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Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo

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Me MOUDILENO MASSENGO : Un Scrutin Déjà Piétiné (Version Originale)

Congo-Election Présidentielle 2009

 

CONFERENCE –DEBAT A PARIS

Le Samedi 28 Février 2009-Espace Reuilly

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Discours d’ouverture de Me MOUDILENO MASSENGO

   

Un scrutin déjà piétiné

 

CONFERENCE – Débat du Samedi 28 Février 2009

 

Thème : Le régime de Sassou Nguesso peut-il organiser, dans la paix et la transparence, le scrutin présidentiel prévu au mois de Juillet 2009 ?

Discours d’ouverture de Maître Moudileno Massengo


            Chers compatriotes, chers amis du Congo,

            Je suis heureux de vous rappeler que nous nous sommes retrouvés dans cette belle salle, pour la dernière fois, au mois de septembre 2008.

            Le thème de notre réunion portait sur l’attitude à tenir face à l’élection présidentielle qui était alors à plus de 8 mois devant nous.

Je soutenais devant vous, au nom de ceux qui réfléchissent avec moi de longue date, que poser ainsi le problème était le prendre à un niveau moindre depuis le temps qu’il brille, dans notre pays, à une échelle plus élevée.

Je vous disais que, pour nous, 2009 et son scrutin présidentiel, n’étaient pas, ne représentaient pas vraiment un grand sujet de réflexion. Que le grand sujet de réflexion et de débat majeur était et demeure la perte, à partir de 1992, des acquis de la Conférence nationale de 1991, leur triste disparition à la manière du bonheur du paradis terrestre, une fois qu’Adam et Eve s’étaient laissés aller à manger le fruit interdit.

Je vous disais que notre drame trône sur deux socles de détresse :

     1°/ La trahison progressive, par Lissouba, Kolelas et Sassou, des acquis de la belle Conférence nationale souveraine de 1991, à travers notamment l’invasion de la Constitution de 1992 par l’ivraie des guerres civiles.

     2°/ L’orientation de sa victoire, par le vainqueur final de ces guerres, Sassou Nguesso, dans le sens d’un pouvoir personnel, au lieu d’en faire un moment de rassemblement de tous, de réconciliation nationale. Non, Sassou Nguesso n’a pas été capable, comme Octave, d’inviter tous les cœurs à la paix, d’être Auguste.

Je vous disais qu’au lendemain de sa victoire de 1997, Sassou n’a fait que continuer la politique qui l’avait amené à vouloir réduire la Conférence de 1991 aux dimensions d’un Dialogue partisan c’est-à-dire réunissant quelques partis choisis par lui ; politique qui l’amena ensuite, en 1992, à rompre l’alliance avec Lissouba et offrir ses services  à l’aveugle Kolelas Bakana ; à ériger la guerre civile, soutenue de l’étranger, en moyen suprême de reconquête du pouvoir.

Je vous disais que la Constitution de 2002, terme de la montée de Sassou au pouvoir n’est rien d’autre qu’une loi de vainqueur, qu’elle représente par conséquent le Congo immobilisé dans le triomphe du 15 octobre 1997. C’est-à-dire la démocratie profondément blessée au cours de la période des guerres civiles puis jetée, après ce 15 octobre, dans une triste vallée de mort, comme ossement sans nerf, sans chair, sans espoir de vie ou de résurrection (Ezéchiel, 37).

Je vous disais que c’est à partir de cette vallée d’ossements et à partir de là seulement, qu’il fallait rêver au retour à la vie, et non à partir de la Constitution de 2002, véritable dalle ou lourde épée suspendue au-dessus de nos os.

J’insistais pour vous montrer le temps perdu par l’opposition à réclamer, à espérer, à attendre la levée, la naissance, du sein de cette Constitution, d’un souffle, d’une institution qui redonnerait vie et vitalité à la démocratie dans notre pays, à savoir une Commission électorale indépendante. Celle-ci n’est jamais venue. Pire, celui qui devait l’inscrire dans la loi, c’est-à-dire Sassou Nguesso, vient d’installer aujourd’hui, à sa place, une autre force : la Force publique, c’est-à-dire l’Armée, la Gendarmerie, la Police et les autres Forces de sécurité spéciales. Spéciales c’est-à-dire invisibles.

Oui, ce sont elles qui assumeront la responsabilité du bon déroulement du scrutin présidentiel de Juillet prochain. Le Gouvernement qu’il dirige ayant trop échoué à cette tâche ou à ce niveau depuis le Référendum Constitutionnel de 2001, l’élection présidentielle de 2002, les législatives de cette même année, celles de 2007, etc.

C’est bien et même très bien d’avoir ainsi publiquement montré qu’il ne parvient pas à installer de bons Gouvernements au Congo. En clair qu’il les choisit mal, car c’est lui et lui seul qui nomme souverainement les ministres et les « hauts responsables » au Congo.

