Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
■ Le récent mariage à Cotonou entre sa fille Judicaëlle OKEMBA et Alexis DARBOU, un Béninois (opérant dans le secteur des télécoms à Brazzaville), a démontré encore la puissance et l’influence de Jean Dominique OKEMBA dit "JDO" dans l’entourage du Président Denis SASSOU NGUESSO. Pas moins d’un milliard de francs CFA englouti par le conseiller spécial en matière de sécurité du Président Congolais, pour marier avec faste sa fille aînée.
L’espace d’un week-end, un véritable pont aérien a été jeté entre Brazzaville et Cotonou, avec le transport gratuit de plus de deux cents (200) convives.
Côté béninois, la présence à ce mariage des VRP comme le président Boni YAYI, le maire de la ville de Cotonou Nicéphore SOGLO (qui a officié personnellement la cérémonie de mariage civil) a démontré l’influence de celui que les Béninois ont surnommé "le vice-président" du Congo. Mince, discret et très peu démonstratif, Jean Dominique OKEMBA, est un homme de l’ombre devenu presque l’ombre de SASSOU NGUESSO. Pratiquement, rien ne se décide sans lui au palais de Mpila. Ce qui en fait l’homme le plus craint et le plus courtisé du système.
Il est décrit comme celui qui fait et défait dans la cour. Parmi ses obligés, les Généraux Paul MBOT et Jean François NDENGUET qui lui doivent, entre autres, leurs positions actuelles au sein de l’appareil d’Etat. L’un en qualité de ministre de la Sécurité et l’autre de directeur général de la police nationale. L’actuel directeur général des douanes, le colonel Alfred ONANGA est aussi un de ses protégés.
Ce dernier a remplacé à ce poste un autre colonel Marie Symphorien OKOUA, qui avait défié le "vice-président" en le traitant de "sac à dos". Il pensait que sa qualité de proche parent du président de la République lui assurerait l’impunité contre les foudres de "JDO". Débarqué, il a été réduit à moins qu’un sac à dos…
Dans la même veine, l’actuel ministre de l’Enseignement technique, Pierre Michel NGUIMBI, ex-ambassadeur du Congo en France (et le plus virulent anti-SASSOU lors de la guerre qui opposa ce dernier à Pascal LISSOUBA), est rentré aussi d’exil dans "les valises" de "JDO" qui, magnanime, a mis fin à sa traversée du désert !
■ Toutefois, l’influence du "spécial" Dominique OKEMBA dans la cour, lui est disputée par la très médiatisée fille du président, Claudia SASSOU NGUESSO, veuve LEBOUMBA. Arrivée aux côtés de "papa" en qualité de conseillère aux relations publiques, elle occupe, aujourd’hui, le poste très envié de directeur de cabinet adjoint chargé de la communication, qui a également dans ses attributions celui de porte-parole du chef de l’Etat.
Très courtisée, elle est avec OKEMBA, une des rares personnes "à parler à l’oreille" du président, à l’appeler à n’importe quelle heure (de jour ou de nuit) et à décider seule, sans autre avis, en dehors de celui de son père.
Signe des temps, elle a fait nommer à la présidence le journaliste Joseph BITALA BITEMO un ancien directeur de la presse présidentielle, reconnu thuriféraire du régime de l’ex-président Pascal LISSOUBA. Un sans précédent !
■ Depuis qu’il a quitté le tout puissant ministère de l’Intérieur, de la sécurité et de l’administration du territoire pour celui des Mines et de la géologie, le général Pierre OBA s’est effacé de la cour. En apparence seulement ! Puisque son ombre y plane toujours. Homme des réseaux, ayant tissé sa toile à travers le monde, il fait toujours partie du cercle restreint des proches collaborateurs du président qui peuvent le joindre directement, depuis n’importe quel endroit de la terre. C’est à lui que SASSOU NGUESSO continue de faire confiance pour mener à bien les missions délicates et sensibles.
Après avoir conduit la pacification du pays et ramené au bercail la plupart des exilés, on a vu ce fidèle compagnon de SASSOU à l’œuvre à la tête d’un comité de médiation chargé de rapprocher les positions antagonistes entre refondateurs et conservateurs du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir). Mission réussie, qui a abouti à l’organisation d’un congrès unitaire alors jugé impossible. Après sa brillante prestation en qualité de porte-parole du candidat SASSOU NGUESSO, lors de la présidentielle de 2002, Alain AKOUALA ATIPAULT a pris ses marques dans la cour de Mpila. Il a été nommé ministre de la Communication chargé des relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement.
Son bras de fer avec Claudia SASSOU NGUESSO (qui n’a pas réussi à le déboulonner de son poste), l’a affranchi et l’a imposé comme un électron libre. Sa combativité et son franc-parler, qui dérangent autant qu’ils séduisent, font de lui un intime du chef de l’Etat et un de ses hommes clés du dispositif de campagne du président pour le scrutin de 2009.
■ Quand à la première dame du Congo Antoinette SASSOU NGUESSO, Certes, elle est connue pour son implication dans l’humanitaire avec sa fondation "Congo assistance", mais, elle cultive la discrétion frisant l’effacement.
