Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo

Publicité

Les Banques de la Nouvelle DésEspérance

Congo-Mfoa, 49 ans d’indépendance, quel est le poids de nos banques?


Par : Obambé GAKOSSO

Les sites internet officiels de notre pays sont très révélateurs de la manière dont nos officiels bossent, ou plutôt, paressent. Oui, il n'y a pas d'autres mots pour le dire, la paresse est une caractéristique essentielle de nos élites au pouvoir depuis 12 ans, et en toute franchise, leurs prédécesseurs ne se sont pas vraiment distingués par une ardeur dans le labeur, à part peut-être les années Alphonse MASSAMBA DÉBAT.

Le site www.congo-siteportail.info que l'on peut considérer comme une vitrine, sinon la vitrine officielle Internet de notre pays me fait le plus souvent rire, car le stade de la pitié ne convient pas tout le temps.

On y apprend notamment, concernant l'économie Congolaise que le Secteur bancaire est en plein essor. Ah! bon? Ça a du bien nous échappé alors. De plus, il est dit que L'Etat a décidé de se désengager progressivement  du capital des établissements publics (…) Trois grandes banques vont être privatisées (…)
(Compagnie financière de participation) ? Depuis peu, elle est entrée dans le giron du groupe Français Banques populaires et s’appelle dorénavant BCI (Banque commerciale internationale). Ça, tout le monde le sait, sauf les écrivaillons et gestionnaires du site officiel de notre pays.

Aussi, comment être étonné lorsqu’à la lecture du classement annuel des banques africaines 2008, contenu dans le hors série de Jeune Afrique, n°19, spécial Finances, édition 2008, on peut voir que sur les 200 premières banques Africaines, la première banque Congolaise… ne figure nulle part ! En fait, pour voir le nom de notre pays apparaître, il faut se téléporter très rapidement à la place n°163 pour le voir figurer, mais c’est un trompe-l’œil car c’est juste une filiale de la BGFI Bank, banque Gabonaise. Et le classement sous-région/sous-région permet de voir le Congo Brazzaville "émerger"  (si l’on puit dire !) brillamment en position 14 sur 30, grâce à ce qui était à ce moment-là la La Congolaise de banque (actuelle BCI, ex-UCB, ex-COFIPA).

Le but de ce post n’est pas de vouloir à tout prix que notre pays se retrouve avec une agence bancaire à chaque coin de rue, ou que nos banques se retrouvent d’un seul coup avec des milliards et des milliards de Yuans, de Livres Sterling ou autres. Non, loin de tout cela.

Mais il est quand même étonnant, chers compatriotes qu’en près de 50 ans d’autonomie, nos dirigeants n’aient pas réussi à mettre sur pied un secteur bancaire fort, dynamique, capable d’accompagner les Congolais dans leurs activités de tous les jours !

On ne demande pas à l’Etat de créer des banques et d’en demeurer propriétaire, non plus. Les 4 1ères banques Africaines (Standard Bank Investlent Corp., Amalgamated banks of SA, Firstrand Banking Group, Nedbank Group)  toutes Sud-Africaines, sont privées.

De même que les autres du classement d’ailleurs (Nigérianes, Marocaines, Egyptiennes…). Cela est dù non seulement à de brillants managers et à de beaux et gros investissements, mais d’abord et avant tout parce que l’environnement financier a été bien mis en place par les diverses autorités.

Chez nous, ce ne sont pas les ministres de l’Economie et de Finances pourtant qui ont manqué, mais sincèrement, sans vouloir être gratuitement méchants, sur ce terrain au moins, je pense que leurs diplômes ramassés à travers le monde ou ne leur ont servi à rien, ou encore, ils n’ont rien compris de ce qu’ils allaient y apprendre !

Dans les 80’, nous avions la BCC (Banque Commerciale Congolaise), la BNDC (Banque Nationale du Développement du Congo). Ces 2 banques sont mortes. Gérées pendant longtemps par des cadres Congolais, elles ont toutes mis la clé sous le paillasson. Combien de leurs dirigeants nous ont expliqué un seul jour pourquoi, dans un pays où il y a autant de concurrence dans le domaine bancaire que de poils sur un œuf, ces 2 banques ont pu disparaître comme par magie du paysage national ?

Mais bon, il faut dire qu’ils étaient tellement en complicité avec les ministres et divers présidents que ce n’est pas demain la veille que la vérité apparaîtra. Aujourd’hui, il ne subsiste que la BCI, MUCODEC (Mutuelle Congolaise d’Epargne crédit), le CAIC (Crédit pour l’Agriculture et l’Industrie au Congo) et la BIDC (Banque Internationale du Congo, créée le 04/03/1983) qui a connu de graves difficultés financières dans les 90’.

Un miracle tout de même a eu lieu sous la Nouvelle DésEspérance, à savoir, la naissance d’un établissement bancaire. En 12 ans de présidence du PCT, cela relève du miracle, il faut le mettre à leur crédit (sans aucun jeu de mots) ; c’est la Banque Congolaise de l’habitat (BCH avec l’aide de la Tunisie).

Nos banques, comme tant d’autres structures de la place ne jouent que très rarement le jeu. Elles sont là bien souvent pour servir les barons du régime, plutôt que le citoyen Songolo lorsque ce dernier veut se lancer dans un projet d’acquisition immobilière, d’achat de véhicule ou encore lorsqu’il veut investir dans une affaire. Soit le prêt lui est refusé, soit ce qui lui est offert est tellement dérisoire qu’il a à peine de quoi offrir une tournée générale à sa garde rapprochée dans le bar ou nganda le plus proche de sa banque.

On ne peut pas toujours blâmer ces banques, car avec des traitements de 50.000 à 300.000 XAF (Fonction publique), une tonne de ciment à 200.000 XAF à Mfoa, on fait quoi ? Je me souviens que lors de la CNS 91, en causant avec des cadres de 2 grandes banques de la place, j’apprenais que les difficultés de trésorerie auxquelles étaient confrontées leurs banques étaient dù au fait qu’elles ne pouvaient recouvrer leurs frais auprès de très grosses légumes locales. Le jeune naïf que j’étais à l’époque avait espéré que, la démocratie revenue, ces questions allaient être réglées. Que nenni ! Et là, il faut bien renvoyer dos à dos ceux et celles qui traitent à tout bout de champ Denis SASSOU NGUESSO et Pascal LISSOUBA de tribalistes.

Ils ont laissé faire ces hommes qu’ils connaissaient, qu’ils connaissent très bien (je prendrai juste le cas de 2 d’entre eux, un originaire du Kouilou et l’autre originaire des Plateaux). A ce jour, ils n’ont jamais payé et ils ne paieront sans doute jamais leurs créances. Et c’est tout le peuple qui en pâtit. Et c’est nous tous qui continuons à admirer le dynamisme des secteurs bancaires Marocains, Tunisiens et Est-Africains.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article