L’incapacité du Gouvernement ainsi démontrée démontre ipso facto son incapacité à lui, Sassou, de choisir celui qu’il faut à la place qu’il faut.

Ceci dit , ce n’est pas la façon dont Sassou a sanctionné son Gouvernement qui nous intéressera ici. Mais plutôt celle choisie pour trouver une force de remplacement.

Nous allons donc laisser le gouvernement à son triste sort pour nous intéresser à l’instrument de substitution choisi par Sassou.

Chers compatriotes, chers amis,

            Je tiens à vous assurer que notre réunion de ce jour ne se trouve pas, de ce fait, privée d’un sujet de réflexion légendaire (l’incapacité des gouvernements de Sassou) mais largement, oui très largement enrichie d’un autre, tout aussi préoccupant. Car la place du Gouvernement a été cédée, tenez-vous bien, à l’armée. C’est donc la question des lendemains que peut réserver à notre pays cette inattendue violation de sa Constitution par Sassou qui nous préoccupera aujourd’hui. Des lendemains forcément inquiétants car d’un acte illégal ne découle jamais directement du bien. Des lendemains forcément multiples car le désordre est père des choses qu’on ne peut pas strictement prévoir. Cependant devant celui que vient de créer Sassou Nguesso, on n’a pas besoin d’attendre des jours, mieux les jours à venir, pour affirmer l’existence de deux conséquences indiscutables. De deux conséquences déjà nées, qu’on peut donc mettre en discussion et juger comme choses déjà advenues, établies, réelles, évidentes.

La première c’est le grand désaveu public, par Sassou lui-même, de sa Constitution de 2002. Que dis-je ? C’est l’écroulement, l’effondrement comme chose devenue caduque, de sa Constitution. Confier une responsabilité d’ordre ou de nature gouvernementale à une instance qui n’a pas vocation à l’assumer c’est, non seulement violer la loi en la matière mais la nier, l’abolir, la répudier, la mettre entre parenthèses, sous le boisseau. La Constitution de 2002,elle est plus violée qu’appliquée. Elle est toujours violée par son géniteur. Notamment en ses articles qui traitent du serment présidentiel, du respect de la personne humaine, de l’interdiction de la torture, de la liberté de l’information, du droit à l’éducation et à la santé, du droit syndical, de la morale et des valeurs républicaines, de l’obligation pour tout citoyen nommé à une haute fonction de déclarer son patrimoine avant la prise et après la cessation de celle-ci, de l’obligation du Président de la République d’occuper une résidence officielle, de l’incompatibilité du mandat présidentiel avec des fonctions au sein d’un parti politique, de la non utilisation de la Force publique à des fins politiques et personnelles. N’est-ce pas toute la Constitution qui est ainsi sérieusement ébranlée ?

Bref , la profonde blessure ou déchirure qu’elle vient de subir en fait un texte complètement en lambeaux, totalement caduc, juridiquement et moralement sans valeur comme ayant été tacitement abrogé par son garant, violeur impénitent. En 2003, le Général Ngouélondélé Mongo avait dit : « Il n’y a plus d’armée au Congo ». On peut ajouter aujourd’hui : « Il n’y a plus de Constitution respectée au Congo ».

Un pays sans Constitution respectée peut-il aller à une consultation électorale et une consultation de la taille et valeur de celles du scrutin présidentiel ?

La Constitution de 2002 vient de s’effondrer sous le poids de son dernier grand viol. Oui, retenez bien la date et l’heure auxquelles ce grand viol a eu lieu : 31 décembre 2008, dans la nuit. Lieu : Mess des Officiers.

La Presse en a rendu compte dans les termes suivants : « Tout le gratin du Haut Commandement et des responsables des différents Corps de la Force Publique étaient au réveillon d’armes (à savoir) : le Chef d’Etat-major des Forces armées : le Général de division Charles Richard Mondjo ; le Commandant de la Gendarmerie : le Général de division Gilbert Mokoki ; le Directeur général de la Police nationale : le Général de brigade Jean-François Ndéngué ; le ministre à la Présidence chargé de la Défense : le Général de division Jacques Yvon Ndolou ; le ministre de la Sécurité et de l’Ordre public : le Général de division Paul Mbot. »

Des Généraux. Mais pas n’importe quels Généraux. Ceux cités ci-dessus sont tous originaires du Nord c’est-à-dire de la même région que Sassou Nguesso. Celui qui réfléchit honnêtement comprend tout de suite que la Force publique en place au Congo, depuis le retour de Sassou au pouvoir en 1997, n’a pas le caractère d’une force publique nationale. Non la Force publique n’est pas nationale ni par les hommes qui la composent ni par les idées qui prévalent au recrutement de ces derniers.

