Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo
Elections Présidentielles 2009, Où est le Courage des Prétendants ?
Par : Obambé GAKOSSO




Si Dame Nature le veut bien, le 12 juillet prochain, dans des conditions assez scabreuses, les Congolaises et les Congolais résidents au Congo Brazzaville auront le droit d'aller voter. Peu importe la manière dont les choses se passeront, on appellera ça "vote” et le chef en place de 1979 à 1992, puis de nouveau depuis 1997 (soit un total global (pour parler comme J.-M. KANKAN) de 25 ans, si j'excepte les 2 ans de Jean Jacques Joachim YHOMBI OPANGO où il avait réellement le pouvoir. On repartira, si Dame Nature en décide ainsi pour 7 années de plaintes, de pleurs, de stagnation, de reculades en termes économiques. Ce constat, je ne le suis pas le seul à le faire. Cela peut paraître défaitiste, mais les faits sont têtus et il est très difficile de lutter contre les faits. Car les faits, c'est la réalité.
Entre ce que l'on veut et ce que l'on a, il existe bien trop souvent un fossé pas évident à combler. si certains pensent que les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent, je pense plutôt que les opposants Congolais ont un adversaire qu'ils méritent amplement. La piqûre que je mets aujourd'hui est plutôt destinée à tous les candidats à la présidentielle.
J'ai une haute estime de la politique, je ne la considère pas comme une activité semblable aux autres. En politique, on se met au service du peuple, pour le servir. On se “sacrifie”, on ne compte pas ses heures, pour le bien commun. Cependant, mes écrits ici l'attestent, j'ai très peu d'estime pour la classe politique Congolaise en général et pour celle qui dirige en ce moment le Congo, en particulier. Se présenter à la présidentielle ne devrait pas être considérée comme un jeu. On ne peut prétendre au suffrage de ses concitoyens si on ne se croit pas porteur de messages forts pour eux; si on n'est pas prêt à aller à la rencontre des siens (c'est à dire le peuple entier); si on n'est pas prêt à aller leur parler.
Les dirigeants qui sont actuellement en place n'ont aucune légitimité, je le concède. Mais ils sont là et il faut faire avec. Si tous nos aînés n'avaient pas raté les débuts, ne nous avaient pas conduits dans les soubresauts que nous avons connus, ces aventuriers et marchands d'illusions actuellement accrochés comme des mintudia, au pouvoir, auraient été balayés depuis longtemps ou n'auraient même pas existé à ce niveau.
Je suis consterné quand je vois comment les candidats Congolais ont mené leurs campagnes (si campagnes il y a eu). Le peuple Congolais n'est pas dupe. Il sait très bien que si les urnes "parlaient" librement, le pouvoir en place serait battue même par un mèmè. Mais ce peuple, en dehors du président sortant, connaît-il ses adversaires ou supposés tels ?
Nos chers candidats à la présidentielle de 2009 ont chacun d'entre eux une valeur au moins, en tant qu'être humains. Mais comment concevoir qu'un homme ayant déjà 70 saisons sèches ”oublie” que dans la constitution nguessonienne, nul ne peut concourir vers le Saint-Graal s'il a déjà atteint cet âge?
Comment comprendre qu'un homme passe outre la partie faisant état de 2 ans de résidence "continue” (ce ne sont pas les mots exacts, mais je m'en rapproche) au pays et aille déposer son dossier, tienne de petits meetings par-ci par-là, faisant croire à ces pauvres gens qu'il est prêt à se battre jusqu'au bout ? Je classe cette catégorie de personnes parmi celles qui n'ont rien à dire, rien à faire des Congolais mais qui cherchent à se faire de la pub. Dans quel(s) but(s) ? seuls eux-mêmes savent pourquoi! A moins que ce ne soit, comme nombre de personnes les soupçonne, pour servir de caution morale à cette mascarade; pour mettre en place une stratégie ?
Certains, au sein de l'UPADS pensent que leur candidat, qui n'est quand même pas stupide, savait très bien que son dossier serait rejeté, mais il a en fait déposé pour gêner ses camarades, pour barrer la route aux autres. Si la santé est encore avec lui, il se sentira un peub"légitime" pour postuler en 2016! Drôle de manière de faire la politique.
