Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
MESSAGE DE ROMAIN BEDEL SOUSSA CANDIDAT A L’ELECTION PRESIDENTIELLE 2009
AU PEUPLE CONGOLAIS
Paris le 18 août 2009
Mes Chers compatriotes,
Vous venez d’entendre le discours du Président sortant, Denis SASSOU NGUESSO lors de sa cérémonie d’adieu du 14 juillet 2009. Dans ce discours vous avez tous retenu qu’il reconnaît n’avoir rien fait pour le peuple Congolais notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures, du social, de l’emploi et de l’économie alors qu’il est au pouvoir depuis 25 ans, dans un pays pétrolier. En 49 ans d’indépendance, dont plus de la moitié (25 ans) sous son règne, le Congo a connu sept occasions d’espérance manquée : L’accession à l’indépendance (1960), la révolution prolétarienne (1963), la Conférence Nationale (1972), le Mouvement du cinq février (1979), la Conférence Nationale Souveraine (1991), le Dialogue National sans exclusive (2001) et enfin l’élection présidentielle de 2009.
De quel "chemin de l’avenir" parle le Président sortant dans son discours ?
Mes chers compatriotes,
Comme vous le savez, "le chemin de l’avenir" ne se construit pas par des coups d’état permanents (le 5 février 1979, le 5 juin 1997). Il ne se construit pas non plus par un coup d’état électoral caractérisé, entre autres, par le gonflement du corps électoral, la corruption des électeurs, l’achat des consciences, le vote de mineurs et d’étrangers, le vote multiple, le bourrage des urnes, la falsification des résultats sortis des urnes, l’inégalité d’accès de toutes les sensibilités politiques aux médias publics et enfin une cour constitutionnelle au service du pouvoir.
Notre pays bien-aimé, le Congo, est depuis trop longtemps le théâtre de conflits et de guerres qui détruisent des vies ainsi que des ressources productives. Le 5 février 1979, le Président Joachim YHOMBI fut chassé du pouvoir par le général Denis SASSOU NGUESSO. Le 5 juin 1997, le général Denis SASSOU NGUESSO déclencha une guerre qui l’amena au pouvoir le 15 octobre 1997. Le 12 juillet 2009, le général refuse d’organiser l’élection présidentielle de manière démocratique, libre, transparente et équitable. Il choisit cependant le coup d’état électoral pour se maintenir au pouvoir.
Au regard de tous ces faits, Il n’y a pas de "chemin de l’avenir" avec cet homme, il n’y a que le "chemin de la mort".
Par contre, le "chemin de l’avenir" est celui qu’a suivi le vaillant peuple Congolais qui, par sa maturité et son sens élevé des responsabilités devant son devenir et celui des générations futures, a fait un choix clair et responsable : Celui du rejet du système méchant et oppresseur. Contre le flot des promesses (non tenues), contre les menaces et les arrestations arbitraires, contre les privations des libertés et les plans de guerres les plus sinistres, les Congolais ont rejeté à 95% le système le plus tyrannique et sanguinaire de l’histoire de notre pays et qui tient ainsi captif le peuple Congolais depuis plus de 25 ans. Ce rejet permet de tirer trois enseignements :
Le premier enseignement est celui de la démocratie qui est dorénavant l’unique source de légitimité, de
dévolution et d’exercice de tout pouvoir en République du Congo. Ce faisant, le Congo vient de se placer résolument dans le camp de l’Etat de droit, c’est- à- dire l’Etat dans lequel :
- La séparation des pouvoirs fixée par la constitution assure la fonctionnalité d’institutions démocratiques au service du corps social tout entier ;
- La protection et la promotion des droits et libertés fondamentales des personnes et des collectivités organisées, reconnues et régies par la loi ;
- La conquête et l’exercice du pouvoir politique se fondent sur des élections "libres, démocratiques, transparentes et crédibles" ;
- Le développement et le progrès économique seront promus par tous et pour toutes les composantes de notre collectivité nationale qui doivent bénéficier d’un égal accès au bien- être social et à l’épanouissement moral.