C’est la deuxième réalité que vient de mettre en évidence ou rappeler ou confirmer la décision du 31 décembre dernier. Une réalité qu’un des grands guides – aujourd’hui disparu – du pouvoir de Sassou post-conflits armés avait ponctuée, sans hésitation ni nuance, à la veille de la mise en place de la Constitution de 2002, dans les termes suivants : « Dialoguer avec les vaincus c’est trahir les morts ? » Les morts qui seraient trahis sont bien sûr, ceux du camp vainqueur. Les seuls qui soient tombés au champ d’honneur, pour une cause juste, sacrée. Tandis que ceux du camp adverse vaincu sont à rejeter vers les ténèbres extérieures, à exclure du grand et superbe mausolée de l’histoire. Les morts de l’autre camp n’ont droit à aucun souvenir, à aucune cérémonie, à aucune prière.

Non, la Force publique qui s’est vue confier la responsabilité du prochain scrutin présidentiel ne sera pas plus apte à l’assurer correctement que l’équipe civile dirigée hier, pour la même tâche, par M. François Ibovi, de même « territoire biologique » que Sassou. « Même terroir biologique que Sassou » pour reprendre les termes de M. Bruno Richard Itoua, parlant de la ville d’Ollombo, proche de celle d’Oyo, l’ancien village natal de Sassou devenu Oyo-ville. En attendant d’être appelée peut-être Sassou Nguessoville. M. Bruno Richard Itoua a, par ces termes, expressément demandé aux habitants d’Ollombo de voter 100 % pour Sassou en 2009.Pour lui, Démocratie doit tout de suite rimer avec biologie, ethnie et citoyen avec membre d’un même clan, et Congo avec Oyo, Ollombo etc.…..

Oui, dans son état actuel, l’armée assurera l’organisation du prochain scrutin électoral dans le même état d’esprit que l’équipe civile Ibovi parce que la nature du régime en place est régionaliste, non nationale. Du plus haut au plus bas échelon de l’Etat.

A moins, à moins d’un soudain changement fondamental des circonstances, comme cela se produisit au-dessus de la tête d’un homme qui marchait jadis sur le chemin de Damas. A moins que les Généraux qui servent Sassou entendent au fond de leur cœur une voix qui leur dit : « Pourquoi servez-vous un homme, une région au lieu de la nation ? Pourquoi n’êtes-vous pas congolais à part entière ? »A moins, oui à moins que Démocratie cesse soudain de rimer avec biologie, ethnie.

En d’autres termes, la décision que vient de prendre Sassou d’impliquer l’actuelle armée congolaise dans la politique risque d’enliser encore davantage celle-ci dans son caractère boiteux « ambigu armée – milice », « armée d’un camp ». Caractères légués ou imposés par les conditions dans lesquelles elle a vu le jour (victoire du nord sur le sud, le 15 Octobre 1997). C’est Sassou lui-même qui l’a déclaré un jour à l’Hebdomadaire Jeune Afrique : « Quand je suis revenu au pouvoir (c’est-à-dire en 1997) il n’y avait plus d’armée. Il fallait tout reconstruire. » Et reconstruire forcément avec les idées de division, de guerre, de haine, puisqu’il n’y a pas eu dialogue, réconciliation véritable, Conférence nationale. Puisqu’il n’y a eu que fête de la victoire érigée en 2002, en Constitution.

Non, l’armée congolaise actuelle ne peut pas organiser le scrutin de 2009 dans la paix, la transparence, l’équité, qualités dont seule une force d’esprit ou de dimension réellement nationale peut faire preuve ou garantir l’existence.

Chers compatriotes et amis,

Nous venons d’examiner la deuxième conséquence de la décision du 31 décembre 2008. C’est-à-dire la chute du masque autour du fait que le régime de Sassou est un pouvoir militaire et non civil. Un pouvoir militaire de surcroît partisan puisqu’il n’est qu’entre les mains de militaires originaires d’une seule partie du pays.

Abordons la troisième dimension de la décision du 31 décembre 2008.

Nous la formulons de la façon suivante : dans l’état actuel des choses, la décision de Sassou ne peut pas rassurer, indépendamment même de l’état de notre armée. Dans tous les pays du monde, la sortie ou le risque de voir sortir « la Grande Muette » (l’armée) de son silence, de son statut inquiète. Pourquoi ? Parce qu’on ne sait pas ce qu’elle pourra faire en définitive, comment et quand elle regagnera les casernes ? Et sur l’ordre de qui ?

Le temps dont je dispose ne me permet pas de rappeler ce qu’ont fait certaines armées qui se sont trouvées dans cette situation. Penchons-nous seulement sur deux cas. Et deux cas d’actualité. L’armée du Zimbabwé à l’heure où le pouvoir de Mugabé aux abois cherche une porte de salut du côté d’un Gouvernement d’union nationale. Et l’armée de Madagascar devant la guerre que se livrent deux adversaires politiques.

Au Zimbabwé, l’armée menace dangereusement la paix que tentent de mettre en place les civils. Et pourquoi ? Parce qu’elle ne veut pas perdre son statut de Force publique partisane, revêtir celui de Force publique réellement nationale.

