Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
"N’ayons pas peur du changement…
le changement, c’est nous..."
L’U.D.R-Mwinda (Union pour la Démocratie et la République), l’une des principales formations politiques de l’opposition, et que dirige le colonel à la retraite, Guy Romain KINFOUSSIA, a fait sa rentrée politique, dimanche 2 novembre 2008, au palais du parlement, à Brazzaville, avec pour thème central: "le changement". A cette occasion, l’U.D.R-Mwinda a réaffirmé son ancrage à l’opposition et exigé la mise en place d’une Commission Électorale Indépendante
Plusieurs responsables des partis de l’opposition étaient présents à cette cérémonie marquée par un meeting en salle. Sur les banderoles placées à l’entrée principale de la salle et à l’intérieur de celle-ci, on pouvait lire: "Militants et Militantes de l’U.D.R-Mwinda, les rangs serrés, en avant pour les futures conquêtes électorales"; "Avec Guy Romain KINFOUSSIA, la lampe de Ya Milos ne s’éteindra pas". Le groupe tradi-moderne, "Les Moyes authentiques" assurant l’animation, a électrisé la salle par ses chansons fétiches.
Ouvrant le bal des allocutions, Pascal NGOUANOU, président de la fédération U.D.R-Mwinda de Brazzaville, félicitant les cadres et militants de cette fédération, a déclaré que le peuple Congolais, en général, et les militants de l’A.N.R (Alliance pour la Nouvelle République), en particulier, attendent la tenue de la convention de l’A.N.R et sa structuration sur toute l’étendue du territoire national; et les états généraux de l’opposition Congolaise. Il a demandé la mise en place de la commission électorale indépendante.
Le représentant de la jeunesse de ce parti, NGOKANA HAMADOU, a critiqué l’attitude des dirigeants politiques qui ne respectent pas les engagements pris. Eulalie SIANARD, représentante de l’organisation des femmes de l’U.D.R-Mwinda, a demandé la refondation de l’État, par un État véritablement démocratique.
Élu président de l’U.D.R-Mwinda au congrès national d’avril 2008, à Brazzaville, succédant ainsi, à l’ancien premier ministre André MILONGO, décédé en juillet 2007, Guy Romain KINFOUSSIA a fait un long discours dans lequel il a rendu hommage aux personnalités politiques qui ont aidé le pays à s’ouvrir à la démocratie, avec la Conférence Nationale Souveraine. Puis, il a s’est lancé dans une critique acerbe contre la politique du Président Denis SASSOU NGUESSO. Il a dénoncé la pratique du diviser pour régner dont use, selon lui, le pouvoir actuel. "Partout où l’opposition a une audience certaine, on crée, à coup d’argent, de faux leaders de partis! A l’U.P.A.D.S., à l’U.D.R-Mwinda, au RD.D, et j’en passe. On inocule le venin de la discorde: diviser pour régner, telle est la pratique du pouvoir en place", a-t-il dit.
Pour lui, "le Congo n’est pas pauvre! Ce sont les Congolais qui sont pauvres, par la faute de la nouvelle désespérance". Puis, il a fait la litanie de ce que demande le peuple : "des emplois, des logements, de l’eau potable et de l’électricité, des soins de santé, l’école pour les enfants, le redressement de l’économie, le pouvoir d’achat, un environnement propre".
Faisant la rétrospective de l’élection présidentielle de 1992, et celle de 2002, il s’est interrogé sur les performances réalisées par le Président Denis SASSOU NGUESSO qui, en 1992, avait obtenu 16,87% de voix, tandis qu’il a été élu, en 2002, dès le premier tour, avec 89,41%. "C’est, peut-être, pour cela que la campagne insidieuse faite sur les médias d’État, nous annonce une victoire du candidat du R.M.P, dès le premier ! Il est démontré par ces deux exemples que cela n’est possible que si l’on se met en 2009 dans les mêmes conditions qu’en 2002, c’est-à-dire avec une CONEL rafistolée à coup de décrets rectificatifs", a-t-il dit.
Guy Romain KINFOUSSIA a formulé des préalables, avant l’organisation de l’élection présidentielle: l’amnistie à Pascal LISSOUBA, Benoît KOUKEBENE, NGUILA MOUNGOUNGA NKOMBO et Philippe BIKINKITA ; la finalisation des accords avec Frédéric NTUMI BINTSAMOU; l’organisation d’un recensement administratif spécial; le financement des partis politiques et leur accès équitable dans les médias d’État. Puis, il a demandé la mise en place d’une commission électorale indépendante.
"Que le gouvernement ne compte pas sur le candidat de l’opposition, pour boycotter, comme en 2002, l’élection présidentielle de 2009. S’il n’y a aucun consensus, personne, même pas le candidat du R.M.P, n’ira à cette élection. Le peuple souverain fera entendre sa voix", a-t-il conclu.
Pascal AZAD DOKO