Au Royaume des sourds, il y a beaucoup de bruit pour rien (Francis BLANCHE et Pierre DAC).
L'autre catégorie, c'est à celle-là que j'en voudrais le plus. Je veux bien qu'il y ait 10 candidats en face de Denis SASSOU NGUESSO, voire 1000 si nous en avons la possibilité mais, de tous ces prétendants au trône, combien ont fait une tournée à travers le pays, sillonnant ne serait-ce que les chefs-lieu de tous nos départements, allant dans les 2èmes cités de ces départements, pour aller se faire connaître des Congolais, discuter avec eux, connaître un peu mieux leurs préoccupations, que ce que leurs lieutenants divers veulent bien leur apporter ?
Combien ont dans leurs équipes des spécialistes, des experts à même de leur dresser les cartes économiques, agricoles, géologiques, démographiques de chaque département?
Je sais que cela n'est pas chose aisée de prendre son temps, de réunir des équipes pour y arriver, mais si on n'ose pas, on le fera quand?
Je veux bien croire et comprendre que le régime en place est tout sauf démocratique et, par voie de conséquence, il ne laissera pas aussi aisément des adversaires politiques (je dirais même “ennemi”, dans son entendement) tenir des meetings ça et là, mais il faut en plus d'être bardés de diplômes, en plus de faire de beaux et longs discours (qu'on ne comprend pas toujours soi-même, car entre nous soit dit, quand YHOMBI OPANGO parle de social-démocratie, sait-il vraiment de quoi il parle ?), en plus de mettre les derniers costumes qu'on a vu dans les DVD de sapologie, il faut, dis-je, avoir ce courage physique d'aller sur le terrain, dans la rue, quitte parfois à braver les forces de l'ordre.
Les leaders les plus respectés ne sont pas forcément ceux et celles qui ont gagné une fois les élections, mais il y a aussi ceux qui, comme un Laurent GBAGBO, un Abel GOUMBA, un TSHISEKEDI WA MULUMBA, un ADAMOU MOUMOUNI DJERMAKOYE, un ABDOULAYE WADE, etc. se sont rangés aux côtés de leurs militants et n'ont pas hésité à prendre des coups de matraque sur le crâne.
Ce sang qui a coulé, c'est celui qui fermente aujourd'hui certaines démocraties. Je ne leur demande pas d'aller au casse-pipe, à aller ramasser des pierres pour jeter sur les CRS, mais un pouvoir, aussi solide soit-il, face à des leaders crédibles et déterminés finit par craquer et par s'effondrer ou par lâcher du lest.
Si Morgan TSVANGIRAÏ n'avait pas eu le courage d'affronter les nervis de Robert MUGABE, je doute fort que ce dernier en serait arrivé à céder un peu de ses pouvoirs. Tant que le peuple aura l'impression que les prétendants au trône auront le trouillomètre à zéro pour aller les rencontrer, il sera très difficile de réaliser des scores tels que ceux connus en 1992. Tnt qu'il ne trouvera pas des gens capables de les entraîner sur les chemins difficiles de la Liberté, du Bonheur, en emprunter à pied les mêmes rues et avenues que lui, on aura du mal à avancer.
Bon, je pense néanmoins que dans cette 2ème catégorie de candidats, certains prennent date, histoire de se faire connaître et de voir combien ils "pèsent” aujourd'hui, et mieux ajuster peut-être leur tir la prochaine fois. Je leur conseillerai tout de même de faire gaffe car au Bénin, le Vieil Adrien HOUNGBEDJI, après avoir perdu 2 fois (1996, 2001) était persuadé que son tour était arrivé en 2006. Hélas! pour lui, il fut balayé par haut-fonctionnaire international nommé Thomas BONI YAYI.
De grâce, après le 12 juillet 2009, lorsque Denis SASSOU NGUESSO nous aura donné son score (75 ? 85 ? 90% ?), il serait temps que cette opposition s'organise, se fasse connaître du peuple Congolais et travaille le terrain, très t tôt, pour diminuer au maximum la marge de manoeuvre des experts en fraude. Sinon, nous serons encore au même point en 2016. On n'écrase pas deux fois les c…. d'un aveugle.