« Au Zimbabwé, a écrit un journaliste dans Courrier International (N° 956 du 24 Février au 4 Mars 2009) une puissante coterie de 5 hommes se tient derrière une campagne d’arrestations politiques et de troubles visant à faire tomber rapidement le Gouvernement d’union nationale. Ces hommes sont cinq Généraux… »

… A Madagascar, les militaires font parler d’eux différemment. Sous le titre « L’armée lance un avertissement sans frais », deux journalistes (dans le même n° de Courrier International), ont rapporté les phrases suivantes de cet avertissement : « Si la recherche d’une solution au conflit entre les deux protagonistes échoue, nous (cinq officiers généraux les plus anciens et les plus haut gradés) prendrons nos responsabilités en tant que dernier rempart de la République et de l’unité nationale ». Une délégation de « trois étoiles » qui a rencontré le Président de la République, Chef supérieur des armées, lui a dit ses quatre vérités : « Un nouveau carnage (dans le pays) scellerait la rupture. L’heure est au rétablissement du rôle de l’armée.

Les Forces armées exigent une solution rapide à la situation actuelle. Elles n’ont pas vocation à prendre le pouvoir, mais sont néanmoins prêtes à prendre leurs responsabilités ».

« L’opinion publique, ont poursuivi les journalistes, lasse de la crise et de ses conséquences désastreuses sur l’économie, salue déjà la position de l’armée en ces termes : « Vivement un pouvoir qui puisse remettre de l’ordre. Peu importe qu’il soit civil ou militaire. L’essentiel est que les gens travaillent dans la sérénité. Avec cette crise, le pays descendra encore plus bas. » A quoi les militaires ont répondu en ces termes :

… « Nous, les aînés d’active, prenons la responsabilité de faire une déclaration pour effacer le doute qui plane chez les plus jeunes » (déclaration faite par le plus ancien des plus haut gradés, le Général Fred Rakotovao). Quant aux journalistes, leurs derniers mots ont été les suivants : « Un avertissement, une mise en garde à peine voilée ».

Chers compatriotes et amis,

A partir de ces deux cas d’actualité, nous pouvons dire que la menace de sortie d’une armée des casernes afin de mettre de l’ordre dans le domaine civil comporte beaucoup d’incertitudes. L’armée de type zimbabwéen sort pour fermer la porte à double tour à l’avenir. Tandis que celle de type malgache veut défendre l’ordre. Mais quel ordre ? Celui sous lequel un conflit, une crise est née ou un nouveau, qui serait présumé moins pernicieux ? Mais un régime nouveau ne se décrète pas rapidement. Qui, dans ce dernier cas, définirait tout de suite cet ordre nouveau ou insusceptible d’engendrer des conflits ? L’armée ne risque-t-elle pas de rester au pouvoir, le temps de le rechercher et définir juridiquement ? Et ce temps, ne risque-t-il pas d’être estimé, par les intéressés, comme difficile à fixer d’avance ? Ce temps, même déclaré bien limité dans sa durée, ne risque-t-il pas de devenir flexible ; maniable ? Notre histoire nous montre que le temps peut être rendu flexible entre les mains de militaires comme Sassou (voir Transition de 1998).

Pour revenir à ce qui a été imaginé par Sassou Nguesso – c’est-à-dire à sa décision de confier la responsabilité du scrutin de 2009 à l’armée afin qu’il ne puisse être troublé par personne, peut-on penser, comme lui, que son armée issue des guerres civiles agira comme dans le meilleur des mondes paisibles et démocratiques ?

Peut-on dire qu’après la bonne exécution de sa mission, le Congo entrera dans une ère démocratique exemplaire ? Que Sassou réélu ou son successeur issu des forces de l’opposition en 2009 gouvernera le pays comme au bon temps de la mémorable Transition de 1991-1992 ? Peut-on espérer que l’armée regagnera patriotiquement ses casernes ? Impossiblement de le soutenir quand on sait qu’elle n’est pas encore républicaine ni entièrement nationale, qu’elle ne s’est pas encore totalement convertie à ces deux caractères, qu’elle porte encore de nombreuses traces de ses origines Cobra (la milice de Sassou, au temps des guerres civiles), qu’elle est une armée de type zimbabwéen. La preuve : Sassou vient de lui confier la haute responsabilité du scrutin 2009 plutôt que de mettre en place une commission électorale indépendante qui serait forcément nationale. C’est parce qu’il craint, c’est parce qu’il n’aime pas la nation que Sassou a agi ainsi.

… Le temps passe et donc me presse. Il faut que j’aborde la dernière partie de mon exposé. Elle sera plus brève parce qu’elle a trait à ce que nous devons faire devant ce que vient de décider Sassou.


