réhabilitation de la Constitution de 1992.
La Conférence Nationale Souveraine, devra acter entre autre :
- de la dissolution de toutes les milices actives et dormantes.
- de l’adoption d’un programme de réinsertion des ex-combattants.
- de la dissolution de tous les partis politiques existants.
- de l’adoption du pricinpe de la création de 2 partis politiques d’envergure nationale bénéficiant d’une dotation publique.
- de l’adoption du principe visant à ériger le tribalisme sous toutes ses formes en délit pénal sévèrement sanctionné.
La Conférence Nationale Souveraine, devra engager une réflexion profonde sur les raisons qui ont conduit notre pays en 1997, à perdre les LIBERTES conquises en 1991 à la Conférence Nationale Souveraine et faire toutes préconisations utiles pour éviter à l’avenir que les LIBERTES FONDAMENTALES ne soient de nouveau confisquées.
La Conférence Nationale Souveraine, devra engager une réflexion profonde visant à dresser un bilan sommaire de 50 ans d’indépendance de notre pays et adopter une résolution visant à promouvoir l’émergence d’un nouveau personnel politique.
Comme tous les peuples épris de liberté, les Congolais ont le droit de rêver d’une vie faite de bonheur .Tous ensemble disons qu’une vie faite de bonheur est à notre porté et que c’est possible. Ne plus avoir de rêve c’est mourir déjà.
Pour passer du rêve à la réalité, nous devons emprunter la voie de la Conférence Nationale Souveraine, pour nous purger des démons qui hantent notre vie publique ; pour débarrasser les bourreaux d’hier de la peur qui les rend encore plus inhumains ; pour offrir des perspectives qui en dépit de tout consolideront l’unité nationale. La réconciliation nationale sera la résultante de la conjugaison du repentir et du pardon. Nous devons tous apprendre à taire nos passions pour qu’au final il n’y ait ni vainqueur ni vaincu mais un CONGO, debout, réconcilié avec lui-même.
Il y’a devant l’Histoire des combats qui par essence sont perdus. Le pouvoir a perdu car les temps ont changé. Pour notre part éconduisons le pouvoir sans nécessairement l’humilier. Pour le reste le temps fera son œuvre.
Nous savons que le pouvoir n’entend pas donner suite à cette revendication légitime exprimée par le plus grand nombre des Congolais. Pour autant, ce n’est pas parce que le pouvoir n’en veut pas que le CONGO n’en n’a pas besoin.
Les intérêts du pouvoir ne sont pas ceux du CONGO, il en a suffisamment apporter la preuve. Le seul intérêt du pouvoir, c’est le pouvoir. L’intérêt du CONGO c’est : la paix, la stabilité, le progrès et la justice.
De tous ceux qui nous ont précédés, nous sommes bon gré, mal gré solidaires. Nous ne sommes pas au début de l’Histoire du CONGO, nous en sommes successeurs et devons, sous l’ombre de la fresque misérabiliste que nous renvoi l’état de notre CONGO, celui d’un pays sans ambition, exercer un droit d’inventaire. Nous sommes à la croisée des chemins et affirmons notre volonté de construire notre pays confisqué par des compatriotes dépourvus d’esprit nationaliste. A quoi sert-il de vouloir avancer lorsqu’on ne laisse derrière soi que champs de ruines, misère et désolation. Pourquoi s’obstiner là où on a échoué ?
La multitude des candidats à l’élection présidentielle est le signe que l’opposition Congolaise n’est pas prête à livrer bataille pour gagner mais pour, inconsciemment ou sciemment, faire de la figuration et boucler la boucle (consciemment) par des compromissions qui feront du CONGO "le dindon de la farce". Nous invitons l’opposition Congolaise à faire preuve de responsabilité et de retenue. Il ne s’agit pas d’aller à la bataille à tout prix et n’importe comment. A défaut, les Congolais vous tiendront comptables de votre amateurisme. Il s’agit au terme du mandat du président SASSOU de créer les conditions d’une alternance démocratique pacifique et transparente.
En l’état, les conditions de cette consultation n’étant pas remplies, la multiplication des candidatures est un signe de faiblesse, tout comme l’est la revendication minimaliste de l’organisation d’une concertation qui n’aborderait que les questions liées à la régularité du scrutin.
Nous demandons au pouvoir d’accepter la main que les Congolais tendent. Cette invitation au dialogue est la seule chance pour le CONGO.
Exigeons de toutes nos forces la tenue de la Conférence Nationale Souveraine qui sera l’arbre à palabres sous lequel nous laverons notre linge sale en famille. L’erreur est humaine, persévérer dans l’erreur est diabolique.
Bernardin BAKOUA-BATANGOUNA
Docteur en Droit, Diplômé de la Faculté de RENNES
AVOCAT A LA COUR