Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
Le parti de Total est bien vivant. Désorganisé, peut-être. Muselé, sans doute. Pourtant ses membres sont bien là, très nombreux, et continuent majoritairement à se réclamer du MCDDI, unique et uni.
Si les instances dirigeantes ont bel et bien arrimé le parti à la majorité présidentielle, et sont donc alliées du pouvoir SASSOU NGUESSO & famille, l’ensemble des militants et sympathisants du MCDDI se considèrent totalement à l'opposition. Jusqu'aux élus du parti qui par souci d'unité ou opportunisme ne disent rien, mais en privé affirment être à l'opposition et jurent leur incapacité à prononcer la phrase "Sassou Oyé".
Voilà le paradoxe du MCDDI qui devrait entrer dans le dictionnaire de la philosophie politique sous le nom de "paradoxe kolélien".
Que se passe-t-il ? L’origine du parti
Pour comprendre, il faut saisir l'histoire du MCDDI. Et donc, l'histoire des mouvements des droits civiques, sociaux et politiques au Congo Brazzaville.
En 1896 MABIALA ma NGANGA, un homme d’ethnie Hangala, est assassiné. Ce féticheur (MABIALA le Nganga), éleveur - comme tous les habitants de Mindouli - était entré en rébellion contre le colon à cause des excès provoqués par la route des caravanes partant de Loango vers Brazzaville.
Les caravaniers blancs ne s'interdisaient pas en effet de piller les champs et le bétail sur leur passage afin de nourrir leurs porteurs. Le courage de ce militant et son combat pour le respect et la justice, incitèrent d'autres mouvements de résistance, comme celui de BOUETA MBONGO (MIMPANZOU de son vrai nom, considéré comme le véritable fondateur du groupe lari) assassiné près de la Loufoulakari en 1898, ou encore celui en pays bembé qui dura jusqu'en 1926.
Cette année-là, André MATSOUA fonda à Paris l'Amicale des ressortissants du Moyen Congo, afin de défendre nos droits sociaux et politiques. Immédiatement il capitalisa toute l'énergie créée autour de MABIALA ma NGANGA et récupérera tous les militants qui avaient combattu avec lui, ainsi que les jeunes bercés par les récits héroïques et désormais de plus en plus scolarisés.
Les valeurs incarnées par André MATSOUA étaient la justice sociale et surtout le développement intégral. "Il suffit d'être formé, honnête et travailleur, on va cultiver du café et l'exporter chez les blancs, avec l'argent on aura des hôpitaux, des écoles. Je vais construire des maisons à 3 étages au moyen Congo. Vous verrez, on fera de grandes choses pour tout le monde" disait-il.
Si après la mort de André MATSOUA en 1942 l'aile la plus inculte développera un mouvement messianique (en réalité ce sont des Ngunza qui se drapèrent de l’aura de André MATSOUA), les membres les plus cartésiens continueront le combat. Il s'agit de Balou Constant, Tchicaya Lucien, Mathieu Rebouka, Pierre Gomez, Charles Loembe, François Evondzolo, Jean-Marie Oko-Dimi, Louis de Gonzague, Joseph Benoît Loemba, Jean Nzota, Tenard Kyelle, (héritier du roi Makoko), Tchibinda l'imprimeur, Dominique Cazangany, Modi Kamara, Joseph Nzonzo, Maxime Dechambo, Jacques Bermont, Matchoumoun.
C'est cette base d'essence nationale voire panafricaine (il y a nombre de Tchadiens, Gabonais, Soudanais et Centrafricains sur les listes) que l'abbé Fulbert YOULOU va regrouper au sein de l'Union Démocratique pour la Défense des Intérêts Africains (UDDIA), mouvement d'essence panafricaine.
Fulbert YOULOU renversé en 1963, les communistes qui lui succéderont apporteront d'autres idéologies, sans jamais réussir à étouffer le développement intégral auquel des militants de plus en plus nombreux adhèrent.
Quand arrive la démocratie c'est Bernard KOLELAS, un ancien militant UDDIA (il aurait même assisté, selon ses dires, au procès d'André MATSOUA en 1941 et expliquera par ce fait l'origine de son engagement politique), et surtout Jospeh YANGUISSA l'idéologue du développement intégral dans les temps modernes qui réunit les tenants de cette idéologie encore en vie (MAKOUTA MBOUKOU, LETHEMBET AMBILI, SITA dia TSIOLO) et leurs enfants qui, par éducation, ont été élevé à ces valeurs chères à André MATSOUA.
Ainsi est né le MCDDI. On le voit, KOLELAS est loin d’être propriétaire des valeurs de son parti. Ce n'est pas son charisme qui a fondé le MCDDI. C'est une énergie que le regretté SONY LABOU TANSI a appelé le "mpévé démocratique et progressiste", qui fut insufflé par MABIALA ma NGANGA, qui a survécu avec André MATSOUA, et qui continue avec Bernard KOLELAS.