Chers compatriotes et amis,

Pour nous, la dernière violation de sa Constitution par Sassou n’est pas une surprise. Pour les deux raisons suivantes : l’homme, quoique père de cette Constitution, a toujours violé cette pauvre fille. Soit parce qu’il ne la trouve pas digne d’être respectée tant elle porte de nombreuses malfaçons et vices cachés à sa naissance. Soit parce qu’il croit qu’elle a été faite pour dominer les autres et non point pour être aussi une charge, une obligation pour lui. Pour nous, les violations répétées de la Constitution de 2002 sont une conséquence de la nature de ce texte. Et de sa destination profonde : un instrument pour mal faire. On ne gouverne pas bien avec un texte fait pour dominer. Comme si dominer, écraser, nier les autres peut se faire de bonne façon, sur la base de bonnes règles. La Constitution de 2002 subit elle-même le mal pour lequel elle a été faite, le mal qui est dans ses articles.

A ce sujet, huit (8) partis de l’opposition, scandalisés par la manière dont Sassou se comporte vis-à-vis de sa Constitution, viennent d’adresser une Lettre interpellative de plus de 9 pages à Messieurs les Présidents de l’Assemblée Nationale, du Sénat, de la Cour Constitutionnelle et de la Haute Cour de Justice, lettre dans laquelle ils ont particulièrement mis l’accent sur le phénomène des nombreuses violations que subit la Constitution de la part de son géniteur et cela dès le lendemain de sa promulgation.

Le viol de la Constitution est une pathologie chez Sassou Nguesso, ont-ils exposé à ces hautes personnalités. En tout cas, ils n’ont pas cité, en preuve, moins de dix (10) Articles de ce texte que ce chef traite à son aise depuis la date de sa promulgation. Il s’agit des articles 9,10,19,23,25,30,31,36,48,69,72,73 et 171.


Chers compatriotes et amis,

Vous avez noté que, dans le triste et inquiétant tableau que je viens de faire de l’état de notre pays, ce qui a davantage retenu mon attention c’est d’abord le recours de Sassou à l’armée pour sanctionner son propre gouvernement. L’homme n’a pas voulu inscrire dans sa Constitution le principe démocratique de la censure du Gouvernement par le pouvoir législatif. Le voilà pris à son piège, à son orgueil, à son irresponsabilité.L’homme n’a jamais voulu consacrer un poste de premier ministre dans sa Constitution.Par orgueil.

Ce qui a ensuite retenu mon attention c’est le fait que l’homme n’a pas tiré des leçons des derniers graves incidents de Pointe-Noire. La Force publique ne va-t-elle pas faire la chasse aux troublions comme « à des souris et rats » qui ne respectent la propriété de personne, qui s’entendent pour envahir et dévaster en chœur, par exemple, toutes les réserves en fromages d’un riche Président ?

Bref, le risque que nous craignons c’est une prolongation déguisée du pouvoir militaire et régionaliste au Congo ; une passation de ce pouvoir entre d’autres mains, mais qui sont en réalité les mêmes ; une manière de barrer la route aux civils qui se bousculent déjà au portillon du scrutin, du pouvoir qui est, dans son essence un pouvoir militaire. Pire un pouvoir militaire au service d’une idéologie division nationale, de domination d’une partie des congolais par une autre sur des considérations d’ordre ethnique, « biologique » (sic).

Oui, Sassou peut demander à son armée de découvrir des rats et souris avides d’autres choses que de fromages ; avides de son fauteuil de Mpila. Donc des rats et souris comploteurs. Et le scrutin serait tout de suite clos. Et un Etat de siège proclamé. Et Sassou prolongé dans son titre de Président avec tous les pouvoirs qui en découlent. On se retrouverait dans le même cas que Lissouba à la veille du mois de Juillet 1997. Beaucoup d’ailleurs se demandent si Sassou Nguesso n’avait pas allumé la guerre, le 5 Juin précédent, précisément pour empêcher Lissouba d’organiser l’élection présidentielle et le faire passer, pendant tout le déroulement des hostilités et des semblants de négociations qui allaient nécessairement suivre, pour un non Président, un non Chef d’Etat, un non Chef de Gouvernement. Oui l’histoire risque de se répéter si l’armée découvre « un sérieux motif » de suspendre la marche vers le scrutin de 2009. Et même de refermer les urnes si, au cours du dépouillement de celles-ci, les voix s’acheminent vers un verdict contre Sassou l’inamovible, le « KAKA NGUE » éternel.

Une dernière invitation à vous rappeler l’histoire. La célébration de la fête nationale, le 15 Août 1978, fut supprimée. Pourquoi ? Parce que Sassou Nguesso, alors Vice-Président de la République, sous Yhombi Opango, Président de la République, avait affirmé à ce dernier que la fête allait être troublée par des conspirateurs bien organisés aux quatre coins du pays et jusqu’à l’extérieur. Ce « plus grand complot jamais ourdi au Congo », comme on le présentait sur les antennes de la radio du pouvoir, n’était qu’un mensonge. Un mensonge pour empêcher Yhombi Opango de connaître les honneurs de la grande Fête nationale.

