Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
En 1991, Sous la pression populaire et celle de la communauté internationale et sous l’influence du "discours de la Baule" de François MITTERAND et du vent de la perestroïka, le peuple congolais a obtenu l’organisation de la conférence nationale qui a ouvert le pays au multipartisme, aux élections libres et à la démocratie. Une transition pacifique a été mise en place avec un Premier ministre (André MILONGO) et un Conseil Supérieur de la République (parlement de transition) élus.
Des Actes fondateurs d’un État de droit sont adoptés. Et le 15 mars 1992, une constitution consensuelle est votée par référendum. L’élan démocratique est tel que même les ressortissants Congolais de l’Estranger ont voté. Cette constitution est suivie d’une loi électorale instituant une commission électorale consensuelle, la Commission Nationale d’Organisation des Élections (CONOSEL) qui a la charge de toutes les opérations électorales, en amont comme en aval. Le découpage électoral s’appuie sur un recensement fiable, et est accepté par tout le monde.
En août 1992, Pascal LISSOUBA est élu Président de la République avec 62% des suffrages exprimés. Il devient le premier Président congolais élu au suffrage universel. Des élections législatives et locales ont aussi eu lieu sur fond de transparence.
Donc, parce que tout le processus électoral est organisé et supervisé dans le consensus général, aucun incident majeur n’est à déplorer. Ainsi le pays a connu des élections libres et transparentes sans heurt ni violence. Le pays a amorcé par-là l’apprentissage de la culture démocratique et de l’attitude républicaine.
Malheureusement en 1993, les équilibres politiques sont troublés et les institutions ébranlées. L’esprit consensuel de la CNS a disparu. La période est trouble et la tension politique élevée. La violence éclate en 1993-1994. Pour résoudre la situation, des élections législatives anticipées sont organisées par la Commission Nationale d’Organisations des Élections législatives Anticipées (CONOSELA), mais la crise politique persiste. L’opposition demande alors de revenir aux fondamentaux de la CNS. Elle signe un Accord cadre en mai 1996, puis publie un mémorandum en mars 1997.
Pascal LISSOUBA annonce la mise en place d’un organe consensuel chargé d’un recensement administratif spécial. Le 31 mai 1997, un Engagement Solennel pour l’Élection Présidentielle du 27 juillet 1997 est signé sous l’égide de Federico MAYOR (Directeur Général de l’UNESCO). Mais dans ce contexte politique très lourd, une guerre fratricide éclate le 5 juin 1997. Elle détruit le pays. Elle fait plus de 50000 morts.
La constitution de 1992 est abrogée. Le Président Denis SASSOU NGUESSO qui a gagné la guerre conduit une transition avec un Acte fondamental..Les conditions de cette transition ont été fixées par le "Forum national pour la réconciliation et la reconstruction du Congo" de 1998. Un " Dialogue National sans Exclusive" est aussi tenu en 2001. Une nouvelle constitution est votée en 2002, suivie d’élections générales (présidentielles, législatives et locales).
La situation sociopolitique actuelle
A l’extérieur du pays, la Diaspora composée de l’essentiel de l’élite qui n’approuve pas la politique du Président Denis SASSOU NGUESSO, s’organise et conteste de plus en plus de façon véhémente.
A l’intérieur du pays, certains des soutiens de la victoire militaire de 1997 sont marginalisés. Les proches parents occupent les postes les plus importants de l’État.
Le pays vit un paradoxe, pendant que la richesse nationale augmente, la population s’appauvrit au jour le jour. Des scandales financiers touchant le pays font la Une des journaux. Le peuple s’offusque et commence à revendiquer des meilleures conditions de vie. En même temps certains exilés politiques rentrent. Et l’opposition donne de la voix. Elle réclame l’organisation consensuelle des élections législatives (2007), locales et municipales (2008) et présidentielles (2009). Elle réclame une Commission électorale nationale indépendante (CENI). Le pouvoir ne cède pas.
Les législatives de 2007 ont été un fiasco retentissant (reconnu comme tel par les observateurs étrangers et par le pouvoir lui-même) avec un taux d’abstention de près de 85%. Mais le pouvoir a validé les résultats.
