Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo

Publicité

La Prostitution des instellectuels et la Culture du Diplôme "fin en soi"

L’alliance perverse entre intellectuels aigris et militaires ambitieux


Il est nécessaire pour les intellectuels d’un pays qui ne cesse de tourner en rond depuis l’accession à l’indépendance d’avoir l’humilité de s’arrêter un moment et de se poser des vraies questions.

La première question est sans doute celle de savoir si notre situation actuelle n’est pas le fruit de la prostitution de certains intellectuels aigris auprès des militaires qui ont toujours contrôlé, depuis la chute de l’abbé Fulbert YOULOU, l’état ?

En effet, lors du triomphe du socialisme scientifique, il était nécessaire de le théoriser en l’adaptant à la réalité Congolaise. Cette nécessité exigeait donc de la part des militaires qui convoitaient le pouvoir, de s’entourer des intellectuels capables de création d’esprit.

Il a donc fallu que les intellectuels sensibles à l’idéologie communiste puissent se mettre à réfléchir pour façonner des instruments de propagande, de répression et de contrôle de la population. Toutefois, cette réflexion aurait été vaine sans le soutien décisif des militaires qui détenaient la force armée et donc la décision finale.

Aussi, au lendemain de la chute du Président Fulbert YOULOU on voit se former des groupes dit de "réflexion politique"  aussi bien à Mpila qu’à Bacongo, disposant chacun des soutiens dans le milieu militaire, et qui souscrivent tous au socialisme scientifique avec des petites variantes.

Je ne citerai pas les noms ici, certains sont encore vivants (ils se reconnaîtront) d’autres ont été avalés par le monstre qu’ils avaient aidés à créer.

Ces sois disant groupes de "réflexion politique"  vont être les lieux où les coups d’état seront programmés et à partir d’où l’ancienne école politique assurera l’alternance au pouvoir. À chaque coup d’état, le groupe qui s’impose en profitera pour éliminer physiquement les concurrents intellectuels et militaires.

Toute l’histoire politique du Congo Brazzaville, et la jeunesse doit le savoir, n’est que la continuation de cette alliance grâce à laquelle le pouvoir est maintenu ou perdu.

Il est donc nécessaire aujourd’hui, pour ceux qui veulent changer en profondeur notre société de prendre la mesure du risque que constitue des intellectuels aigris.

En effet, beaucoup des Congolais, hélas, considèrent le diplôme comme "une fin en soi", c’est-à-dire que pour eux, la seule possession des diplômes suffit pour mériter d’être ministres, chefs ou encore président de la république.

Cette culture du diplôme "fin en soi" ne nous fait pas comprendre que le diplôme est une attestation formelle d’un développement d’instruction intérieure , qui exige d’être pratiqué et concrétisé par des réalisations extérieures qui changent la société. Au contraire, cette culture fait le lit des militaires félons qui y trouvent leur compte.

Ainsi, les militaires qui contrôlent le pouvoir politique depuis belle lurette se font facilement des alliés intellectuels car ceux-ci voient dans leurs seuls titres universitaires le droit d’occuper des grands postes au sein de l’état alors même que le principe de fonctionnement de cet état est contraire aux valeurs que leurs diplômes devraient leur avoir fait acquérir.

Pourtant, à en croire BERGSON, l’intelligence "est la faculté qui créée les outils".

La faculté intellectuelle est celle qui permet à un individu, devant les difficultés auxquelles il est confronté d’inventer des outils susceptibles de lui permettre de les dominer. C’est le cas chaque fois qu’un être humain trouve par l’exercice de son esprit comment résoudre le problème de la chaleur suffocante en inventant le climatiseur ou encore du froid hivernal en inventant le chauffage.

Cette capacité de création apparaît aussi dans la résolution des crises sociales aigues comme ce fut le cas lorsque Guillaume le conquérant décida d’unifier les diverses règles de droit des pays de galles, de l’Ecosse et de l’Irlande.
Il envoya des juristes dans toutes ces provinces qui constituent aujourd’hui le Royaume-Uni pour repérer les points communs de règlement des litiges afin de réunir un certain nombre des principes communs coutumiers constituant le droit civil en vigueur aujourd’hui.

Le problème pour nous autres Congolais, c’est que l’idéologie du socialisme scientifique a fortement corrompu dans nos esprits le sens même du mot intellectuel. Il suffit de voir comment nous nous donnons du mal pour avoir des titres universitaires, comment nous les excipons avec fierté comme des arguments objectifs de notre intelligence.

Je ne dis pas ici, que le diplôme ne sert à rien, mais je précise qu’il ne suffit pas, encore faut-il qu’il aide à résoudre les problèmes de notre pays. La culture du diplôme "fin en soi" suscite des aigris car elle fait croire à tort que le diplôme en lui-même sans notre effort d’esprit à résoudre concrètement les problèmes de notre société suffit.

Cette culture est la cause de la légion des diplômés incompétents que nous connaissons aujourd’hui et qui font le lit de notre dictateur national.

Cette culture incite à servir des régimes les plus abominables, des leaders les plus obscurantistes, simplement parce que bénéficiant d’une promesse d’être ministre. Ils sont nombreux ces intellectuels qui courent les militaires ambitieux ou autres leaders sans amour patriotique et surtout sans capacité véritable de trouver des solutions concrètes aux problèmes des Congolais.

Intelligence en latin, se dit "intelligere" c’est-à-dire la capacité de faire des liens entre des situations qui peuvent paraître étrangères. Allez savoir si un demi-siècle après l’indépendance, ces intellectuels là ont fait le lien entre leur culture du diplôme "fin en soi"  et la déliquescence de notre pays.

En France, les solutions aux problèmes de la société sont trouvées par des intellectuels spécialistes dans leur domaine, il en est de même dans tout le monde occidental.
Au Congo Brazzaville, les intellectuels se distinguent simplement par leur verbiage et leur capacité à être les idéologues des militaires imbus de leur personne.

Cette inféodation de ceux qui étaient censés réfléchir et réaliser une société libre et prospère à un corps militaire détenteur du pouvoir politique est la croix sur laquelle la jeunesse Congolaise est crucifiée.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article