Tout peut donc se produire soit pendant les quelques mois qui nous séparent de celui de Juillet, soit au cours du scrutin, soit lors du dépouillement des urnes.


Chers compatriotes et amis,

C’est le moment de me tourner vers ce que demande l’opposition intérieure afin que l’élection de 2009 se passe dans la paix et la transparence.

            L’opposition intérieure demande la mise en place d’une Commission électorale indépendante. C’est son cri depuis 2002, pour ne pas remonter à 2001.

C’est sans nul doute à elle que Sassou a aussi répondu en confiant à la Force publique la responsabilité d’un bon déroulement du scrutin de Juillet prochain, son gouvernement ayant toujours échoué à ce niveau, comme dailleurs à tous les autres.

Ce choix inattendu est à notre avis un élément qui fortifiera l’opposition intérieure dans la mise à exécution de la menace dont elle assortit de plus en plus fortement sa longue requête depuis que Sassou refuse d’y faire droit. Oui l’opposition la formule aujourd’hui de la façon suivante : (je cite) : « S’il n’y a pas de Commission électorale indépendante, il y aura boycott total du scrutin ; il n’y aura pas de scrutin du tout ».

Permettez-moi de m’arrêter sur cette double attente : « S’il n’y a pas de Commission électorale, il y aura boycott du scrutin ». Oui s’il n’y a pas…, il y aura…

Le boycott des scrutins de Sassou, c’est l’arme que nous indiquons depuis toujours au peuple congolais devant la nature des élections qu’organise le pouvoir de Mpila. Qu’il s’agisse des élections municipales, législatives ou présidentielles. On nous répliquait que la politique de la chaise vide est la pire des politiques, que même si elles ne sont que mascarades, il faut y prendre part, être présent dans le cortège pour tenter d’y chanter faux et danser différemment.

Nous sommes donc heureux de constater que refuser de s’asseoir sur une chaise boiteuse n’apparaît plus comme un geste ou une option déraisonnable. S’asseoir est un beau geste. Mais faut-il encore savoir sur quoi. Participer est une bonne décision. Mais faut-il encore savoir à quoi on prend part.

C’est une bonne occasion pour méditer et réfléchir sur cette arme particulière qu’est le boycott.


Chers compatriotes et amis,

Contrairement à ce qu’il peut paraître à première vue, le boycott est bien un droit, une arme légale. Même la Constitution de Sassou qui s’est tant méfiée de la démocratie ne l’a pas interdit. En tout cas, la participation au vote n’est pas obligatoire dans notre pays, bien que le pouvoir de Sassou menace souvent de représailles les agents de l’Etat qui s’abstiennent de voter, qui montrent publiquement par là qu’ils ne tiennent pas son régime en honneur.

Le boycott apparaît ensuite à certains comme une arme trop passive. On ne bouge pas, on reste chez moi. On est comme indifférent. Dans le cas qui nous occupe, on ne se déplace pas pour aller exprimer son point de vue dans une urne.

En réalité, on n’est pas une eau dormante. On n’est pas un citoyen passif. On vote, on exprime sa voix mais de la façon qu’on a choisie pour le faire. Et cette voix apparemment passive n’est point négligée par celui qui organise un scrutin. Elle doit être comptée. Elle a son poids. Au terme d’un scrutin bien fait, le nombre des abstentionnistes doit être expressément mentionné. Ainsi veut, exige la Démocratie. Ainsi fait la vraie Démocratie.

C’est donc une erreur de penser que la politique de la chaise vide-qui est une forme de boycott-est un choix dont on ne peut rien attendre, qui n’aboutit à aucun résultat. Le vide que porte une chaise repoussée, dédaignée, n’est pas absence de présence, de parole. Il parle. Il exprime un jugement. Un engagement. Un combat actif.

C’est à celui qui regarde, qui réfléchit posément à l’apercevoir et entendre. Le simple d’esprit et faible de vue, lui, ne voit et n’entend que ce qui s’exprime oralement devant lui.

Chaise vide et boycott, semblables dans leur aspect de langage sans paroles audibles, de paroles non prononcées, se rejoignent à un autre niveau : celui des conséquences, des suites, une fois passé l’événement ou le moment auquel on n’a pas voulu s’associer, prendre part, ou être présent.