Les locales de 2008 ont eu lieu avec un taux d’abstention de près de 95%. Là encore le pouvoir a validé les résultats.
Ce même peuple qui a participé dans l’allégresse aux élections générales de 1992 avec des taux de participation de plus de 85%, vient de boycotter les législatives et les locales. Il manifeste ainsi sa colère, sa désapprobation et son ras-le-bol.
Une tension sociale et politique palpable s’installe donc dans le pays. Les signes de cette tension sont :
Le disfonctionnement des institutions
Au sortir de la crise du 05 juin 1997, les "vainqueurs de la guerre" ont cru bon de remplacer la Constitution du 15 mars 1992 par un "Acte Fondamental" qui a instauré un régime de transition "flexible", expérimentant un régime de concentration de pouvoirs au seul profit du chef de l’État face à un Parlement dont les membres étaient tous nommés par le Président de la république Denis SASSOU NGUESSO
Le Congo a depuis lors définitivement tourné le dos aux principes démocratiques. La Constitution du 20 janvier 2002, initiée par le pouvoir issu de la guerre a confirmé les dérives du régime en créant une pléthore d’institutions tout aussi "budgétivores" qu’inefficaces :
L’indispensable Relance de la démocratie
Le pays est donc tendu. Ce serait un suicide collectif d’aller ainsi à l’élection présidentielle de 2009 sans avoir crée les conditions d’une véritable réconciliation et d’une authentique démocratie. Il faut éviter que le peuple et les opposants politiques n’aient d’autres choix que de se radicaliser (soulèvement, violence, rébellion, coup d’états, etc..), alors que nous devons régler les problèmes politiques autrement. Nous savons le faire puisque nous l’avons déjà fait.
Pour retrouver le peuple, lui donner goût à la vie, solliciter sa participation active à la gestion de la cité, il nous faut relancer la démocratie par une Concertation Nationale Inclusive.
Le pouvoir, par la voix du 1er Ministre Isidore MVOUBA vient de parler d’un dialogue avec les partis politiques.
Un dialogue qui se limiterait aux partis politiques, qui se contenterait de trouver un consensus sur la CENI et sur les problèmes organisationnels de la présidentielle de 2009 n’est pas à la hauteur de la situation très préoccupante du pays.
Il doit concerner toutes les forces vives du pays : Partis Politiques, Société Civile et Institutions Religieuses.
Parce que c’est la CNS qui a mis fin au régime de parti unique et qui a instauré le multipartisme et la démocratie dans notre pays, seule une Concertation Nationale Inclusive peut en faire l’inventaire et relancer les mécanismes de la démocratie ;
Parce que la CNS a été un grand moment de consensus national ;
Parce que les actes de la CNS et la constitution du 15 mars 1992 ont été acceptés par l’ensemble de l’élite politique du pays y compris le Président Dénis SASSOU NGUESSO ;
Parce que la constitution de 2002 a montré ses limites,
Parce que le pays est sous tension, que les Congolaises et Congolais ne doivent plus s’entretuer pour le pouvoir et le bonheur de quelques-uns;
Et comme nous ne devions plus vivre dans la peur, l’hostilité, la rancœur, la méfiance et la haine de l’autre, mais dans la liberté pour construire notre pays ;
Toute la classe politique doit se re-saisir et reprendre le chemin et l’esprit de consensus de la CNS pour reconquérir l’ordre démocratique, se réconcilier avec le peuple et stopper ses souffrances ;
Il faut donc que le pays se retrouve. Et il ne peut se retrouver valablement qu’au cours d’une Concertation Nationale Inclusive;
C’est pourquoi, les signataires du présent mémorandum, de toutes tendances politiques confondues, du pouvoir comme de l’opposition, de la société civile et des institutions religieuses, exigent solennellement au Président de la République,
Monsieur Denis SASSOU NGUESSO de :
Les signataires du présent mémorandum affirment leur volonté d’œuvrer pour une paix et une sécurité durables pour le Congo et son peuple.