Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
A l’instar de nombreux pays Africains, le Congo Brazzaville connaît à partir de 1990, une vague de
mouvement revendiquant la démocratie. Dans cette République populaire qui se réclamait alors de l’idéologie marxiste-léniniste, les bouleversements sur la scène internationale et un contexte économique interne difficile, ont stimulé la multiplication des grèves, des revendications estudiantines ainsi que l’apparition d’une opposition qui réclame une Conférence Nationale et le départ du Président Denis SASSOU NGUESSO.
Le Comité Central du Parti Congolais du Travail (PCT) se prononce en faveur du multipartisme au début du mois de juillet, mais la révision de la Constitution dans ce sens n’intervient qu’en décembre. Le PCT renonce à l’idéologie marxiste et à son rôle dirigeant. Plusieurs formations politiques sont alors reconnues. Le Président Denis SASSOU NGUESSO annonce finalement la tenue d’une Conférence Nationale lors de sa présentation des vœux du nouvel an à la nation.
Le 25 février 1991, la Conférence Nationale Congolaise s’ouvre à Brazzaville. Elle va durer 3 mois, jusqu’au 10 juin 1991. Elle sera présidée par Monseigneur Ernest KOMBO évêque d’Owando. Elle a pour "mission essentielle de redéfinir les valeurs fondamentales de la nation et de créer les conditions d’un consensus national en vue de l’instauration d’un Etat de Droit". Cette institution regroupe les membres des partis déclarés, des associations indépendantes, des organisations non gouvernementales et confessionnelles, soit environ 1 200 délégués.
La Conférence proclame sa souveraineté et adopte un Acte fondamental suspendant la Constitution de 1979 ainsi qu’une Charte des Droits et Libertés.
La Conférence met en place trois organes : La Présidence de la République, assurée par Denis SASSOU NGUESSO qui reste à son poste mais se voit retirer certaines de ses prérogatives, le gouvernement de transition avec à sa tête le Premier ministre André MILONGO, ancien administrateur à la Banque Mondiale, le Conseil supérieur de la République (CSR), présidé par Mgr KOMBO et composé de 153 membres, représentants les différents groupes présents lors de la Conférence Nationale. Il doit s’assurer de l’exécution des décisions prises pendant la Conférence, suppléer l’absence du Parlement et faire voter les lois.
La transition Congolaise est marquée dès le départ par de nombreux ratés tels que l’affrontement, en septembre 1991, entre le gouvernement et la Confédération syndicale Congolaise qui s’oppose au plan de restructuration des entreprises et de la fonction publique.
Des tentatives de coups d’Etat, contre André MILONGO lors de son voyage aux Etats-Unis en décembre 1991 et contre Denis SASSOU NGUESSO, en janvier 1992 sont à noter. Le mois de janvier 1992 est aussi marqué par un remaniement ministériel dû à une crise politico-militaire. C’est enfin sur fond d’ethno-régionalisme et de relations conflictuelles entre le gouvernement de transition et les groupes pétroliers Elf et Agip que se déroule la transition.
Le 15 mars 1992, un référendum a lieu, aboutissant à l’adoption de la Constitution de la quatrième République avec 96,3 % des suffrages.