Le deuxième enseignement tient au fait qu’au-delà de certains calculs et plans diaboliques correctement élaborés, Dieu a manifesté sa fidélité et son règne sur le Congo. L’année 2009 était baptisée par le Président sortant lors de son message du 31 décembre 2008 comme étant l’année des forces armées Congolaises, avec pour objectif, se maintenir par la guerre au pouvoir. L’achat d’armes de guerre, le recrutement des mercenaires et la formation des miliciens par le pouvoir sortant avant l’élection présidentielle, témoignent bien de ce plan de guerre. Mais Dieu, par sa miséricorde, n’a pas permis que le sang des Congolais soit livré en sacrifice.
Le troisième enseignement est celui du refus de l’Union Européenne de cautionner cette mascarade électorale. Nous devons donc saisir cette heureuse opportunité qui se présente à tous les démocrates Congolais afin de mettre de manière pacifique un terme à ce système pervers tant haï.
Mes frères, mes sœurs,
Notre nation a désespérément besoin d’un vrai berger à sa tête et il est temps de nous lever comme un seul homme pour libérer notre pays, récupérer nos acquis volés. Il est de notre devoir de léguer aux générations futures un pays démocratique, respectueux des droits fondamentaux de l’homme et des libertés. Nous savons, bien entendu, qu’ils n’hésiteront pas à recourir à la force pour arrêter cette marche vers la liberté, quoi qu’il en soit, Dieu est du côté des justes. Mais, pour récupérer ce qui nous a été volé, il nous faut être unis, sincères et intègres. On ne peut aller nulle part avec les traîtres, les corrompus, les pigeons. Ne nous laissons pas séduire par les genoux de Delila la tentatrice comme Samson. Ses armes n’étaient ni ses hanches ni ses lèvres. Delila savait simplement qu’une fois la tête de Samson blottie sur ses genoux, il irait jusqu’à lui ouvrir son cœur.
Dans la maison de la prostituée, l’homme fort devient l’homme dispersé. Samson l’homme fort cherchait du "repos" dans le lit de Delila, Les câlins et les mots doux de Delila furent un désastre pour l’homme fort. Delila le trahit, lui rasa les sept tresses de la tête et le livra à ses ennemis. Samson savait bien que Delila cherchait à le tuer, pourtant, il a mis en jeu sa sécurité en échange du "repos".
Vous mes frères, qui avez connu comme moi, le désert, l’exil et les humiliations, fuyez la flamme de la prostituée. Samson savait que Delila travaillait pour ses ennemis. Elle avait essayé de le tuer plusieurs fois, mais attiré par la prostituée il s’est laissé piéger. Ne courez pas en direction de ce que vous devez fuir. Les postes politiques qu’on vous propose ou l’argent sale qu’on vous donne est votre Delila. C’est un piège.
De plus, la corruption est le cancer silencieux de votre objectivité. Elle divise et détruit l’unité dans l’action.
C’est pourquoi, dans ce combat pour la libération de notre pays, le Congo a désespérément besoin des hommes intègres, unis pour la même cause. Nous n’avons pas besoin des armes, des miliciens et de l’occultisme pour libérer notre pays. Le Congo a simplement besoin d’hommes justes, intègres et déterminés qui n’ont pas peur de la mort, car Dieu est toujours du côté des justes. Nous avons seulement besoin de la justice de Dieu.
Dans ce 21ème siècle, un nouveau climat de confiance et de paix doit régner sur notre nation. Pour atteindre ces objectifs, tous les acteurs politiques de notre pays (autorités sortantes, front de l’opposition, société civile Congolaise) et la communauté internationale doivent respecter l’esprit et la lettre de la volonté souveraine de notre peuple telle qu’elle s’est exprimée le 12 juillet 2009 par ce rejet massif du pouvoir sortant. Avec uniquement 5,% de la population acquise à sa cause, le pouvoir sortant ne doit plus se maintenir au pouvoir.
Il convient donc de mettre en place une transition consensuelle qui aura pour tâche d’organiser sous l’égide de la communauté internationale, l’élection juste, transparente et équitable. En agissant ainsi, nous chercherons à trouver un juste équilibre entre notre besoin de justice et le devoir de ramener la réconciliation au sein d’une société profondément divisée et traumatisée.
Romain Bedel SOUSSA
Ancien Conseiller à la Présidence de la République du Congo
Président de l’Union Congolaise pour le Changement et l’Action (UCCA), association loi 1901
Candidat à l’élection présidentielle 2009