Pourtant, elle demeure une précieuse pièce maîtresse du président sur le terrain de la résolution des conflits entre leaders politiques Congolais. On lui doit, entre autres, le rapprochement entre le pouvoir et Bernard KOLELAS, qui a permis l’amnistie et le retour de ce dernier au bercail, après l’assistance multiforme apportée à sa femme peu avant sa mort.
Originaire de Pointe Noire, elle joue depuis des années au profit de son mari le rôle de "facilitateur" avec les cadres et les populations du riche département pétrolier du Kouilou. En juillet, à l’occasion des obsèques de Jean Pierre THYSTERE TCHICAYA, son témoin de mariage avec SASSOU, son rôle a été mis à mal, presque récusé par une foule qui l’a snobée en la qualifiant de "traîtresse" vendue. Il n’en reste pas moins vrai qu’elle campe bien son rôle de soupape de protection de son époux de Dictateur - Président !
■ Ninelle NGOUELONDELE (née SASSOU NGUESSO), petite sœur de la première dame du Gabon, Edith BONGO, (une autre fille de son père), agit aussi discrètement, qu’efficacement dans le sérail.
Sensible, intelligente, elle est très écoutée aussi bien par son père que par le reste de la fratrie. Si elle évolue dans l’ombre de son mari, Hugues NGOUELONDELE (maire de Brazzaville), elle sait aussi prendre des initiatives et décider, voire imposer. Potentiellement éloignée de la scène politique, elle a quand même gardé sa liberté de parole envers son père, qui apprécierait énormément sa modestie et son franc-parler. Contrairement à certains de ses frères et sœurs, Ninelle NGOUELONDELE n’est pas une "papa m’a dit" qui joue sur le trafic d’influence : elle ne prend jamais d’engagement au nom du président. A suivre…
■ De Nouveaux Ambassadeurs
Le Congo va bientôt nommer de nouveaux ambassadeurs. Le président Denis SASSOU NGUESSO a déjà signé des décrets. De nouveaux noms sont connus comme Célestine KOUAKOUA. Ex-maire de Moungali, arrondissement 4 de Brazzaville, proche de Mme SASSOU, elle vient d’être repêcher après une traversée de désert de plus de 3 ans.
Originaire du Pool, Célestine KOUAKOUA, a été une des rares ressortissantes de cette région du Sud à avoir refusé d’intégrer le parti de Bernard KOLELAS, malgré des tonnes de risques qu’elle prenait ainsi à se montrer farouche opposante du président de MCDDI (parti considéré comme celui des ressortissants de Pool). Célestine KOUAKOUA aura comme mission d’ouvrir l’ambassade du Congo en Guinée équatoriale.
ANDJEMBO, opposant farouche de Denis SASSOU NGUESSO, ressortissant de la Cuvette, fut pendant tout le règne de Pascal LISSOUBA, même après le départ de celui-ci, un adversaire acharné de SASSOU NGUESSO. Et surtout, il militait intensément pour son départ. Au terme d’une traversée épouvantable du désert, il avait fini par se rapprocher de Mpila. Aujourd’hui, par la magnanimité du prince SASSOU, le diplomate ANDJEMBO prendra ses fonctions en Algérie.
L’ancienne ministre de Pascal LISSOUBA, la dame Marie Thérèse AVEMAKA, (rentré récemment d’exil), pour faire de la bonne diplomatie en Namibie, tandis le haut magistrat Gabriel ENTSHIA EBIA "viré" de son ministère de la Télécommunication et de la fonction publique va représenter le Congo au Nigeria. Sympathique jeu de chaises musicales du Général Dictateur SASSOU !!!
■ Le Journalisme au Congo
Le journaliste Igor CAMEROON aurait commis le crime de lèse-général de faire diffuser sur les antennes de la DRTV une intervention du secrétaire général de l’UPADS (parti de l’ancien chef de l’Etat congolais, Pascal LISSOUBA).
Il faut dire que l’UPADS avait déjà réglé les formalités financières avec la direction commerciale de la DRTV pour la diffusion d’un élément de 37 mn. Mais, à peine le reportage diffusé, le porte-parole du Rassemblement de la majorité présidentielle (RMP, au pouvoir), François NGUIMBI, fronce les sourcils et exige un droit de réponse…qui lui a été accordé...
Ironie du sort, c’est le directeur général de la DRTV, SONI BENGA et le directeur de la rédaction, YOT, qui appellent le Général DABIRA (encore à Cotonou) pour lui faire le rapport de "la bombe" que le directeur de programme "vient de faire exploser" dans la ville.
De retour à Brazzaville, le Général convoque le journaliste et lui signifie son licenciement, tout en lui promettant la prison. Quelques jours plus tard, le journaliste est convoqué à la direction départementale de la DST par le colonel Alphonse OBOUANDE. Il a été auditionné pendant 8 heures. Rebelote !
Le lendemain l’homme de presse est (simplement) gardé en vue dans les locaux de la DST. Curieusement, ni le RMP, ni le gouvernement dont le chef a été mis en cause, n’ont porté plainte.
Idem pour le Haut conseil de la liberté de la communication, qui n’a pas été informé d’une éventuelle faute commise par le chef de programme…Et pourtant