Est-ce parce que je me suis abstenu de m’asseoir sur une chaise de négociation, par exemple, que telle situation de conflit a perduré ? Ou a-t-elle changé de cours depuis que je me suis assis sur la chaise restée longtemps vide ? Soyons plus concret. De 1997 à 2005, les vaincus de Sassou sont demeurés dans l’opposition et en exil. En 2005, Kolelas a ouvert le processus du retour, marquant ainsi, aux yeux de certains, la fin d’une certaine période politique du vide qui profitait à Sassou. Le Congo a-t-il gagné ou perdu avec l’acte d’agenouillement qu’à accompli Kolelas devant Sassou ? L’image de l’opposition s’est-elle améliorée ou enlaidie après ce choix du chef de la milice Ninjas ? Le même Kolelas, une fois de retour au Congo, a pris part aux législatives de 2007 et a été élu. Il siège inutilement comme Doyen à l’Assemblée nationale (un parlement croupion comme jamais le Congo n’en a eu un auparavant). A qui a profité, à ce niveau, le long temps où il pratiquait la politique de la chaise vide vis-à-vis du régime de Sassou Nguesso ? Etait-ce un bon vide ? Et son effacement depuis 2005 une excellente chose ? Est-ce qu’on perd quelque chose quand on est absent ? Est-ce qu’on gagne quelque chose quand on est présent ? Voilà les deux questions.

Il en va de même à propos de la politique du boycott. Autrement dit, on doit se poser les deux questions suivantes :

« Quelle forme prendra, revêtira le refus de participer pour que le boycott ne soit pas une perte ? »

« Quel résultat ou bénéfice compte t-on en retirer ? »

La première question indique bien que le boycott est un refus de participer à quelque chose et non une décision tendant ou visant à empêcher directement le déroulement d’une opération, d’une cérémonie, d’une manifestation.


Chers compatriotes et amis,

Il est utile de bien préciser ce point car certains d’entre nous peuvent avoir une vision du boycott qui se situe au-delà de l’usage et but ordinaire de cette arme.

Non, il ne doit pas s’agir ici d’empêcher, par la voie du boycott, le déroulement du scrutin présidentiel prévu au mois de Juillet et déjà bien embourbé. Ce serait non seulement se tromper dans le choix de l’arme mais surtout se priver totalement du grand bénéfice que représente la lugubre voie dans laquelle Sassou a déjà plongé cette élection.

Faire de telle sorte que ce scrutin déjà rendu nul, illégal, illégitime n’ait pas lieu c’est, en quelque sorte, aller relever, redresser Sassou embourbé, c’est aller à son secours.

Il faut boycotter ce scrutin déjà boycotté par Sassou. Il faut boycotter ce scrutin déjà déconsidéré, déjà rendu bananier, militaire et donc non démocratique, non légal, non légitime. Oui, il faut le boycotter mais non l’empêcher d’avoir lieu, de révéler tout son visage hideux.

En d’autres termes, nous ne devons pas perdre ce que nous avons gagné à la suite de la transformation de ce scrutin en scrutin illégal par Sassou lui-même. Il faut laisser Sassou boire jusqu’à la lie les turpitudes qui ne manqueront pas de se présenter à lui le long du chemin qu’il a choisi, de l’envelopper à chaque pas et peut-être le faire soudainement chuter.

Oui, un boycott intelligent et non épileptique, à l’emporte pièce. Un boycott qui aboutirait à la suppression de ce scrutin mal parti serait un service rendu à Sassou.

Le boycott nécessaire et utile est celui qui gardera le scrutin et non l’empêchera d’avoir lieu.

Le boycott nécessaire et utile est celui qui invitera notre peuple à bien regarder et reconnaître l’état dans lequel se trouve déjà ce scrutin, à bien voir qu’il ressemble à un gros poisson à la tête déjà pourrie, que l’opinion internationale ne le prend plus en considération. Pour elle ce n’est plus un scrutin digne de ce nom puisque confié à l’armée.

Le boycott nécessaire et utile est celui qui obligera Sassou et l’armée à avouer un taux d’abstention élevé. Donc la victoire du boycott. Oui, ils seront obligés de reconnaître que les électeurs ne se sont pas faits recenser, inscrire sur les listes électorales, ne se sont pas présentés dans les bureaux de vote. Oui, les observateurs étrangers seront obligés de constater ces faits, d’en rendre publiquement compte.

Voilà le boycott nécessaire et utile qui doit être organisé face à la décision militaire du 31 décembre 2008 de Sassou Nguesso. Détournons-nous complètement du scrutin de 2009, abandonnons-le complètement dans la boue où il git déjà depuis le 31 décembre 2008.Et Sassou rejoindra Mugabé sur la liste des chefs d’Etat sans légitimité et donc voués à un destin irréversible, tôt ou tard.

A moins que nous souhaitions donner à Sassou l’occasion de mettre en place un gouvernement d’union nationale à la manière de Kibaki au Kénya et Mugabé au Zimbabwé. Dans ce cas, ne parlons plus de « faire partir Sassou ».


Chers compatriotes et amis,

Il y a un autre boycott qu’il faut organiser contre Sassou. Et pourquoi ne pas l’arrimer à celui qui concerne le prochain scrutin ?

