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Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo

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LE CHANGEMENT POLITIQUE AU CONGO : UNE INTERPELLATION COLLECTIVE

Sonh Ignace MAFOUMBI / NDONGUI Mabiala / Télesphore MBADINGA

Pendant presque un demi-siècle le Congo Brazzaville, notre pays est resté sous le contrôle des mêmes personnes qui ont brillé par une insouciance manifeste, une incompétence et une médiocrité dans la gestion de la chose publique. C'est ainsi que l’essentiel des biens de la nation est pratiquement confisqué entre les mains d’une poignée de gens issus d’une même famille auxquels s’ajoutent quelques autres prédateurs.

Aujourd’hui, le Congo Brazzaville est dans un tel état de délabrement que rien ne laisse présager une quelconque amélioration. Le chômage, l’augmentation du coût de la vie et le maintien des salaires à leur niveau des années 70 contribuent énormément à la paupérisation du peuple. Le manque d’eau et d’électricité, l’inexistence d’un véritable système de santé, et l’environnement de plus en plus insalubre sont des facteurs d’aggravation des maladies. Quant à l'éducation donc le devenir de la jeunesse, elle n'a jamais été la préoccupation de nos dirigeants.

Nous vous rappelons que, quoi que nous disons par la suite, nous récusons par avance l’imputation de partialité à la sempiternelle querelle pour ou contre Tartempion. Nous n’en sommes pas à ce niveau. Nous n’en avons, d’ailleurs, jamais été. Seuls quelques esprits tourmentés ont essayé, en vain, de nous ramener à ces considérations stériles. Nous avons un ennemi à vaincre, c’est le système incarné par Denis SASSOU NGUESSO et par certains de ses pseudos opposants.

Pour autant, nous pouvons nous interroger sur le comportement de nos Hommes politiques, mais aussi sur celui des "nouveaux Hommes politiques" que nous prétendons être.

Nos aînés, à quelques rares exceptions près, ont montré leurs limites dans la manière de traiter les grandes questions politiques et socio économiques de notre pays. Et pourtant, c'est aux politiques, s'ils en sont capables, de fixer l'ambition de la Nation ! Les nôtres, formés à l’école du parti unique n’ont jamais été des libéraux, dans le sens premier du terme c’est-à-dire "Qui n'imposent pas ou qui n'acceptent pas que soit imposées à autrui certaines contraintes." et "Qui respectent la liberté d'autrui, essentiellement sa liberté de choix (ses idées, ses croyances, ses actes)."

Tout notre problème se trouve dans la formation des Hommes qui se disent Hommes politiques. Nul ne peut s’improviser Homme politique. D’une manière générale, on s’y prépare. La réussite en politique est certaine quant on est un Homme qui incarne un projet et qui a une certaine vision de la société dans laquelle il souhaite vivre.

Tous ces arguments plaident en faveur de l'avènement à la tête du pays d’acteurs politiques nouveaux et émérites, capables d’amorcer un changement politique au Congo Brazzaville.

Mais ce changement politique, donc le Congo Brazzaville de demain, que nous voulons construire, nécessite une responsabilisation de chaque Congolaise et de chaque Congolais, un changement radical de comportement.

Le Congolais doit transcender toutes ses pesanteurs, toutes ses peurs, mais surtout il doit subir une profonde mutation dans son comportement social, afin d’impulser une alternance, un changement politique et socio-économique nécessaire pour sortir notre pays de l’impasse dans lequel il se trouve.

Nous qui, sans prétention aucune, aspirons au mieux être de nos populations par la pratique d'une nouvelle politique, avons l’obligation morale de nous impliquer dans les grands bouleversements socio économiques et politiques de notre pays afin que celui-ci se construise selon nos valeurs.

Pour cela, il nous faut s’affranchir de ces Hommes politiques véreux qui nous gouvernent ou ces vendeurs de sommeil qui se disent opposants. Ceux de notre génération qui sont devenus portes paroles ou simples courtisans ne mesurent pas l’ampleur du problème.

Arrêtons d’être des incantateurs d’idées vieillissantes véhiculées par des hommes politiques dont le passé ne peut servir de modèle à aucune génération du futur et qui pour la plupart sont en fin de cycle.

La volonté de changement doit être notre leitmotiv. Cette volonté se traduira par le libre débat dans les familles, au sein des associations, mais surtout des partis politiques, où chacun, respectueux de la pensée de l’autre, s’enrichira de l’échange, affermira sa propre réflexion afin de gagner en autonomie intellectuelle et être un citoyen à part entière c’est-à-dire un individu détenteur d'une partie de la souveraineté politique.

Naturellement le changement pour le changement ne sert à rien, il sera vain et inopérant. Le changement n’est pas un but à atteindre, ce n’est pas une finalité, c’est une voie qui permet d’avoir des Hommes politiques nouveaux, qui apprennent à mieux se connaître, d’abord, soi même et qui reconnaissent l’autre, c’est-à-dire le citoyen comme un alter ego, un autre soi-même.

La finalité est que ces Hommes politiques nouveaux puissent travailler au service des concitoyens en concevant :

  • Une ligne de conduite, un fil conducteur de la philosophie de la société qu’ils souhaitent voir ;

  • Une façon de vivre, des valeurs humaines, sociales qu’ils veulent donner à leur société ;

  • Un programme de développement global du pays et voire même de la sous-région.

Très schématiquement, l’on pourrait dire que la mutation du citoyen engendrera l’éclosion des Hommes politiques  différents, qui auront une approche de la politique radicalement opposée à celle des hommes politiques d’aujourd’hui et qui sauront transcender l'essentiel de leurs différences afin de privilégier l'intérêt général.

Chers compatriotes, comme nous l'avons dit plus haut, il est de notoriété publique que le Congo Brazzaville recèle d’Hommes politiques inadaptés, déviants, voire déphasés. Cependant, Il est possible que leur proportion ne soit pas plus importante chez nous qu’ailleurs dans d’autres pays Africains qui sont mieux lotis que nous. C’est donc à nous, à notre génération de remédier à cela.

Notre ambition doit être de former des Hommes politiques nouveaux qui sauront construire un pont entre la politique et le peuple, qui sauront réconcilier le discours avec les faits afin que la politique soit reconsidérée comme un combat noble, celui de permettre le bien être de la cité.

Chers compatriotes osons le changement, car "pour vaincre, il faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace" disait Danton.

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