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Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo

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Eglise et Pauvreté au Congo Brazzaville

Dans les situations de crise aiguë, l’histoire de l’Humanité nous enseigne que les luttes sont menées par des corps constitués capables de mobiliser les foules afin de repousser la tyrannie, la corruption et les injustices de toute sorte. Parmi ces corps constitués on peut citer les partis politiques, les syndicats et dans certains cas l’Eglise.
Au Congo Brazzaville, la situation est un peu complexe voire même confuse et désespérée car les partis politiques et les syndicats sont dans leur majorité intellectuellement et financièrement corrompus.

L’analyse fortement juste que fait l’Eglise dit ceci "Aujourd’hui la tendance est au retour à une forme voilée de monopartisme. La plupart de nos leaders politiques ont cessé de rêver d’un lendemain meilleur pour les populations. Ils se convertissent en cascade à la politique du partage du gâteau national dont une part importante et secrète vient de l’exploitation du pétrole. La quête du pouvoir politique dans notre pays est moins motivée par une idéologie et un programme social à réaliser que par la volonté de devenir gestionnaire tout puissant de l’ensemble des ressources du pays. L’épanouissement social du peuple est évoqué simplement comme un élément de campagne, sinon, comment ce peuple devrait-il continuer à croupir dans la misère là où coule le pétrole ? Le contexte de l’exploitation du pétrole au Congo Brazzaville affecte le bien et le mal des populations. Dans un tel contexte l’Eglise Catholique qui a une mission prophétique, ne saurait continuer de se taire, au risque d’être complice de l’injustice devant Dieu et devant l’Histoire… "

Complice devant Dieu et devant l’Histoire elle risque de l’être si elle garde le silence "le contrôle de la manne pétrolière est au centre de plusieurs luttes pour le pouvoir au Congo Brazzaville. Les revenus pétroliers ont servi au financement de l’achat des armes et à l’entretien des milices privées, quelquefois avec la complicité des compagnies pétrolières. Ces dernières ont d’ailleurs, en fonction de leurs propres intérêts, apporté des appuis financiers et logistiques à des partis belligérants dans la région… "

Et c’est là que le cri du cœur des évêques prend toute sa signification  "Nous nous réjouissons tout d’abord de l’effort constant de tous les hommes et femmes de bonne volonté qui s’activent dans notre pays pour extirper les démons de l’injustice, de la corruption, de la violation des droits humains et de la dégradation de la nature. Nous portons constamment leurs actions dans nos prières et les encourageons à ne pas se lasser, car en, tant qu’artisans de Paix, ils seront privilégiés au royaume des cieux. Seulement cette race d’hommes et de femmes voués à la cause de la Paix est encore très limitée dans notre pays. Nous vous appelons tous, fils et filles bien aimés de Dieu, de transcender votre peur, de dépasser votre égoïsme personnel et la prison de l’exclusion. Donnez-vous la main et engagez-vous sans réserve dans la quête du respect de notre dignité de personne humaine, la préservation de nos droits et l’avènement de la justice sociale dans notre pays, dans notre région." 

Il faut tout de même noter qu’au sein de cette Eglise Congolaise comme dans la société tout entière il existe trois catégories de dirigeants :

  • Les hommes intègres et courageux qui refusent toute compromission avec le mal
  • Les hommes intègres mais peureux qui sont capables de se taire devant les injustices infligées aux populations 
  • Les hommes qui sont intellectuellement et financièrement corrompus et prêts à accepter que la dignité et la valeur humaine soient compromises pour obtenir en échange quelques privilèges matériaux.  
    Dans ces conditions l’Eglise Congolaise peut-elle avoir une stratégie unique pour mobiliser les foules comme on l’a vu en Birmanie et au Tibet  ces derniers jours où les moines ont décidé de dire trop c’est trop ?
    Dans le contexte du Congo Brazzaville, est-il possible de vaincre les peurs et de conscientiser les foules ?
    Cela est-il souhaitable ? L’Eglise devrait elle s’occuper de ses propres affaires et rester en dehors de la politique comme les autorités Congolaises le voulaient lorsque les évêques avaient écrit une lettre ouverte au Général Dénis SASSOU NGUESSO sur le manque de transparence dans le secteur pétrolier?

D’aucuns diraient qu’avant de prêcher pour le bonheur céleste, il faut œuvrer pour le bonheur sur terre.

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