De quoi s’agit-il ? Du boycott de la Constitution de 2002 devenue une honte nationale, une Loi fondamentale effondrée. Même les congolais analphabètes savent que Sassou, que le « mfumu », le « mwéné » – chef – qu’il fait des choses qui ne sont pas permises dans la Loi de base du pays. Ce chef ne laisse pas passer « une grande interview » à Jeune Afrique sans dire qu’il tient à ce qu’il soit respecté. Mais tous les congolais voient comment il ne se respecte pas lui-même en tant que Chef.

Limitons-nous au seul respect qu’il refuse d’avoir pour la Constitution, pour sa Constitution. Car c’est lui qui l’a conçue et promulguée. De nombreux articles et qui ont trait à ses devoirs et obligations de Président de la République, Chef de l’Etat, chef du Gouvernement et Chef suprême des Forces armées nationales sont et demeurent méconnus, violés. Oui, depuis la promulgation de cette Loi dite fondamentale, socle, Constitution, les articles qui traitent notamment des obligations et devoirs du Président sont considérés comme choses superficielles. Pauvres articles dits « présidentiels » par certains !

Huit (8) partis politiques viennent d’interpeller les Présidents de l’Assemblée Nationale, du Sénat, de la Cour suprême et de la Haute Cour de Justice à ce sujet. Eh bien, nous disons : « ça ne suffit pas ». Ils doivent agir par la voie d’une action en déchéance contre Sassou Nguesso pour haute trahison caractérisée. Les magistrats – parce qu’ils ne sont pas très indépendants – réagiront comme ils pourront – mais au moins le peuple aura confirmation du phénomène qui s’étale sous ses yeux, à savoir qu’il n’y a pas de Constitution ni de garant de ses articles dignes de ces noms au Congo.


Chers compatriotes et amis,

Comment conclure ? Hélas, il n’y a pas de conclusion quand on traite du drame dans lequel vit le Congo depuis la mort prématurée de la belle aurore de 1991-1992. Depuis que ce qu’elle nous avait apporté, nous l’avons bêtement perdu.

Non, il n’y a pas de conclusion qui puisse clore le débat depuis que nous nous asseyons, depuis que nous nous assemblons pour pleurer sur notre pays.

La seule conclusion qui indiquera la fin du débat viendra le jour où nous nous assoirons tous ensemble comme des frères avant de nous relever joyeusement et rebâtir durablement notre pays.

En attendant, nos conclusions ne peuvent que relancer, continuer le débat, la méditation, la réflexion, nous inviter à marcher vers cet heureux jour, à chercher les meilleures voies qui nous conduiront plus vite vers ce moment.


Chers compatriotes et amis,

Après ce que je viens de dire, ma conclusion ne peut être que celle-ci : le scrutin de 2009 sera semblable à tout ce qui a poussé jusqu’ici sur le sillon de la Constitution de 2002. Tant que nous n’aurons pas uni, mieux unifié nos efforts pour tracer un autre sillon sur lequel tomberont en toute sureté nos semailles, tant que nous persisterons à penser que sur celui de Sassou nous pouvons aussi faire germer notre moisson, nous resterons toujours dans l’impossibilité de récolter quelque chose qui en vaille la peine, le sacrifice et l’espérance.

L’opposition intérieure doit, depuis le temps qu’elle cherche à semer sur le sillon tracé par Sassou (Constitution 2002), depuis le temps qu’elle participe aux scrutins Sassou, depuis qu’elle siège dans ses assemblées, elle doit se rendre enfin compte que ses semailles tombent sur un endroit où elles sont tout de suite piétinées ou dévorées par des oiseaux de champ ou sur un sol rocailleux où elles meurent à peine germées.

Unissons nos analyses, nos visions. Jetons un pont entre nous afin que lutte à l’intérieur, dans le cadre étroit de la Constitution de 2002 et résistance à l’extérieur ne soient différentes que dans « la façon de poser le pied » et non dans celle de regarder la direction vers laquelle il faut marcher, se diriger, c’est-à-dire le but à atteindre.


Chers compatriotes et amis,

Permettez-moi, dans le prolongement des paroles que je viens de prononcer, de vous inviter à retenir le thème de notre prochaine Conférence - Débat dans cette même salle .Le voici : « Quelle voix commune l’opposition doit-elle avoir face au candidat Sassou Nguesso ? ». Car il faut que le scrutin du mois de juillet prochain ait lieu pour la plus grande honte de Sassou Nguesso. Non, il ne faut pas donner à Sassou l’occasion de le déclarer « impossible à organiser au mois de juillet ». Ce serait en fait pour lui, une manière de tenter de l’extraire de la voie de honte où il l’a engagé.


Merci de votre aimable attention.

Paris 28 Février 2009 – Maître Moudileno Massengo

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« Dans le cadre de la Constitution de 2002

et après la décision du 31 Décembre 20008 de Sassou Nguesso,

aucune Commission électorale indépendante ne peut fonctionner correctement

 

La nature du régime de Sassou, militaire et anti-national, est, ipso facto, anti-Commission électorale indépendante ».
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