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Restauration de la Démocratie de l'Etat de Droit et de la Républque au Congo

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Un Enfant Agonisant, Gisant dans les Ordures dans l'indifférence Général

Congo Brazzaville, Ville de Pointe-Noire, Mardi 21 juillet 2009, 14H00, face à l’hôpital de Loandjili

Une femme regarde un enfant gisant dans les immondices. Avec un bâton elle le pique sans obtenir la moindre réaction. L‘enfant est mort. A cinq mètres de là, une menuiserie est en pleine activité, patron comme employés, indifférents au drame qui vient d’avoir lieu.

Nous nous rendons immédiatement au commissariat pour déclarer les faits et pour que la police remplisse son devoir. D’évidence, seule la qualité de mon accompagnateur impose à la maréchaussée de laisser un temps sa sieste. Deux éléments sont dépêchés sur les lieux, dans notre véhicule.
L’ami qui m’accompagne, maire d’une commune du pays, appelle sa consœur en charge de l’arrondissement.
S’ensuit une conversation kafkaïenne :

Il faut prévenir la police…
C’est fait.
Alors c’est bon…
Mais, tu ne viens pas sur les lieux, je suis juste devant ton bureau ?
Ce n’est pas la peine puisque tu y vas…
Mais ce n’est pas ma circonscription
Ca ira…

Nous arrivons sur place avec nos deux argousins plutôt embarrassés. Rien n’a été fait, mais l’enfant fait un faible mouvement, il est donc en vie. Nous demandons aux urgences de l’hôpital de faire quelque chose. Ils nous répliquent qu’ils ne peuvent pas agir en dehors de l’enceinte de l’établissement, que nous devons déplacer le malade jusqu’à eux. Que nous argumentions en leur faisant valoir que nous ne sommes pas médecins, que nous ignorons totalement de quoi souffre l’enfant et que le déplacer sans avis médical et compétences peut lui être fatal ne les émeut pas. Le règlement, c’est le règlement.
Anthony MOUYOUNGUI, journaliste de la chaîne de radio privée DVS+. Il est très vite sur les lieux avec une caméra. (Nous attendons son sujet monté).

J’appelle Laure BOTALIER, la directrice du Samu Social Pointe-Noire dont la vocation est l’assistance aux enfants de la rue. Elle n’est pas à son bureau, mais elle déclenche aussitôt un plan d’urgence par téléphone, mobilise une équipe mobile de trois personnes qui parviennent à faire le trajet depuis la gendarmerie en moins de 20 minutes.

Auscultation, nettoyage sommaire, hardes enlevées et jetées, l’enfant, enroulé dans un pagne est chargé dans le véhicule presque médicalisé et évacué vers l’hôpital Adolphe Cissé où le Samu Social Pointe-Noire possède un accord de partenariat.

Nous sommes outrés de l’incivisme que nous avons constaté sur ce fait divers.

Messieurs les menuisiers qui n’avez pas pu laisse un instant scie ou rabot pour prévenir les autorités du drame en cours, votre indifférence nous a fait perdre ce qui nous restait d’illusions sur la nature humaine.

Messieurs, mesdames les badauds (dont un artiste connu) qui nous avez dit l’avoir remarqué plus tôt dans la journée, mais ils n’avez rien fait. Ce n’est pas de votre compétence. C’est vrai ! La raison est-elle suffisante pour laisser perdre une vie parce qu’on préfère regarder ailleurs ?

Madame le maire, pensez-vous votre attitude digne de la fonction que vous occupez ? Qu’un enfant de la rue meure sur les immondices, est-ce pour vous une situation si normale et banale qu’elle ne mérite pas votre attention ?

Messieurs de la police, si vous avez été charmants et parfaitement civils, vous avez aussi été totalement incompétents. L’important dans votre rapport était-ce le numéro d’immatriculation de notre véhicule (vous l’avez soigneusement relevé), ou le délit de non assistance à personne en danger que vous auriez dû constater ?

Urgentistes de ce bijou, tel que nous a été présenté l’hôpital le plus moderne de la ville océane, avez-vous oublié le serment d’Hippocrate qui vous fait obligation d’apporter vos soins a toute personne ne danger ?
Les nouvelles de l’enfant sont encourageantes, était dénutri et surtout déshydraté. Il ne fait aucun doute que sans intervention il n’aurait pas survécu

Monsieur Roland BOUITY VIAUDO, est le président du Samu Social. Cette structure dément les fâcheux qui prétendent qu’aucun service placé sous la responsabilité du maire n’est opérationnel. Cette structure fonctionne et elle nous l’a prouvé ce mardi.

Signé Ya Sanza (texte et photos)

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